Gilles Havard

  • Oublions les westerns. Durant trois siècles, l'Amérique du Nord a été sillonnée, à l'échelle continentale, par des aventuriers de langue française. Coureurs de bois, trappeurs, interprètes, ces hommes, en quête de fourrures, se sont constamment mêlés aux Amérindiens.
    En partant sur la piste de dix voyageurs, natifs de la France ou du Canada, Gilles Havard fait surgir des scènes saisissantes : adoption d'un jeune Français par des Iroquois du XVIIe siècle, pirogues chargées de peaux de castor ou de bison descendant la rivière Missouri, fêtes du nouvel an empruntant aux cérémonies indiennes, retrouvailles lors des grandes haltes de caravanes... À travers ces destins hors du commun se dessine une autre histoire de la colonisation européenne, occultée par le récit américain de la conquête de l'Ouest : une histoire d'échanges, de métissages, mais aussi de violences, dont les têtes d'affiche sont des Français et des Amérindiens.
    Cet ouvrage explore une Amérique oubliée, fantôme - effacée des mémoires, absente des livres d'histoire. S'appuyant sur des récits de voyage, les archives des deux continents et les témoignages de descendants, enrichi de cartes et d'images inédites, il donne vie à un monde jusqu'ici invisible.

  • Sis sur les rives des Grands Lacs et du Mississippi, le Pays d'en Haut est né au XVIIe siècle de la circulation et de l'implantation, parmi plusieurs dizaines de milliers d'Amérindiens, de quelques centaines de coureurs de bois, militaires et missionnaires français. On ne peut pas comprendre l'histoire de la Nouvelle-France sans tenir compte de cette rencontre, source de multiples formes d'échange, de métissage et d'interdépendance. L'ouvrage, dont l'approche repose à la fois sur l'histoire, l'anthropologie et la géographie, examine simultanément l'influence de l'empire français au coeur du pays indien et l'adaptation des colons aux sociétés autochtones. Il renouvelle ainsi notre compréhension de la construction des empires coloniaux, envisagée ici sous l'angle des relations interculturelles. Cette seconde édition d'Empire et métissages (prix Jean-Charles-Falardeau 2004) propose une version légèrement remaniée et est agrémentée d'une préface inédite.

    Gilles Havard, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), est spécialiste de l'histoire des relations entre Européens et Amérindiens en Amérique du Nord (XVIe-XIXe siècle). Il est notamment l'auteur d'Histoire des coureurs de bois. Amérique du Nord, 1600-1840 (Indes savantes, 2016) et le coauteur d'Histoire de l'Amérique française (Flammarion, 4e édition, 2014).

  • Le Pays d'en Haut, sis au coeur de l'Amérique du Nord, sur les rivesdes Grands Lacs et du Mississippi, est né de l'imbrication de deux«sociétés»: quelques centaines de Français d'un côté (coureurs debois, missionnaires et militaires) et plusieurs dizaines de milliersd'Indiens de l'autre. Cette rencontre suscita de multiples formesd'échanges, d'acculturation, de métissage et d'interdépendance. Dansune approche reposant à la fois sur l'histoire, l'anthropologie et lagéographie, Gilles Havard étudie la genèse de ce territoire. Il met enscène les relations franco-autochtones entre 1660 et 1715, époque oùla Nouvelle-France, d'abord confinée dans la vallée du Saint-Laurent,commence à se dilater à l'échelle du continent. Attentif à la dimension« génésique » du contact, mais aussi aux mécanismes objectifs dela colonisation et de la conquête, l'auteur analyse simultanémentl'indianisation des Français et la manière dont le pays indien setransforme en marge d'empire. Loin des préjugés ethnocentriques del'historiographie traditionnelle comme des poncifs de la bienséancepolitique, cet ouvrage renouvelle notre compréhension de la constructiondes empires coloniaux et des relations interculturelles àl'époque moderne.

  • Au début du XVIIIe siècle, la Nouvelle-France s'étendait sur un tiers du continent nord-américain, des forêts glacées du Canada aux bayous de Louisiane, en passant par les prairies du Midwest. Un Empire dont la clef de voûte fut l'alliance avec les Indiens, qui permit aux Français de s'implanter et de se maintenir sur le territoire au nez et à la barbe des Anglais. Colons, Indiens, esclaves africains composaient une Amérique française au visage cosmopolite.
    Cette Amérique, que notre mémoire a occultée, n'a pas entièrement disparu. Les toponymes en témoignent - New Orleans, Baton Rouge, Montréal, etc. -, et de nombreuses villes nord-américaines ont eu pour fondateurs des Français. Des millions d'Américains, aux États-Unis comme au Canada, ont des noms d'origine française, et parmi les descendants des colons, certains parlent toujours la langue de Molière. Ce legs, on ne saurait le comprendre sans se glisser, au fil de la lecture, dans une pirogue ou dans un canoë à la recherche d'une histoire ignorée.

  • Éros et tabou analyse les pratiques érotiques et les relations de genre au sein de diverses populations autochtones d'Amérique du Nord. Ces sociétés sont-elles plus ouvertes au principe de plaisir et aux pulsions sexuelles que les sociétés occidentales? L'ouvrage se penche particulièrement sur la tension existant parmi les Amérindiens et les Inuit entre, d'un côté, une sexualité d'apparence permissive qui peut acquérir un caractère public et décomplexé et, de l'autre, des pratiques strictement codifiées, souvent associées à des interdits. Le sexe apparaît donc comme un élément révélateur du social. Plusieurs thématiques sont examinées dans cette perspective, dont la différenciation des sexes et le travestissement, la contrainte et le consentement dans les unions et les mariages, la place du sexe dans la langue et la pensée symbolique, les relations sexuelles entre femmes autochtones et hommes d'origine européenne depuis le XVIe siècle ou encore la part jouée par les missionnaires dans la confrontation des Européens avec les moeurs autochtones.
    L'ouvrage est publié en hommage à Denys Delâge. Avec la collaboration de Marie-Pierre Bousquet, Denys Delâge, Raymond J. DeMallie, Louis-Jacques Dorais, Claude Gélinas, Anny Morissette, Murielle Nagy, Douglas R. Parks, Bernard Saladin d'Anglure et Olivier Servais.
    Gilles Havard est historien, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du laboratoire Mondes Américains (Paris). Spécialiste de l'histoire des relations entre Amérindiens et Européens en Amérique du Nord, il a notamment publié Empire et métissages (Septentrion et PUPS, 2003) et coécrit Histoire de l'Amérique française (Champs histoire, 2008).
    Frédéric Laugrand est anthropologue, professeur au Département d'anthropologie de l'Université Laval et le directeur actuel de la revue Anthropologie et sociétés. Il a coécrit de nombreux articles et livres avec Jarich Oosten dont, dernièrement, Inuit Shamanism and Christianity. Transitions and Transformations (MQUP, 2010) et Hunters, Predators and Prey. Inuit Perceptions of Animals (Berghahn Books, 2014).

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