Georges Corm

  • Georges Corm, dont les travaux sur le Proche-Orient contemporain et les rapports entre Europe et Orient sont devenus des références incontournables, propose ici une vision synthétique et vivante de l'histoire du Moyen-Orient depuis la plus haute Antiquité. Il rappelle utilement la " géologie des cultures ", ces différentes couches anthropologiques sur lesquelles l'islam a bâti une des grandes civilisations de l'histoire de l'humanité. Le Moyen-Orient apparaît ainsi dans la diversité de ses patrimoines culturels, avec les ruptures et continuités entre les empires et les civilisations qui ont marqué son histoire. Pour dépeindre la complexité de cette région ouverte sur trois continents, l'auteur présente les " socles géographiques " de ces empires : le socle anatolien, le socle iranien et mésopotamien, le socle égyptien. Grâce à cette approche, il est enfin possible de sortir des amalgames entre des peuples de langues différentes, mais en interaction permanente : Iraniens, Turcs et Arabes, aujourd'hui confondus dans la " nébuleuse islamique ". Enfin, les dynamiques malheureuses des rapports entre l'Occident et le Moyen-Orient, ainsi que la décadence de cette région depuis deux siècles, sont explicitées de façon claire et objective, prenant en compte les facteurs sociaux et économiques si souvent négligés dans la littérature sur l'islam et le monde musulman.

  • Cet ouvrage expose les multiples facettes de la pensée politique arabe depuis le XIXe siècle, attestant la vitalité de cette pensée et des grandes controverses qui l'ont traversée. Il montre que ses acteurs, loin d'être figés dans le carcan théologico-politique décrit par certains récits canoniques sur les Arabes et l'islam, ont souvent exprimé une pensée critique forte, sur les plans religieux et philosophique, anthropologique et politique.
    Inscrivant l'oeuvre de ces penseurs dans le maelstrm des bouleversements géopolitiques et socioéconomiques ayant marqué le monde arabe depuis deux siècles, Georges Corm explique comment les puissances externes ont contribué à marginaliser la pensée critique arabe. Cela a facilité l'installation hégémonique de la pensée islamiste, instrumentalisée par certains régimes arabes comme par leurs protecteurs occidentaux. En retraçant finement les avatars successifs du nationalisme arabe moderniste, confronté à partir des années 1950 au double défi de la création de l'État d'Israël et de la manne pétrolière, Georges Corm donne les clés pour comprendre les révoltes libertaires arabes de 2011, ainsi que les contrerévolutions et interventions externes qui les ont suivies.
    Un guide précieux pour se familiariser avec la complexité de la pensée arabe.

  • Au rebours des clichés, ce livre tente de dénouer les fils enchevêtrés de l'histoire du Liban depuis son ouverture sur l'Europe au XVIIe siècle jusqu'au début du XXIe siècle.
    L'histoire du Liban contemporain, ce petit pays clé du Moyen-Orient objet des convoitises des puissances régionales et internationales depuis trois siècles, est mal connue. Elle a trop souvent été écrite en fonction de la géopolitique internationale, interdisant ainsi de cerner la réalité complexe de cette société, marquée par l'interpénétration de l'islam et du christianisme depuis treize siècles. D'où de nombreux clichés, exploités pour stimuler la fièvre destructrice qui, entre 1975 et 1990, s'est emparée du pays, pris dans les affres du conflit israélo-arabe et de la guerre froide. De " Suisse du Moyen-Orient ", le Liban est devenu alors une sorte de repoussoir, archétype des situations de fragmentation et de communautarisation d'une société. Au rebours de ces clichés, ce livre tente de dénouer les fils enchevêtrés de l'histoire du Liban depuis son ouverture sur l'Europe au XVIIe siècle jusqu'au début du XXIe siècle. Georges Corm s'attache à forger des clés de compréhension des événements et des comportements des acteurs de cette histoire, afin de dépasser les langues de bois qui ne mettent l'accent que sur les communautés et leur diversité ou leurs évolutions divergentes. Il invite à réfléchir sur les phénomènes communautaires, en analysant le jeu complexe des facteurs endogènes et exogènes dans l'évolution historique du pays, jusqu'à ses développements les plus récents, comme la création du Tribunal spécial sur le Liban, magistralement analysé ici.

