FeniXX réédition numérique (Albin Michel)

  • Aux yeux de beaucoup, la chanson québécoise tient en quelques grands noms : Charlebois, Leclerc, Vigneault. Ou, plus récemment apparus : Diane Dufresne, Beau Dommage. Mais au-delà d'informations vagues et éphémères, au-delà de l'écoute d'un instant, que savons-nous du vaste mouvement qui les porte et leur donne, malgré leurs différences, un « style » reconnaissable entre tous, et bien distinct de ce que nous pouvons par ailleurs entendre en France ? Que savons-nous de la culture et du pays dont ils viennent, ce pays qui commence tout juste à s'éveiller, et semble porteur d'autant de promesses que d'incertitudes ? C'est à ces questions que ce livre aimerait répondre. Pour défaire les images pittoresques ou stéréotypées par lesquelles se reconduit en nos mentalités un impérialisme culturel latent vis-à-vis du Québec et des Québécois. Pour analyser les divers méandres selon lesquels une mentalité encore principalement paysanne voici une vingtaine d'années a su s'ouvrir à la modernité sans rien perdre de son identité. Pour comprendre en quoi la chanson peut être plus qu'un sous-produit des arts dits "majeurs" et se faire porteuse des aspirations cruciales d'un peuple en train de se lever, sans tomber pour autant dans l'ornière de proclamations strictement politiques. G.M.

  • Un consensus aux allures de complots se trame dans l'obscurité, un consensus de mémoires courtes et de nivellements, de génocides mentaux et de réductions aux plus médiocres moyennes. La démocratie n'est pas en danger, non. C'est au contraire elle qui triomphe. Et c'est elle qu'il nous faut mettre à la question si nous ne voulons pas sombrer sous les coups soigneusement feutrés d'une dictature insidieuse, perfide, presque imperceptible à force d'habileté : la dictature de l'opinion publique. Ajoutez à cela une dimension spécifiquement française : les mythes travestissant la révolution de 89 et la volonté symptomatique d'oublier qu'il y eut en ce pays un antisémitisme bien particulier, le pétainisme présenté comme un regrettable accident, et le gaullisme comme un bandeau judicieux pour se fermer les yeux sur le fait que notre histoire est parcourue de soumissions et de cautèles. Ajoutez les rêves américains de 68 et le goût du terroir, la France profonde et une nostalgie béate pour le sacré dans une part croissante de l'intelligentsia : vous comprendrez que cette mise à la question relève d'une urgence. C'est à cette urgence que ce livre est consacré. A cette urgence et à l'impérative nécessité de redonner vie à un doute enfin généralisé, sans préservations ni bonnes manières...

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