Isabelle Ferreras

  • Gouverner le capitalisme ?

    Isabelle Ferreras

    • Presses universitaires de france
    • 12 Septembre 2012

    Le travail salarié ne connaît pas la démocratie. Une fois franchi le seuil de l'entreprise, le citoyen devient un « facteur travail » soumis aux décisions des seuls apporteurs en capital. Pourtant, l'histoire occidentale nous a appris les bases institutionnelles du processus de démocratisation : le système bicaméral. Innovation majeure, il a rendu le gouvernement légitime, raisonnable et intelligent sous la responsabilité conjointe des deux Chambres. Gouverner le capitalisme commencerait donc par mettre en place un « bicamérisme économique » : une Chambre des représentants des apporteurs en capital, une Chambre des représentants des investisseurs en travail, un gouvernement responsable devant les deux Chambres.
    À l'heure où le capitalisme mondialisé inflige de lourdes pertes de souveraineté aux États et où les salariés font la dure expérience de la contradiction capitalisme / démocratie, il est temps de penser les conditions d'une souveraineté légitime dans l'entreprise capitaliste.

  • Pourquoi travaille-t-on ? Pour le salaire mais pas seulement. À partir d'une enquête ethnographique réalisée auprès des caissières de supermarchés en Belgique, Isabelle Ferreras montre que le travail inscrit les travailleurs dans un espace public, et combien il est animé par une aspiration à la justice. Contrairement à ce que l'on ne cesse de répéter sur la fin du travail et la dépolitisation des travailleurs, elle démontre que le travail, à l'heure de la flexibilité, est source de sens et d'engagement. Il est une expérience de nature proprement politique.
    L'expérience du travail a changé : Dans une société où 70% des emplois se trouvent dans les services, le rapport permanent à la clientèle génère chez les employés des attentes accrues d'égalité et de respect, en opposition radicale avec le régime d'interaction qui prévaut dans l'entreprise, pétri d'inégalité et d'arbitraire.
    Au fond, par quel enchantement les individus laisseraient-ils leur qualité de citoyen à la porte de cet espace public qu'est l'entreprise ? Pourquoi le travail salarié constituerait-il une limite au projet démocratique ? Ce livre aborde de front ces questions-clés qui hantent les démocraties capitalistes. Il remet la question du traval au-devant de la scène politique.

  • Que nous apprend cette crise ? En premier lieu que les humains au travail ne peuvent être réduits à des « ressources ». Les caissier.es, les livreurs, les infirmier.es, les pharmacien.nes, les docteurs, toutes celles et tous ceux qui nous ont permis de continuer à vivre dans la période de confinement en ont été la démonstration vivante.

    Cette pandémie nous montre en second lieu que le travail lui-même ne peut être réduit à une marchandise. Les soins de santé, la prise en charge et l'accompagnement des plus vulnérables sont autant d'activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d'accroître toujours plus les inégalités, jusqu'à sacrifier les plus faibles et les plus démunis.
    Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Démocratiser l'entreprise - c'est-à-dire permettre aux employés de participer aux décisions. Et démarchandiser le travail - c'est-à-dire à la fois protéger certains secteurs des seules lois d'un marché non régulé, mais aussi garantir à chacun l'accès à un travail qui lui permette d'assurer sa dignité.

    Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d'un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d'assurer la dignité de chacun, mais aussi d'agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver.

  • Renewing Democratic Deliberation in Europe

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    • P.i.e-peter lang s.a., éditions scientifiques internationales
    • 2 Juillet 2012

    Democracy is not merely a political and legal system; it depends on social and economic commitments as well. Democracy is not only realized through elections; it requires civic participation through permanent dialogue. This volume addresses this central, yet often overlooked, issue in a series of essays by renowned scholars from Europe and the United States, reviving a concept that dates back to the foundation of the European Union: social dialogue as a fundamental part of the construction of the union. Having neglected the social dimensions of its institutions, the European Union is currently in deep crisis. European democracy is confronted with a radical new situation and new definitions of work and family, as well as of growth and economic achievement, must be embedded in European public policy. The contributors to this book identify social and civil dialogue as key institutional processes that will help overcome the current crisis. Civic participation can no longer be limited to representative institutions as we know them; a new combination of deliberation, bargaining and social experimentation is required. This book maps out the complexity of this vital issue and its implications for the future of the European democratic project.

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