Guillaume Asselin

  • La précarité de sa condition expose l'être humain sur tous les fronts. Son besoin de protection tend, au fil de l'évolution et du processus de civilisation, à s'exacerber jusqu'à prendre la forme, pathologique, de la névrose de défense. Un mystérieux syndrome d'enfermement semble condamner l'humain à se prendre au piège des structures (domestiques, politiques, techniques, symboliques...) qu'il sécrète comme des sortes de bunkers pour se mettre à couvert. Aux murs que l'individu édifie dans l'espace physique répondent, dans le registre psychique, les grilles théoriques, les fantasmes, les manies et les idéologies sous le masque desquels il se fuit.
    Se privatisant dans le for intérieur ou se dilatant à l'extérieur jusqu'à couvrir la planète entière, le bunker, au sens élargi où on le conçoit ici, se décline d'innombrables manières. Il parle du passé aussi bien que du présent, de la guerre d'hier et de la hantise d'aujourd'hui. Il témoigne, plus que tout, de la difficulté de se mettre à nu et d'aller à la rencontre de l'inconnu - d'être, tout simplement, sans s'évertuer à interposer entre soi et le réel dont on a si peur une infinité d'écrans qui en travestissent la nature.
    La lecture de cet essai se présente comme un voyage initiatique au sein du monde opprimant des murs et des clôtures, afin de pénétrer un peu mieux les raisons de cette frayeur portant les individus aussi bien que les États à se replier dans leur quant-à-soi, comme si l'on ne pouvait même plus envisager de sortir de l'angoisse devenue endémique.

  • Du surréalisme aux récits de l'extrême contemporain, on constate qu'une relation d'une rare complexité s'est nouée entre la littérature et l'épineuse question de la vérité, du faux et de leur figuration.
    Il en a résulté un glissement progressif du réel vers son travestissement nourri d'un scepticisme face aux systèmes d'explication reposant sur l'idée de l'unicité du Vrai et de la Raison. Ce tournant relativiste est à l'origine d'un ensemble de phénomènes mobilisés par la littérature, qui peuvent se résumer par l'idée d'une méfiance du texte à l'égard de lui-même, substituant au réalisme du roman classique de nouvelles formes littéraires qui ébranlent le contrat de la représentation du monde. Ce qui conduit à un effondrement de la mimesis et à un éclatement des instances narratives en une polyphonie qui trouble les frontières du sujet, dont l'une des particularités consiste en la multiplication d'" hommes de paille " et de " récits de paille " afin de se prémunir contre toute éventualité fâcheuse entraînée par l'entreprise de raconter.
    Il nous paraît urgent aujourd'hui de réfléchir sur la transformation de ces pratiques narratives qui s'offrent comme des " mensonges délivrés de celui d'être vrai ", comme disait Adorno.

  • Pour son plus récent numéro, la revue Cinémas propose un dossier sur l'éclatement du cinéma, ses formes et la théorie. Le cinéma se disperse sur différents supports, mais il se transforme aussi en autre chose, encore indéterminée. Un travail sur les définitions s'impose. Pour saisir théoriquement certains bouleversements récents en s'appuyant sur des concepts forts qui peuvent nous éclairer, chaque auteur de ce dossier propose une notion clé pour observer tant ce qui demeure du cinéma que ce qui change. Penser l'éclatement, ce n'est pas penser une « essence » (une ontologie), même élastique, du cinéma, mais bien s'intéresser aux lignes de fracture elles-mêmes, aux distinctions et aux articulations conceptuelles qu'elles manifestent. Il s'agit de discerner certains phénomènes contemporains tout en affinant les concepts qui permettent de parler de cinéma, quitte à réexaminer certaines définitions acquises ou « organiques », au sens où elles étaient liées à un état précédent du cinéma. (source : Cinémas)

