Isabe

  • C'est en rencontrant des personnes âgées atteintes de démence sénile à des stades avancés que l'auteur a utilisé le rire comme un médiateur au sein d'un groupe thérapeutique. C'est cette nouvelle possibilité thérapeutique que Natalia Tauzia restitue, posant les jalons d'un outils à la portée de tous ceux qui sont en contact avec ces vieillards trop souvent considérés comme mort avant de l'être. On peut alors, le temps d'un rire, aider le vieillard à retrouver l'essence même de la vie, pour se placer à une juste distance de la mort, ni trop loin dans le déni, ni trop près dans l'angoisse paralysante.

  • En appelant à la linguistique, à la rhétorique, à la philologie et à l'histoire, L'Epithète et la connivence étudie une forme particulière de littérature doctrinale, produite sous François Ier par des auteurs dont les convictions spirituelles s'opposaient à la position défendue par la Faculté de Théologie. Son enjeu littéraire et idéologique consiste à rendre compte à la fois de la singularité des oeuvres dites «évangéliques» et de la cohérence des voix qui ont composé ces textes. Ce faisant, la notion d'«évangélisme», jusqu'alors étroitement dépendante des historiens qui la pensent, se trouve définie par les repères que livre l'écriture littéraire. A partir du postulat que la langue d'un groupe comporte des témoignages précis de convictions partagées, l'étude d'un corpus d'une vingtaine d'oeuvres en vers ou en prose produites, entre la traduction du Nouveau Testament par Lefèvre d'Etaples (1523) et l'affaire des Placards (1534) par Marguerite de Navarre, Marot, Lefèvre, Farel, Aimé Meigret comme par des traducteurs anonymes de Luther, caractérise l'«écriture évangélique», à partir du rôle spécifique dévolu à l'épithète. La récurrence de qualificatifs significatifs (seul, vray, vive [foy]), comme leur ajout ou leur omission délibérés dans les traductions de textes luthériens, prouvent que l'épithète, au-delà de sa portée pédagogique, fonctionne comme un élément de la stratégie discursive de contournement de la censure. Dans la connivence que l'épithète contribue à instaurer, Texte et Histoire se rejoignent.

  • Au sommaire du numéro d'automne de la revue Lurelu figure une entrevue avec l'artiste Émilie Leduc, qui a illustré à La courte échelle, la Pastèque et chez Québec Amérique. Quatre autres illustratrices, dont ValMo et Caroline Hamel, et quatre auteures, dont Évelyne Gauthier et Andrée-Anne Gratton, se sont prêtées au questionnaire ludique « Créateurs d'ici ». Comme à chaque numéro de la rentrée, l'équipe de Lurelu livre ses coups de coeur annuels. Au nombre des articles de la rentrée, deux sont tout à fait dans l'air du temps : « Réinventer l'accès aux livres : suivi des initiatives en temps de Covid-19 » et « Se réinventer, le nouveau refrain; présentiel, le nouvel adjectif ». Amélie Bibeau, de l'AÉQJ, s'est demandé « Peut-on parler de tout en littérature jeunesse? ». Céline Rufiange aborde le rôle des grands-parents dans les albums pour enfants. La chronique « À l'honneur », informe sur les prix littéraires qui ont été remis cet été, et ceux qui ne seront pas remis à cause de la crise sanitaire.

  • Cet ouvrage contient un relevé complet de toutes les citations et allusions à Plutarque dans les Essais de Montaigne. Ce répertoire a été établi avec une extrême minutie, comporte de nombreux rapprochements inédits, et offre un caractère quasi exhaustif. Tous les spécialistes de Montaigne imaginent aisément combien le besoin d'un tel répertoire se fait sentir. Ce répertoire est précédé d'une ample introduction.

  • La notion de variation, si elle a été très étudiée par la sociolinguistique, est longtemps restée éloignée des préoccupations de la linguistique générale, et ce en premier lieu pour des raisons théoriques : dans le cadre d'une linguistique saussurienne classique ou d'une grammaire générative par exemple, la variation, rattachée à la parole ou à la performance, était par définition exclue du champ de la réflexion. Poursuivant la réflexion engagée dans le volume Variation, Ajustement, Interprétation, consacré à l'étude de phénomènes représentatifs (d'ordre sémantique, constructionnel, discursif et énonciatif) le présent volume étend la perspective aux notions de texte et d'usage, de norme et d'oralité comme déclencheurs du phénomène : la variation retrouve ainsi toute son importance en tant que phénomène inhérent au langage et à son fonctionnement, et dont l'explication ne se limite pas à des causes sociologiques. Ainsi, la contribution collective de ce volume inscrit la variation dans une dynamique, dans une plasticité langagière : générée par le langage, la variation le génère en retour. Dans les deux sens de ce mouvement, il est traité des paramètres déclencheurs et des formes invariantes qui ont été engendrées.

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