  • Dans cet essai, Georges Corm entreprend une nouvelle plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l'Est de la Méditerranée et du monde arabe, carrefour stratégique et géopolitique hautement convoité par les grandes puissances coloniales depuis le XIX e siècle. Les leçons de la seconde moitié du XX e siècle imposent de formuler une nouvelle question d'Orient, susceptible de porter certaines continuités de la précédente politique d'intervention tout comme d'en assumer les ruptures.
    Dans cet essai, Georges Corm entreprend, à la suite de ses précédents ouvrages, une nouvelle plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l'Est de la Méditerranée et du monde arabe, carrefour stratégique et géopolitique convoité par les grandes puissances coloniales depuis le XIXe siècle. Une vaste littérature avait été produite à cette époque sur la " question d'Orient ", alors qu'il s'agissait en fait des rivalités implacables entre puissances européennes avides de se partager les vastes territoires de l'Empire ottoman. Cet ouvrage rétablit les continuités et les ruptures entre cette ancienne question d'Orient et la " nouvelle question d'Orient ", débutant après la Seconde Guerre mondiale et donnant naissance à son tour à des violences ininterrompues, aujourd'hui à leur paroxysme.
    Georges Corm dénonce aussi bien les tendances hégémoniques de l'Alliance atlantique que le " chaos mental " qui s'est souvent installé à ses yeux auprès des grands décideurs et dans les analyses des médias dominants pour légitimer à nouveau les interventions des puissances occidentales en Orient. Celles-ci ne sont qu'un rebondissement amplifié de l'ancienne question d'Orient, leur cadre intellectuel étant aujourd'hui actualisé par la théorie du " choc des civilisations ", héritage de l'ancien racisme de nature coloniale. Le développement exponentiel du terrorisme en provenance de cette partie du monde est le résultat de ce dérèglement de la raison. Il peut se comparer aux effets que produit le dérèglement climatique en termes de catastrophes naturelles, elles-mêmes dues à une déraison économique et consumériste que rien ne semble pouvoir arrêter.

  • Depuis vingt ans, sous couvert de " retour du religieux " et de manipulation de la mémoire et de l'histoire, les oppositions aux guerres injustes du Moyen-Orient sont paralysées, et la pensée objective du réel et de ses complexités étouffée. Une lecture profane des conflits s'impose face aux " fanatismes civilisationnels " et des clés décisives pour comprendre ces mécanismes. C'est à une réflexion de fond qu'invite ce livre, pour comprendre les logiques de guerre qui déchirent le Proche et le Moyen-Orient depuis la fin de la guerre froide. Des conflits le plus souvent justifiés par la thèse débilitante du " choc des civilisations " et de la lutte contre le terrorisme " transnational " islamiste. Cette thèse a imposé une vision binaire du monde qui n'en finit plus d'enfler, au point de fabriquer toujours plus de violence.
    Georges Corm donne ici les clés pour comprendre les mécanismes ayant permis depuis les années 1990 de paralyser les oppositions aux guerres injustes et d'étouffer la pensée objective du réel et de ses complexités : la puissance des représentations médiatiques (et académiques) portées par la manipulation de la mémoire et de l'histoire, l'instrumentalisation de prétendues valeurs politico-religieuses pour susciter des conflits, la relation perverse entre les intérêts géopolitiques de certains États et leur prétention à défendre dans l'ordre international des idéaux religieux, l'application sélective du droit international aux situations conflictuelles. D'où l'accent mis ici sur la nécessité d'une lecture profane des conflits face aux " fanatismes civilisationnels " et sur la problématique de la laïcité et de la liberté, dans sa version républicaine " à la française ".

