CNRS Editions

  • Les excentrés : poètes modernistes américains Nouv.

    La poésie américaine dite " moderniste ", malgré l'influence qu'elle exerça sur de nombreux écrivains français, malgré la place acquise par ses auteurs dans le canon mondial, demeure relativement peu connue en France. Qu'est-ce que le " modernisme ", et comment se manifeste-t-il en littérature ? Comment la poésie qui s'y voit associée se pense-t-elle et s'y réinvente ? Existe-t-il une spécificité américaine au sein d'un modernisme qui comptait parmi ses traits saillants le dédain des frontières et la circulation réticulaire des œuvres et des idées ?

    C'est un parcours de lecture, jalonné de nombreuses citations, que nous propose cet ouvrage, en prenant comme point focal la première génération de poètes modernistes américains, nés à la fin du xixe siècle et actifs, aussi bien aux États-Unis qu'en Europe, jusque dans les années suivant la Deuxième Guerre mondiale.

    Tout en s'efforçant de clarifier la généalogie et le devenir des différents mouvements (imagisme, vorticisme, objectivisme), il s'attache aux pas de figures singulières parfois bien identifiées, parfois plus discrètes : Ezra Pound, Gertrude Stein et T. S. Eliot bien sûr, mais aussi William Carlos Williams, H. D., Wallace Stevens ou Marianne Moore.

    Une bibliographie en fin de volume permettra au lecteur curieux de repérer les éditions des textes originaux et leurs traductions françaises et de s'orienter dans la critique.

  • Comment comprendre la notion de catastrophe naturelle dans la pensée médiévale_? Étonnement, puissance, terreur, fonction purificatrice, choc des consciences... Avec tous les fantasmes qu'ils drainent dans leur sillage et la stupeur qu'ils produisent sur les esprits, ces "accidents de la nature" ouvrent une fenêtre fascinante sur l'histoire des représentations au Moyen Âge. Comment comprendre la notion de catastrophe naturelle dans la pensée médiévale_? Étonnement, puissance, terreur, fonction purificatrice, choc des consciences... Avec tous les fantasmes qu'ils drainent dans leur sillage et la stupeur qu'ils produisent sur les esprits, ces "accidents de la nature" ouvrent une fenêtre fascinante sur l'histoire des représentations au Moyen Âge. Revisitant les textes des chroniqueurs qui tentèrent d'en rendre compte, Thomas Labbé montre que le récit du phénomène extrême favorise toujours la déformation de la réalité vécue. La catastrophe apparaît comme une manière de donner un sens à l'extraordinaire, comme en attestent les récits de l'effondrement du mont Granier en 1248, de l'inondation de l'Arno en 1333 ou encore du tremblement de terre à Naples en 1456. Le processus d'"événementialisation" qui en découle s'opère plus à travers l'imaginaire et la sensibilité de la société que par ses capacités rationnelles d'objectivisation. Une grande étude à la croisée de l'histoire sociale et de l'histoire des émotions en Occident. Thomas Labbé est docteur en histoire et chercheur à l'université de Bourgogne. Préface de Jacques Berlioz

  • Du delta du Mékong aux chutes d'Iguaçu, de la côte néo-zélandaise à la mystérieuse Persépolis, ils avancent, sac au dos, ticket à la main et téléphone portable en guise d'appareil photo : ils sont les nouveaux explorateurs de l'espace mondial, occidentaux depuis longtemps, maintenant chinois ou russes, demain nigérians, un jour peut-être nord-coréens...

    Du delta du Mékong aux chutes d'Iguaçu, de la côte néo-zélandaise à la mystérieuse Persépolis, ils avancent, sac au dos, ticket à la main et téléphone portable en guise d'appareil photo : ils sont les nouveaux explorateurs de l'espace mondial, occidentaux depuis longtemps, maintenant chinois ou russes, demain nigérians, un jour peut-être nord-coréens...

    Ils sont les touristes internationaux : 800 millions chaque année à parcourir le monde après l'avoir rêvé. Confrontés à la monotonie des artefacts que l'industrie touristique répète à l'infini sur des circuits toujours plus balisés, beaucoup d'entre eux rêvent d'espaces à l'écart, d'" authenticité ", de rencontres avec des sociétés " préservées ". Mais comment échapper à la canalisation des flux et au marketing des agences de voyage qui adaptent sans cesse leur stratégie à cette soif de dépaysement ?

    C'est cette tension, à la fois humaine, culturelle et spatiale, qu'interrogent Thomas Daum et Eudes Girard. Écolodges, écotourisme, cabanes " tout confort ", gîte à la ferme, tourisme " citoyen " ou " humanitaire ", mise en scène de soi à travers les blogs de voyage... Autant de nouvelles pratiques révélant l'" illusion du local ", la soif inextinguible de décentrement qui tenaille l'imaginaire et les fantasmes du touriste mondialisé.

  • En ces temps marqués par la grande désillusion des citoyens face au politique, alors même que l'action collective est plus que jamais nécessaire, n'est-il pas urgent de réactualiser la notion de courage ? Mais comment penser ce courage loin de l'image d'une posture héroïque, apanage exclusif des puissants et des natures exceptionnelles, représentation à laquelle nous l'avons trop souvent cantonné ?

    En ces temps marqués par la grande désillusion des citoyens face au politique, alors même que l'action collective est plus que jamais nécessaire, n'est-il pas urgent de réactualiser la notion de courage ? Mais comment penser ce courage loin de l'image d'une posture héroïque, apanage exclusif des puissants et des natures exceptionnelles, représentation à laquelle nous l'avons trop souvent cantonné ?

