Guy Michelat

  • Les rapports entre sexualité et religions constituent un débat majeur qui traverse notre société en proie aux questionnements de la modernité. Histoire, ethnologie, sociologie, psychanalyse concourent au dialogue interdisciplinaire sur ces questions. Ce recueil de réflexions est à la fois géographiquement plus centré (sur la France) et thématiquement plus large abordant la diversité des régulations sexuelles dans les religions du livre : judaïsme, catholicisme, protestantisme et islam.

  • On a beaucoup crit que si, dans le pass, la religion avait constitu un principe essentiel de diffrenciation politique, il n'en allait plus de mme aujourd'hui. On s'est galement demand si la classe sociale continuait d'avoir une incidence sur le comportement politique. En fait, les comportements politiques et les systmes d'opinions et d'attitudes qui leur sont associs restent fortement dpendants du niveau d'intgration religieuse et de l'appartenance objective et subjective une classe sociale. L'analyse, mene partir d'entretiens non directifs et d'enqutes par questionnaires rvle, l'origine des comportements politiques, les croyances et les convictions, les implications affectives, la reprsentation du champ social, les systmes de normes et de valeurs caractristiques notamment du catholicisme et de la classe ouvrire. L'emprise de ces structures symboliques est largement tributaire de l'histoire des individus et de leurs groupes d'appartenance.
    L'analyse de donnes collectes en 1966 et sa confrontations avec des rsultats plus rcents montrent la fois le profond enracinement culturel des systmes d'attitudes ainsi constitues et leur volution, insparable des mutations globales de la socit franaise.

  • Le nationalisme est, dans la France des années 1960, une idéologie particulièrement intéressante à étudier. Les méthodes traditionnelles ne permettent qu'imparfaitement de définir les options individuelles qu'il recouvre et d'analyser le courant de pensée qu'il constitue : elles ne peuvent pas, en particulier, faire découvrir la manière dont il a été ressenti ni les attitudes auxquelles il correspond. Guy Michelat et Jean-Pierre H. Thomas, attachés de recherches au Centre national de la recherche scientifique, ont, à l'occasion d'une table ronde sur les nationalismes contemporains, réunie par l'Association française de science politique les 25 et 26 mai 1962, entrepris une enquête pilote qui utilise les techniques de la psychologie sociale : ce volume en présente le rapport. L'analyse hiérarchique des réponses à un questionnaire rempli par des étudiants français a permis d'obtenir un certain nombre d'échelles d'attitude correspondant à des variables du nationalisme, et à des variables politiques ou psychologiques en relation avec les attitudes nationalistes. L'analyse factorielle des corrélations entre les scores d'échelle met en évidence un facteur principal interprété comme un facteur droite-gauche. La liaison observée entre ce facteur, la conscience qu'ont les sujets d'appartenir à la droite, au centre ou à la gauche, et leurs attitudes, conduit à formuler deux hypothèses : 1) le nationalisme n'est qu'une composante d'une attitude politique plus vaste ; 2) il existe un continuum d'attitude entre deux pôles diamétralement opposés : la droite et la gauche. L'analyse des classes latentes de Lazarsfeld devait aboutir à un résultat comparable. Mais il restait à situer le nationalisme le long de ce continuum : un essai de typologie montre que, sous des formes spécifiques et à des degrés différents, attitudes et comportements nationaliste se manifestent à gauche comme à droite.

  • En général les enquêtes par panel portent sur la formation des comportements et des opinions en courte période. L'étude, dont cet ouvrage présente les résultats, s'efforce de saisir les mouvements des attitudes et comportements politiques sur une période relativement longue : plus d'un an sépare la première vague d'interviews de la seconde. L'analyste se trouve ainsi en mesure d'appréhender révolution politique des Français, la dynamique des attitudes et les facteurs de stabilité et de changement du vote. La commune de Boulogne-Billancourt, affectée de changements rapides sur le plan démographique et social, fournit un terrain privilégié d'étude. Les élections législatives de 1967, par rapport aux comportements observés lors de l'élection présidentielle, permettent de préciser les conséquences de la mutation institutionnelle que constitue l'élection du président de la République au suffrage universel.

  • Pour les auteurs de cet ouvrage, il n'est pas question de mettre le christianisme en accusation. Il ne s'agit pas non plus de faire seulement le constat d'un détachement à l'égard de l'institution de l'Eglise, voire de la pratique religieuse. Mais il s'agit d'analyser la réalité d'une destructuration de tout un système culturel reposant sur l'héritage chrétien. Cet ouvrage se veut une réflexion globale sur les principales interrogations de l'homme sur son origine, son identité et sa destinée.

  • Les auteurs ont construit, dans les annes 1960, le modle d'une culture politique ouvrire dans laquelle appartenance au groupe ouvrier, sentiment d'appartenir la classe ouvrire, rejet du libralisme conomique et rpublicanisme dbouchaient sur un vote de gauche, notamment communiste.
    Les mutations et ruptures, idologiques et lectorales, intervenues dans les annes 1980-1990 ont conduit ce livre fond sur des entretiens non directifs et dix-huit enqutes par sondage ralises entre 1962 et 2002.
    Cette approche empirique permet aux auteurs de mettre en vidence l'volution des attitudes politiques ouvrires sur quarante ans, d'en valuer l'ampleur, d'en dater prcisment les tapes majeures et de proposer une synthse sans quivalent.

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