Guillaume Perrier

  • Au pouvoir depuis 2003, tour à tour premier ministre, puis président de la République, Recep Tayyip Erdogan incarne les réussites et les dérives de son pays. Charismatique et despotique, il écrase la scène politique et monopolise le débat public, il défend un modèle turc à son image et ambitionne de devenir le leader du monde musulman.
    Guillaume Perrier, journaliste et auteur, ancien correspondant en Turquie (Le Monde, Europe1,
    Le Point) a couvert l'actualité turque pendant une dizaine d'années.

  • Pour ce récit de bande dessinée documentaire, Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuélos ont suivi le voyage de Christian Varoujan Artin, depuis Marseille jusqu'en Turquie, sur les traces de sa famille. Varoujan, 54 ans, vit à Marseille où 10 % des citadins de la cité phocéenne ont des racines en Arménie. Militant, il s'occupe d'animer le centre Aram pour la reconnaissance du génocide et assure la préservation de la mémoire et de la culture de la diaspora arménienne, comme son père et son grand-père avant lui. Il décide de monter une exposition de portraits d'Arméniens en Turquie, pays des bourreaux de ses ancêtres. Avant 2014, Varojan n'avait jamais envisagé d'aller en Turquie, au risque de "piétiner les ossements de ses ancêtres". Le voyage jusqu'à cet "Auschwitz à ciel ouvert" représentait donc un enjeu très fort pour lui et pour sa femme, Brigitte Balian, qui l'accompagnait. Mais ce n'était pas seulement un pèlerinage. Varoujan et Brigitte ont également rencontré les descendants des Arméniens qui ont réchappé aux massacres et sont restés en Turquie en 1915. Car aujourd'hui ces Arméniens kurdes, turcs, alévis, musulmans, sortent de l'ombre, racontent leurs histoires et aspirent à retrouver une identité perdue. Le fantôme arménien révèle aussi l'embarras actuel des Turcs d'aujourd'hui, enfants des tortionnaires qui ont reçu en héritage une conscience atrophiée et qui ne "trouveront la paix et ne pourront construire une démocratie que s'ils font face à leur histoire." Il aura fallu attendre le 23 avril 2014 pour que le Premier ministre turc Recep Tayyoip Erdogan présente les condoléances du pays aux "petits-fils des Arméniens tués en 1915" lors des massacres qui ont coûté la vie à près d'un million d'Arméniens, sous l'empire ottoman. Un geste hautement symbolique pour Ankara, qui ne reconnait pas le génocide. Rejoignez la page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/lefantomearmenien

  • Ce travail de terrain "sur les traces du génocide arménien" a été mené pour la première fois. Cependant l'objectif des auteurs n'est pas de parler de la Turquie du siècle dernier, mais bien de la Turquie d'aujourd'hui et de son rapport à la question arménienne.

  • The paradigm of Graph Rewriting is used very little in the field of Natural Language Processing. But graphs are a natural way of representing the deep syntax and the semantics of natural languages. Deep syntax is an abstraction of syntactic dependencies towards semantics in the form of graphs and there is a compact way of representing the semantics in an underspecified logical framework also with graphs. Then, Graph Rewriting reconciles efficiency with linguistic readability for producing representations at some linguistic level by transformation of a neighbor level: from raw text to surface syntax, from surface syntax to deep syntax, from deep syntax to underspecified logical semantics and conversely.

  • L'analyse et la critique littéraire se prêtent particulièrement bien au motif de l'architecture. Les métaphores entre la littérature et l'architecture ne manquent pas : tel un architecte, un auteur est créateur de son oeuvre, il en conçoit les fondations, voit évoluer la structure de son travail, et finit par habiter, explicitement ou plus subtilement, le projet qu'il a formé ou qu'il voit se dérouler sous la plume. Que son ouvrage soit fictionnel ou autobiographique, l'auteur s'y investit en travaillant ou retravaillant des souvenirs, des fantasmes, des observations, des topoï ou des mythes connus de tous. Les couches successives qui mènent à la version définitive d'un texte peuvent être vues comme autant de « brouillons de soi » (P. Lejeune) - un architecte n'est-il pas un constructeur espérant concrétiser une vision toute personnelle du monde et de l'espace ? Sans chercher à déceler dans chaque texte littéraire des indices autobiographiques, on doit remarquer que la construction d'une oeuvre relève souvent du domaine de la projection : projection de ses propres obsessions dans l'imaginaire puis dans le matériau écrit, mais aussi projection comprise comme domaine de tensions entre les souvenirs, le moment de l'écriture et la vision de l'oeuvre achevée. La place que tiennent l'imaginaire, le mythe et les motifs de construction et destruction dans ces formes architecturales reflètent le rôle du processus d'invention et de vision dans tout projet artistique, qu'il soit littéraire ou plastique. Ce regroupement d'articles, qui comprend des études allant de la période médiévale à la littérature contemporaine, permet ainsi d'envisager la question de l'architecture en littérature suivant plusieurs perspectives : celle de la narratologie, celle du rôle de l'imaginaire dans la construction littéraire, celle du mythe, celle de la réécriture, et celle des échos entre représentations (visuelles, d'objets) et création. Par des études qui cernent la place cruciale que jouent les structures souterraines, le rapport au temps, à l'espace et aux représentations visuelles, les liens complexes entre le concret et l'imaginaire, dans le matériau littéraire, ce volume pose des questions centrales à la définition même de la littérature.

  • Comment expliquer que les romans nous habitent, que nous leur soyons si intimement attachés, alors même, nous en avons tous fait l'expérience, que nous oublions jusqu'aux noms des personnages qui nous ont été les plus chers, incapables de reconstituer les grandes lignes d'une intrigue dont il ne reste plus que des ruines ? Nous avons lu Dominique trois fois, et il ne nous en reste qu'une qualité d'atmosphère, si impalpable qu'il est presque impossible de partager une expérience réduite à une forme d'inconsistance. C'est peut-être à ce titre surtout que le roman est un genre subversif. Non parce qu'il est immoral, parce qu'il raconte des histoires d'adultère, ou parce qu'il ose faire de bagnards en fuite des héros, mais dans l'exacte mesure où il modifie le régime mémoriel de la littérature, lorsqu'il devient, au tournant du xxe siècle, le genre « cardinal », transmettant à la littérature quelque chose de l'incertitude et de l'infidélité de ses souvenirs à lui, toujours vagues ou parcellaires, excessivement sélectifs ou déformés. C'est au genre romanesque qu'il est revenu, pendant près de deux siècles, d'entraîner nos lectures, de les capitaliser en culture, autrement dit de fonder nos consciences. Or, le roman, à la différence de la poésie et du théâtre, est un genre oublieux, où les trous de mémoire sont légion, et, plus encore, où ils sont de règle. C'est un scandale que nous ne percevons plus très bien sans doute, tellement la situation nous est familière, mais dont quelques voix isolées, parmi lesquelles celles de Judith Schlanger et d'Isabelle Daunais, ont invité à faire un objet d'exploration. Des voix d'écrivains essentiellement, tant il est vrai que la mémoire « faible et variable » ou la mémoire « vague » du roman est une question qui glisse entre les doigts, dont les outils d'analyse de la critique universitaire ne se saisissent que maladroitement.

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