  • Une analyse mordante des sources intellectuelles du pouvoir mondialisé et du néolibéralisme " mystique " qui a envahi les cours de millions d'étudiants en économie et gestion, futurs cadres militants de ce pouvoir et de leur capacité à bloquer les changements,
    Alors que la crise de 2007-2009 a révélé à tous les méfaits de la mondialisation et de la spéculation financière, rien ne change, malgré les dénonciations qui se multiplient de tous bords. Pour comprendre les racines de cette inertie mortifère des décideurs économiques et politiques mondiaux, l'auteur explore dans ce livre les mécanismes permettant la reproduction de cette " civilisation des affaires en déclin " (Robert Heilbroner). Il analyse notamment les sources intellectuelles de ce pouvoir mondialisé : le néolibéralisme se nourrit d'un idéalisme simpliste qui rappelle l'esprit doctrinaire du socialisme " scientifique ". Cette économie-fiction néolibérale, décalque inversé de l'économie-fiction marxiste, a envahi les cours de millions d'étudiants, futurs cadres du pouvoir mondialisé. S'appuyant notamment sur son expérience de consultant international, Georges Corm propose une critique mordante de la structure et du fonctionnement de ce pouvoir et de ses horizons culturels. Il plaide ici pour une " démondialisation " raisonnée des esprits et des systèmes économiques dans un monde ouvert, pour une économie solidaire et humaine par le rétablissement des cohérences spatiales, la fin des dogmatismes et la réhabilitation des valeurs d'éthique et d'équité dans l'enseignement de l'économie.

  • Dans cet essai percutant, l'économiste libanais George Corm analyse, sous un angle original, les causes de la crise économique mondiale et de l'incapacité des politiques, au Nord comme au Sud, à y répondre efficacement : méconnaissance du rôle des économies " souterraines " et de la corruption, illusions du libéralisme économique, erreurs répétées de la bureaucratie bancaire, permanence des visions idéologiques du développement...
    Dans cet essai percutant, l'économiste libanais George Corm analyse, sous un angle original, les causes de la crise économique mondiale et de l'incapacité des politiques, au Nord comme au Sud, à y répondre efficacement : méconnaissance du rôle des économies " souterraines " et de la corruption, illusions du libéralisme économique, erreurs répétées de la bureaucratie bancaire, permanence des visions idéologiques du développement... Au-delà d'une critique mordante des grands acteurs de l'économie mondiale, un vibrant plaidoyer pour une renaissance d'une véritable économie politique.

  • Le message de cet ouvrage est clair: la pratique des grandes puissances en Méditerranée a contribué à dévaloriser et à décrédibiliser les valeurs démocratiques. Les solutions préconisées ou mises en oeuvre par la communauté internationale dans les conflits ont exaspéré les opinions publiques. Pour apaiser les conflits, il faut oeuvrer avec urgence pour y rétablir la crédibilité des valeurs démocratiques qui seules peuvent assurer la paix et la prospérité. Sur le plan économique, il faut dépasser le cadre des ajustements structurels et des recettes du libre-échange, en tenant compte de la spécificité des économies méditerranéennes.

  • Une enquête passionnante à travers l'histoire de l'Europe et son rapport au reste du monde, au concept d'Occident. De Mozart à Hitler, que s'est-il passé ? Une lecture brillante et savante qui décloisonne les savoirs pour une vision plus sereine des conflits qui déchirent le monde actuel.
    Comment une simple notion géographique, celle d'Occident, est-elle devenue l'axiome organisateur de toute vision du monde ? C'est à cette enquête dans l'histoire de l'Europe qu'est consacré cet ouvrage. À rebours des grandes stylisations historiques qui y voient un continuum depuis la civilisation gréco-romaine, Georges Corm montre que les germes de la puissance européenne se trouvent dans l'intensité exceptionnelle de ses relations avec les autres civilisations, dès le haut Moyen Âge. Mais au XIXe siècle, une réaction romantique anti-Lumières part d'Allemagne, se propage en Russie et crée des tensions culturelles et politiques avivées par des systèmes philosophiques fermés. La religion reste au centre des débats enfiévrés de ce siècle et les malaises sociaux et culturels se traduisent par un antisémitisme délirant qui prépare le terrain à la destruction des communautés juives par le nazisme. Georges Corm rappelle aussi la face glorieuse de l'Europe, trop souvent oubliée : les sommets artistiques qu'elle a atteints ; sa curiosité pour toutes les affaires humaines ; la recherche d'une morale " cosmopolite " dont elle a toujours rêvé, sans jamais pouvoir la réaliser. À contre-courant des préjugés " occidentalistes ", cet ouvrage tente de répondre à une question centrale : de Mozart à Hitler, que s'est-il passé ? Une relecture de l'histoire qui permet une vision plus sereine des conflits géopolitiques du monde actuel.

