Gerard Grugeau

  • Le numéro d'hiver de la revue 24 images propose un dossier sur les mises en scène du pouvoir. À l'aune de la transition qui s'opère chez les États-uniens, le dossier amorce la réflexion quant aux fonctions et aux dérives de la représentation du pouvoir. Au moment où, un peu partout, on déboulonne les statues, plusieurs filmographies dont celles de Denys Arcand, Nanni Moretti, Alexandre Sokourov et Olivier Stone passent sous le regard des collaborateurs et collaboratrices. Ce regard ouvre sur les problématiques qui sont les nôtres, mais cherche aussi à retracer l'évolution de la figure du pouvoir, partant des images d'archive réinterprétées par le montage jusqu'aux horizons incertains des mèmes et autres outils numériques issus d'une culture Internet en effervescence. Retrouvez-y entre autres un long entretien avec Denys Arcand sur les hommes politiques dans ses films. L'index qui accompagne le dossier propose, lui, 80 films sortis entre 1933 et 2020. (source : 24 images)

  • L'accueil complètement délirant qu'a reçu au dernier Festival de Cannes le premier film de Julia Ducournau, Grave, a inspiré à la rédaction de 24 images un grand dossier consacré au cinéma de genre au féminin. Portraits, rencontres et textes de réflexion tracent la route ce ces réalisatrices qui ont choisi des genres longtemps méprisés, et encore parfois marginalisés, autant par la critique que par l'industrie. Des pionnières (Ida Lupino) aux « Hollywoodiennes » (Kathryn Bigelow) en passant par les sensations actuelles Marina de Van, Lucile Hadzihalilovic ou Andrea Arnold, ces créatrices certes très différentes partagent un même but : questionner et défier les catégorisations. La vitalité du cinéma de genre inspire d'ailleurs une bonne partie du contenu de ce numéro qui propose une entrevue avec le maître japonais Takashi Miike (Audition) et revient sur plusieurs films vus cet été lors du festival Fantasia. Pour couronner les tout, un hommage à la carrière inestimable du regretté Abbas Kiarostami.

  • En février dernier, 24 images consacrait sa couverture à Ben Wheatley. De Wheatley à Sylvain L'Espérance, le grand écart est immanquable. En effet, rien de plus éloigné que les démarches créatives d'un cinéaste de genre britannique et d'un documentariste québécois. En choisissant de mettre en valeur leurs parcours respectifs, 24 images réaffirme son désir de réfléchir sur toutes les formes du cinéma. Par un texte, un long entretien, un carnet de travail et l'édition de deux de ses films sur DVD (Les printemps incertains et Bamako temps suspendu), le présent numéro explore ainsi la démarche de Sylvain L'Espérance, en mettant l'accent sur la production de Combat au bout la nuit, son prochain long métrage. À la fois culmination d'une démarche documentaire entreprise à la fin des années 1980 et exploration d'un nouveau langage hétéroclite capable de rendre compte des multiples enjeux observés sur le terrain, ce film affirme haut et fort la nécessité de créer un nouveau type de documentaire affranchi de tout formatage et totalement à l'écoute du monde qu'il observe.

  • Le cinéma, faut-il le rappeler, a été musical avant d'être parlant. Il a intégré le rythme de la musique à son propre mouvement. Mais par-delà la trame sonore, manifestation la plus visible (ou plutôt audible) de cette relation, comment se tisse cette fréquentation harmonieuse ? Évidemment, il était impossible d'inventorier les multiples rapports qui unissent la musique à l'image au cinéma. C'est pourquoi nous avons plutôt choisi d'aborder sous des angles inusités ce lien par ailleurs essentiel. Ce numéro explore, entre autres, la musicalité des dialogues chez les frères Coen et celle du suspense chez Carpenter, la rébellion formelle de Sogo Ishii découlant de la culture punk, ainsi que le rapport sensoriel qui unit le cinéma de Claire Denis à l'univers musical du groupe Tindersticks.

  • Si 24 images a choisit de placer Antonioni en couverture, c'est que son cinéma agit comme un puissant révélateur : du réel, d'un monde en mutation, qui nous interroge radicalement et nous permet aujourd'hui de mieux mesurer encore l'espace non pas qui nous sépare, mais qui nous lie au monde qu'il a filmé. Revoir Antonioni, c'est aussi une façon de voir quelle réaction chimique provoque l'exposition des films dont il est question dans les quelques textes consacrés au cinéma québécois actuel à ce que nous a légué celui d'Antonioni, non pas dans le but de les comparer, mais plutôt de se rappeler comment de nouvelles forces peuvent être injectées dans le cinéma par l'élargissement du monde qu'il provoque. Aussi dans cette édition, une entrevue avec Olivier Godin, réalisateur de Nouvelles, nouvelles et un retour sur Fantasia 2015.