    Ce courage des citoyens, cette vertu des gouvernés, Thomas Skorucak la met en scène dans des procès emblématiques où s'affrontent l'autorité et la vérité. Procès de Socrate et Galilée où le vrai s'est progressivement imposé comme source unique de l'autorité. Procès des criminels nazis où est patente la difficulté à s'affirmer face au pouvoir de sujétion de la vérité et à la démultiplication des régimes d'obéissance.

    Comment dès lors élaborer une forme de courage qui serait une élaboration quotidienne et patiente de soi par soi, résistante à l'emprise du pouvoir sur notre conduite ? La question n'a rien de rhétorique. Michel Foucault et Hannah Arendt ouvrent la voie, revenant tous deux à l'Antiquité et à la figure tutélaire de Socrate. Ils permettent de penser un courage sans référence à aucune transcendance, comme fidélité à soi-même, ou comme stylistique de l'existence.

    Une tentative de désassujettissement, dont l'actualité n'est pas à démontrer.

  • Et si notre faculté à prendre des décisions relevait plus du hasard que d'un processus rationnel ? On a longtemps admis que, chez l'homme, la prise de décision résultait d'un processus cognitif et psychologique : l'esprit décide, le corps obéit. Or, le schéma est inverse : le mécanisme décisionnel est produit par la matière cérébrale. C'est un phénomène aléatoire qui résulte de processus de compétitions au sein d'un réseau dont l'architecture a peu évolué depuis les premiers vertébrés. L'extraordinaire développement du cortex, qui a rendu possible le développement de grandes capacités d'abstraction, n'a pas modifié la structure initiale du réseau de la décision : le processus conserve sa nature aléatoire, ce qui limite la capacité de l'homo sapiens à raisonner de façon rationnelle. Il en résulte que lorsqu'un individu pèse le pour et le contre, il ne fait ni plus ni moins que de s'en remettre au hasard de dés virtuels. Apprendre consiste dès lors à piper ces dés en sa faveur... Mais ce qui, selon des critères purement économiques, n'est qu'une rationalité limitée, est peut-être le prix à payer pour conserver la grande capacité d'adaptation, principale spécificité de l'espèce humaine. Un livre pour mieux comprendre comment fonctionne notre cerveau et comment s'opèrent nos choix.

  • Fondé par le colonel de La Rocque en 1936 après la dissolution des Croix de feu, le PSF (Parti social français) a connu un succès foudroyant, avant que le déclenchement de la guerre en 1939

  • Il a gouverné la France pendant huit ans, mais son ombre, ou son rayonnement, s'étend sur trois siècles. Il a été considéré, tour à tour et simultanément, comme l'incarnation des vices les plus noirs et des vertus les plus sublimes ; comme le comble de la frivolité et celui de la profondeur politique ; comme le symbole de la décomposition de la monarchie et celui de la modernité. Il est passé par les mains de la princesse Palatine, sa mère, de Saint-Simon, son ami, de Montesquieu, de Crébillon, de Prévost, de Dumas, de Michelet, de Féval, de Bertrand Tavernier, d'Eve de Castro et de bien d'autres, plus obscurs et plus cruels. Qui en sortirait indemne ? Ce livre tente de reconstituer la logique des métamorphoses du Régent, de 1715 à nos jours, en observant les infinis arrangements - des plus folles inventions à la terne répétition des stéréotypes - qu'a suscités la rencontre de ce personnage avec des contextes idéologiques et des genres littéraires variés. Denis Reynaud est professeur de littérature à l'université Lumière-Lyon 2. Chantal Thomas est écrivain et directrice de recherche au CNRS. Comme la plupart des auteurs de ce livre, ils sont membres du Centre d'étude du XVIIIe siècle (UMR LIRE, CNRS-Lyon 2).

  • Douter de l'existence du marketing politique, c'est s'assurer d'être pris pour un naïf. Le recours aux outils et au langage du marketing par le monde politique paraît évident, tout comme la manipulation des citoyens par le marketing. En cette année d'élections présidentielles, cet ouvrage propose un examen critique et international du marketing politique. Des chercheurs de disciplines différentes soulignent que les rapports entre marketing et politique sont plus complexes, plus subtils qu'on ne le pense généralement. Comprendre sans préjugés, mais non sans esprit critique.

  • Si l'on tentait de définir en une seule et unique ligne de fuite l'essence de la politique menée par les États-Unis vis-à-vis de l'Inde et du Pakistan depuis 1947, l'idée d'une lente maturation, d'une lente prise en compte des négligences passées et des évidences jusque-là obérées, serait probablement la plus convaincante. En effet, la politique américaine en Asie du Sud est profondément marquée du sceau de l'histoire, une histoire tumultueuse, souvent caractérisée par la méfiance et les désillusions mutuelles. Les relations entre Islamabad et Washington ont, à cet égard, été décrites comme un véritable « conte fait d'attentes exagérées, de promesses brisées et de désastreuses incompréhensions ». Les relations indo-américaines ont quant à elles longtemps été évoquées comme un « demi-siècle perdu » marqué par de nombreuses crises bilatérales, même si certaines réévaluations récentes ont voulu y voir pour cette raison même un « demi-siècle essentiel » permettant aux deux pays de « forger graduellement une compréhension plus profonde des motivations et aspirations de l'autre ».

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