Henri Coupon

  • Ecrivain et scénariste, Henri Coupon a été avocat et plus encore un avocat engagé.Durant la guerre d'Algérie, il fit partie du fameux " collectif " des avocats du FLN appelés à défendre, en métropole comme en Algérie, ceux que la IVè République puis la Vè traitaient de rebelles et trainaient devant les tribunaux le plus souvent militaires. Il nous révèle ici ce que fut alors la répression et la justice de la France, un aspect peu connu et dérangeant de la tragédie algérienne.

  • Je ne savais et ne sais toujours pas grand-chose de ma famille. Déjà unis pour le meilleur et, hélas, pour le pire, mes parents étaient arrivés de Pologne après l'autre guerre et j'étais venu au monde dans l'arrière boutique. Nous étions dans la fourrure. Ma petite soeur Leah, qui ne m'est plus qu'un souvenir lointain, était née plus tard alors que la boutique était devenue un magasin prospère de la rue Saint Ferréol. La législation antisémite du bon Maréchal de France nous l'avait confisqué, l'arrivée des nazis en zone non occupée nous faisant quitter Marseille pour Malsol. L'idée de m'y faire enterrer me vint en quittant l'hôpital. Il ne me fut pas désagréable de penser y acquérir un bout de terrain. Quelque chose de modeste, six mètres carrés dans le cimetière. A la mairie je fus très bien reçu et le nom de Kourski, aussi exotique qu'il soit, ne rappela rien. Un demi-siècle s'était écoulé, il n'y avait rien d'étonnant à cela. Qui pouvait encore se soucier d'une famille étrangère au pays ? C'est ce qui me vint spontanément à l'esprit mais confusément cela ne me satisfit pas. L'arrestation d'une famille entière dont une enfant de sept ans aurait dû laisser une trace dans la mémoire collective du village.

  • Un garçon de 19 ans va mourir, tué par l'appareil de la justice, incarné par un président de Cour d'assises, ses deux assesseurs et douze jurés. André Léoni est perdu : les présomptions l'accablent. Le président Leguen croit à sa culpabilité. Ce procès est le dernier de sa carrière : il méritera, une fois encore, sa réputation de sévérité. Brusquement, les rouages de la machine judiciaire se grippent : une femme est intervenue, Théresa Léoni, la mère de l'accusé. Pour elle, André n'a pas tué ; son fils ne peut être un criminel. Pour le défendre, tous les coups sont permis : la prise d'otage, le chantage... Telle une louve, Théresa se bat, la carrière du président Leguen va s'achever en cauchemar. Entre cet homme vieillissant, et cette femme sauvagement belle, s'engage un duel féroce, se tissent aussi des rapports ambigus. Deux vies sont en jeu. Celle d'André, l'accusé ; celle de Nicole Leguen, l'otage. Au président de jouer, selon les règles d'un jeu qu'il connaît à fond. Aux assises, un président fait la pluie et le beau temps. Avec ce film - et dans le récit qui en a été tiré - André Cayatte pose le problème de cette fameuse « intime conviction », dont on a beaucoup parlé à propos d'affaires récentes. Un suspense judiciaire qui passionnera lecteurs et spectateurs.

  • Un garçon de 19 ans va mourir, tué par l'appareil de la justice, incarné par un président de Cour d'assises, ses deux assesseurs et douze jurés. André Léoni est perdu : les présomptions l'accablent. Le président Leguen croit à sa culpabilité. Ce procès est le dernier de sa carrière : il méritera, une fois encore, sa réputation de sévérité. Brusquement, les rouages de la machine judiciaire se grippent : une femme est intervenue, Théresa Léoni, la mère de l'accusé. Pour elle, André n'a pas tué ; son fils ne peut être un criminel. Pour le défendre, tous les coups sont permis : la prise d'otage, le chantage... Telle une louve, Théresa se bat, la carrière du président Leguen va s'achever en cauchemar. Entre cet homme vieillissant, et cette femme sauvagement belle, s'engage un duel féroce, se tissent aussi des rapports ambigus. Deux vies sont en jeu. Celle d'André, l'accusé ; celle de Nicole Leguen, l'otage. Au président de jouer, selon les règles d'un jeu qu'il connaît à fond. Aux assises, un président fait la pluie et le beau temps. Avec ce film - et dans le récit qui en a été tiré - André Cayatte pose le problème de cette fameuse « intime conviction », dont on a beaucoup parlé à propos d'affaires récentes. Un suspense judiciaire qui passionnera lecteurs et spectateurs.

  • Je ne savais et ne sais toujours pas grand-chose de ma famille. Déjà unis pour le meilleur et, hélas, pour le pire, mes parents étaient arrivés de Pologne après l'autre guerre et j'étais venu au monde dans l'arrière boutique. Nous étions dans la fourrure. Ma petite soeur Leah, qui ne m'est plus qu'un souvenir lointain, était née plus tard alors que la boutique était devenue un magasin prospère de la rue Saint Ferréol. La législation antisémite du bon Maréchal de France nous l'avait confisqué, l'arrivée des nazis en zone non occupée nous faisant quitter Marseille pour Malsol.


    L'idée de m'y faire enterrer me vint en quittant l'hôpital. Il ne me fut pas désagréable de penser y acquérir un bout de terrain. Quelque chose de modeste, six mètres carrés dans le cimetière. A la mairie je fus très bien reçu et le nom de Kourski, aussi exotique qu'il soit, ne rappela rien. Un demi-siècle s'était écoulé, il n'y avait rien d'étonnant à cela. Qui pouvait encore se soucier d'une famille étrangère au pays ?

    C'est ce qui me vint spontanément à l'esprit mais confusément cela ne me satisfit pas. L'arrestation d'une famille entière dont une enfant de sept ans aurait dû laisser une trace dans la mémoire collective du village.

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