  • Retour du religieux ? On assiste davantage à un "recours" au religieux au service d'intérêts économiques et politiques fort profanes. Une analyse décapante de Georges Corm.
    Depuis la fin du XXe siècle, la géopolitique mondiale, nous répète-t-on, serait traversée par le " retour du religieux ", devenu la principale clé de compréhension des bouleversements du monde postmoderne. C'est à ce credo que s'attaque Georges Corm dans ce livre stimulant. Il y analyse les ressorts philosophiques et politiques de cette représentation du monde, issue de la pensée antirévolutionnaire postmoderne, qui nourrit notamment l'action des néoconservateurs américains. L'irruption du religieux dans le champ politique ne s'explique pas par une résurrection des identités religieuses que les Lumières auraient gommées. Prolongeant les analyses de Hannah Arendt, il décrit la crise de légitimité des vieilles démocraties, minées par les effets de la globalisation économique et financière. Une crise qui affecte aussi les trois monothéismes, juif, chrétien et musulman, et contribue à produire les extrémismes religieux. Pour Georges Corm, enfin, l'archéologie des violences modernes n'est pas à rechercher dans la Révolution française et la " Terreur ", mais bien plutôt dans l'Inquisition et le long siècle des guerres de religion en Europe. C'est donc moins à un " retour du religieux " que l'on assiste qu'à un recours au religieux au service d'intérêts économiques et politiques fort profanes.

  • Voitures piégées, enlèvements, tortures et disparitions, bombardements aveugles de quartiers civils, déplacements forcés de population : la guerre qui a frappé le Liban depuis 1975 semble nous avoir habitués aux massacres et lassé nos bonnes volontés au point qu'on juge comme un moindre mal l'occupation du pays par la Syrie. Comme si la violence libanaise était le produit mystérieux d'une barbarie dont nul n'est responsable, ni les grandes puissances, ni Israël et les pays arabes, ni les chefs de guerre libanais ; à moins qu'on ne l'explique par la dichotomie simpliste qui opposerait « chrétiens » et « musulmans ». Prenant clairement le contre-pied de ces approches unilatérales et partisanes, cet ouvrage est le premier qui offre une information complète sur les données historiques et sociologiques de la question libanaise, dans leurs aspects locaux, régionaux et internationaux sur plus d'un siècle. L'auteur brosse ainsi le tableau des problèmes complexes posés par la fin de l'Empire ottoman et la lutte qui s'ensuivit pour le contrôle de cette région stratégique. Il met à jour les ressorts du jeu subtil mené aujourd'hui par les grandes puissances et les différentes forces régionales, en particulier celles de l'exclusivisme et du fondamentalisme religieux, d'Israël à la monarchie saoudienne et à la révolution iranienne. Georges Corm se livre également à une analyse très fine du comportement des communautés, des conflits qui les traversent et les opposent, dans ce qu'il appelle la « culture de la discorde ». Il permet enfin de comprendre pourquoi le Liban est toujours d'actualité.

  • Georges Corm, économiste, replace, dans leurs contextes géopolitique et socio-économique, les grandes crises que connaît le Moyen-Orient contemporain. Puis, il cherche dans la longue histoire de cette région les causes du malaise actuel, et remet en question la perception occidentale de l'histoire du Moyen-Orient.

  • Georges Corm, politiste et géopoliticien spécialiste du Moyen-Orient, a écrit ici une lumineuse parabole sur la tragédie de son pays d'origine et le destin d'exil de ses intellectuels. Il parvient dans ce récit à restituer et à resituer le drame du Liban dans sa véritable perspective universelle et quasiment intemporelle. Désormais, en nous réveillant le matin ou en allant chez le tailleur de notre quartier, nous ne pouvons plus l'ignorer : nous sommes tous des Libanais - pardon, des Cynéfiotes - potentiels, et la Patrie des Cèdres est la nôtre.

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