  • En ce début d'année, 24 images nous présente un bref retour sur le cinéma de 2014, évitant - comme à son habitude - les critères consensuels, d'où le caractère éclaté de leurs choix. La revue amorce également l'an nouveau en ravivant l'esprit libre et tellement vital du cinéma de Maurice Pialat, auquel la Cinémathèque québécoise consacre une rétrospective, en publiant le texte du cinéaste Philippe Lesage qui nous rappelle toute la force de ce cinéma. Le nouveau film de Rodrigue Jean, L'amour au temps de la guerre civile, fait couverture. Une analyse du film et un entretien avec le réalisateur sont au sommaire. Donigan Cumming, dont les films A Prayer for Nettie et Erratic Angel figurent sur le DVD accompagnant ce numéro, est interviewé par Philippe Gajan.

  • Certains films plus que d'autres ont le pouvoir d'habiter nos rêves et nos pensées bien au-delà de leur vision. L'espace de liberté que quelques-uns portent en eux nous aide à repenser constamment le cinéma, et à penser avec lui. Les films de Jean-Luc Godard sont de ceux-là, et le choc ressenti devant Adieu au langage a suscité un ensemble de textes conçus à la lumière de ce film et des horizons qu'il ouvre. Partant de ce film d'une richesse fabuleuse, ce numéro de 24 images a aussi tenté de voir comment d'autres cinéastes actuels affrontent la question du langage au cinéma, notamment grâce aux analyses de quelques films présentés cet automne : Atlas d'Antoine D'Agata, Journey to the West de Tsaï Ming-liang et Still the Water de Naomi Kawase, entre autres.

  • Délaissant l'univers des dystopies de son numéro apocalyptique de décembre dernier, 24 images s'intéresse maintenant aux utopies, cherchant ses traces dans une ère où elles semblent avoir à peu près disparues de nos sociétés. Le 7e art ayant toujours été un espace d'exploration propice à leur mise en scène, ce numéro fouille et trouve les micro-utopies présentes dans le cinéma d'hier et d'aujourd'hui. Un dossier fascinant réunissant les textes de Marie-Claude Loiselle, Robert Daudelin, Jacques Kermabon et Marc Mercier, ainsi qu'un entretien avec Thérèse Clerc, utopiste militante qui illumine le film Les invisibles de Sébastien Lifshitz. Un autre entretien, celui avec Simon Galiero, auteur de La mise à l'aveugle, ouvre la section du Bilan Québécois 2012 et Bruno Dequen analyse la portée des paroles d'un certain M. Guzzo sur le cinéma québécois et ses spectateurs.

  • Comme la lucarne qui interpelle notre oeil pour qu'il s'y accolle, ou telle une pleine lune que l'on fixerait avec fascination, l'illustration en couverture de ce numéro nous invite à découvrir les « 30 films à ne pas manquer cet automne ». Paru tout juste en amont du FNC, ce numéro spécial nous suggère de porter notre attention sur des oeuvres fortes, témoins de civilisations en déliquescence comme Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch), Histoire de ma mort (Albert Serra) ou encore Les rencontre d'après-minuit (Yann Gonzalez), Norte, la fin de l'histoire (Lav Diaz) et Le démantèlement (Sébastien Pilote). Cette parution compte aussi quelques pages consacrées au dernier Festival de Cannes ainsi qu'un DVD présentant Paysage sous les paupières, premier long métrage de Lucie Lambert.

  • Parue de manière bien à propos en cette fin décembre 2012 sous le titre de « Apocalypse now? », la plus récente édition de ­24 images­ s'intéresse aux productions cinématographiques qui tentent de saisir, à l'aube de toutes les apocalypses possibles, réelles et imaginées, les peurs qui hantent nos sociétés et quels modes de représentations celles-ci empruntent pour s'exprimer. Le DVD accompagnant la revue présente pour la première fois un film d'une production étrangère, soit ­Un lac­ de Philippe Grandrieux. Un entretien avec la productrice de ce dernier est publié pour l'occasion. Pour conclure, la revue dresse un bilan de 2012, retour qui n'échappe pas non plus aux spectres qui planent sur notre époque troublée.

  • Dans un dossier intitulé « Industrie en crise. Cinéma en mutation », 24 images aborde les multiples facettes de la polémique autour de la fameuse crise du cinéma au Québec. Les révolutions numérique et cyberculturelle ont été foudroyantes et forcent l'industrie à se questionner : faut-il repenser la salle de cinéma, abolir le strict raisonnement commercial ou encore tenter de réveiller un public en désertion? La revue s'engage ensuite dans la réflexion sur les nouvelles avenues qu'emprunte le cinéma pour demeurer un art vivant en nous offrant un entretien avec Dominic Gagnon, auteur de RIP in Pieces America (DVD accompagnant ce numéro), film constitué de vidéos trouvées sur le Web, puis en nous présentant une analyse de l'oeuvre d'Apichatpong Weerasethakul, cinéaste et artiste multidisciplinaire dont la dernière exposition, For Tomorrow for Tonight, figure en page couverture.