  • Trois événements littéraires sont au coeur de cette édition des Écrits. Le numéro s'ouvre avec quatre textes lus lors la journée d'étude sur « la transmission », qui s'est tenue lors des célébrations des soixante ans de la revue en novembre dernier. On lira d'abord le texte de l'invité d'honneur, Alexandre Prstojevic, puis les contributions de Jean-Pierre Vidal, Guillaume Asselin et Vincent Filteau. On trouvera aussi, au coeur du numéro, les discours de réception de deux nouveaux membres de l'Académie des lettres du Québec, Monique Deland et Rober Racine, accompagnés des textes de présentation des auteurs ayant proposé leur candidature, soit Pierre Ouellet et Marie-Claire Blais. Un dernier groupe rassemble les textes de cinq écrivains qui ont participé au colloque de l'Académie sur « la traduction poétique », organisé par André Vanasse et produit par Nicole Brossard. Un dernier groupe de textes rassemble les contributions de cinq écrivains qui ont participé au colloque de l'Académie sur « la traduction poétique », organisé par André Vanasse et produit par Nicole Brossard.

  • C'est sans préméditation que les textes du présent numéro s'articulent autour d'un pôle d'attraction qui leur confère une certaine unité malgré leur grande diversité. Ainsi, le voyage initiatique, la transmutation et le déplacement identitaire sont présents dans les récits de Louis Hamelin et de Roland Bourneuf, sensibles dans les réflexions poétiques de Dominguo Cisneros, Guillaume Asselin, Roger Des Roches ou Cédric Demangeot ainsi que dans les proses de Marie Cosnay, Emmanuel Kattan et Jean-Claude Brochu, pour ne nommer que ceux-ci. La revue propose aussi un hommage à Robert Lepage en publiant son discours d'acceptation de la Médaille de l'Académie des lettres du Québec reçue l'automne dernier, texte précédé d'une synthèse de son oeuvre par André Ricard, directeur adjoint de la revue.

  • Il y a 50 ans paraissait le premier numéro de la revue Parti pris. Bien que de courte durée (1963-1968), le phénomène partipriste a profondément marqué l'histoire intellectuelle du Québec, en accélérant notamment son entrée dans la modernité. Spirale a voulu témoigner de cet héritage en réunissant dans un dossier spécial des entretiens avec les membres fondateurs de la revue (André Brochu, Paul Chamberland, Pierre Maheu, André Major, Jean-Marc Piotte) et des comptes-rendus d'ouvrages consacrés au phénomène, dont l'anthologie de Jacques Pelletier parue tout récemment chez Lux Éditeur. Ailleurs dans ce numéro, le portfolio de Vida Simon, Guillaume Asselin analyse Le cerveau en feu de M. Descartes de Michëal Lachance et Gilbert David revient sur quatre oeuvres jouées lors du dernier FTA.

  • « Ce numéro de la revue Les écrits regroupe les signatures de vingt-cinq écrivains, poètes ou prosateurs, du Québec et de l'étranger, d'André Major à Guillaume Asselin, de Pierre Senges à Gérard Cartier, de Roger Des Roches à Larry Tremblay. Un dossier « Vies sauvages », dirigé par Pierre Ouellet, réunit une douzaine de contributions autour du thème de la sauvagerie, où l'on trouve autant de bien que d'âpreté, de beauté que de férocité, et où règnent les formes de vie les plus attirantes et les plus terrifiantes à la fois. Comme une fenêtre ouverte sur la poésie slovène contemporaine, un second dossier intitulé « Suite slovène » présente les textes, réunis par Marie-André Lamontagne, de quatre poètes slovènes et leurs traductions - en français, en anglais et même en langue innue -, réalisées par des poètes québécois et canadiens qui ont séjourné là-bas. Enfin, dans les chroniques Exlibris, Krisis et Ekphrasis, Émile Martel revient sur son parcours de lecteur, Monique Deland présente le dernier recueil de Louise Dupré et Rober Racine rend hommage à l'artiste Mercedes Font, à qui le portfolio du numéro est consacré.

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