Gilles Siouffi

  • « Tout ce qui est dans le sentiment des sujets parlants est phénomène réel », écrivait Saussure dans les années 1880 en vue d'un possible cours de morphologie. Mais le terme sentiment ne fait pas partie de ceux, tels signe, système, synchronie ou diachronie, qu'on associe au canon des concepts saussuriens. Le projet de cet ouvrage est de montrer au contraire que le sentiment linguistique occupe une place essentielle dans la pensée du linguiste genevois, et qu'il est peut-être l'instance principale qui lui permet de définir ce qu'il appelle la « langue ». Les contributions de cet ouvrage mènent l'enquête autour de ce qu'on peut appeler le sentiment linguistique chez Saussure, en explorant les inspirations que Saussure a pu prendre chez ses prédécesseurs, étudient les diverses inflexions que le motif prend chez lui, notamment à partir des sources manuscrites, et explorent les enjeux de la notion aujourd'hui. Prenant place dans le champ de l'histoire des idées linguistiques, il est aussi susceptible d'ouvrir de nouvelles pistes de recherche sur l'appréhension des faits linguistiques par le sujet parlant.

  • De Bacon à von Humbolt, vingt-deux auteurs accompagnés d'un texte commenté sont présentés par ordre chronologique. Avec pour chacune d'eux un rappel biographique et une synthèse de leur pensée et leurs apports concernant ce domaine d'étude qu'est le langage.

  • Fluctuat nec mergitur... Au lendemain des attentats de Paris, en novembre 2015, la devise de la capitale a fait le tour du monde, reprenant soudain une nouvelle vie. Qui eût imaginé il y a peu encore qu'une locution latine pourrait fédérer si fortement ? Car on les croyait bien morts - le grec ancien et le latin -, oubliant quelle intimité nous avions avec ces langues... Sans la moindre nostalgie, De la nécessité du grec et du latin rappelle de façon légère et vive cette belle complicité, soulignant combien ces deux langues contribuent depuis toujours à nourrir la vitalité du français, modelant jusqu'à notre façon de penser.

    Pourquoi dit-on que le grec et le latin sont des langues « mortes » ? Où est le plaisir à les apprendre ? Est-ce qu'ils sont vraiment importants pour l'orthographe et le sens des mots ? Est-ce que les oublier, c'est oublier nos origines ? Ont-ils un avenir ?

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