  • Premier numéro de son nouveau format, entre le livre et la revue, cette édition estivale de 24 images consacre un riche dossier au cinéma de 1968. C'est l'occasion pour les collaborateur.trice.s. de la revue d'envisager les événements de 68, dont le fameux mois de Mai, dans un spectre plus large que celui du cinéma français, dont la contribution n'en reste pas moins mémorable. C'est donc sur les réalisatrices cubaines, les collectifs japonais, les étudiants mexicains, les cinéastes québécois, les documentaristes américains et les cinématographies de l'Europe de l'Est que se braquent les projecteurs des auteur.trice.s. Le dossier est agrémenté d'une liste de 68 films, des années 1960 à aujourd'hui, qui semblaient refléter le mieux les bouleversements vécus par le cinéma durant les années 60 et après. Tous sont porteurs de l'esprit contestataire, révolté et subversif au coeur de Mai 68. Le numéro est complété par les chroniques : jeu vidéo et cinéma, recension d'écrit, série télé, et autres critiques de sorties récentes.

  • C'est en mode bilan, comme chaque fin d'année, que se présente le numéro de décembre-janvier de 24 images. La rédaction y présente son palmarès annuel, qu'elle a d'ailleurs fait passer de 10 à 15 titres jugeant que la qualité des productions était trop grande pour se limiter à dix. De plus, la rédaction avait envie de soutenir plus de 10 films et d'inclure une plus grande variété de propositions. Pour parer à d'éventuelles récriminations, elle précise que son palmarès est davantage celui des films vus par la rédaction qu'un réel palmarès annuel, mais qu'intitulé leur numéro « bilan septembre-octobre-novembre-début décembre 2017 » leur semblait beaucoup moins vendeur... « Des films modestes, mais grandioses. » voilà ce qui résume leur bilan. Le film occupant leur première place, The Florida Project, est d'ailleurs de cette trempe. Le numéro souligne aussi la vitalité d'un certain cinéma de genre, l'arrivée au long-métrage de jeunes talents québécois prometteurs et la grande forme de vétérans.

  • En ouverture de ce numéro estival, Benoît Dequen affirme qu'« il est plus important que jamais d'abattre les murs, de décloisonner la cinéphilie, mais aussi la nature des voix qui s'expriment sur et autour du cinéma. » C'est pourquoi 24 images ouvre ses pages d'été au théâtre. Se détournant de la compilation de films tirés de texte dramatique, ce numéro s'intéresse au passage de l'écran à la scène et aux démarches singulières d'hommes et de femmes de théâtre passionnés et inspirés par le 7e art. Le décloisonnement créatif est également mis de l'avant avec un hommage à Seijun, un survol personnel de Ralph Elawani sur le cinéma et la contre-culture à Montréal, un dernier salut à l'acteur Tomás Milián, aussi à l'aise dans la série B que chez Antonioni, et une tragédie théâtrale en 4 chants sur l'histoire de l'art vidéo.

  • Ce numéro de printemps fait état d'une embellie du cinéma québécois. Plusieurs réussites sont à célébrer : en film immersif, en documentaire (Combat au bout de la nuit de Sylvain L'Espérance, Gulîstan, terre de roses de Zayne Akyol), en ovni historique (Le Cyclotron d'Olivier Asselin), sans oublier la fresque-événement de Mathieu Denis et Simon Lavoie Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau. Également au menu, un portrait et entretien avec le cinéaste israélien Nadav Lapid et l'inauguration d'une nouvelle chronique pour 2017 : Montréal et cinéma, carte blanche pour célébrer le 375e anniversaire de la ville. Le numéro est accompagné d'un DVD rassemblant sept des courts-métrages québécois les plus marquants des deux dernières années, aussi réunis en table ronde. Peut-être la meilleure façon de faire connaissance avec les créateurs de la relève de notre septième art?

  • Selon la rédaction de 24 images, l'année cinéma 2016 est celle des figures de résistance. Première figure : celle d'Ines, la businesswoman sauvée par l'amour paternel dans le fabuleux film de Maren Ade Toni Erdmann, dont le chignon blond orne la couverture de la revue. Deuxième figure : celle du réalisateur Andrzej Wajda, âme créative de la Pologne, qui a tiré sa révérence en octobre dernier après soixante-dix ans de carrière. Troisièmes figures : ceux que Philippe Gajan nomme « les nouveaux alchimistes du cinéma québécois », de jeunes réalisateurs qui refusent ou réinventent les contraintes de la fiction narrative. Quatrième figure : la radicalisation politique extrême, vue par Bertrand Bonello ou Simon Lavoie et Mathieu Denis. Cinquième figure : celle du documentariste belge Pierre-Yves Vandeweerd. Sans parler de toutes les découvertes offertes par le septième art au sein des festivals de l'année... du cinéma toujours engagé, dans l'histoire, dans la société, dans l'émotion, dans la forme.

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