Collège de France

  • Comment expliquer le paradoxe fondamental de la matière vivante, qui allie stabilité et robustesse des formes à une dynamique interne constante ? Ce n'est pas seulement l'information génétique contenue dans les cellules, mais aussi les processus biochimiques et moléculaires observables in vivo qui sont à l'oeuvre dans la morphogenèse. S'y ajoute la contribution essentielle des forces mécaniques qui, de la molécule au tissu, modèlent l'organisme. La dynamique du vivant émerge ainsi du contrôle biologique et des contraintes physiques à toutes les échelles. Son étude réunit aujourd'hui une communauté interdisciplinaire en pleine expansion qui observe, analyse et modélise le vivant.

  • Leçon inaugurale prononcée le 5 février 2009. Chaire Milieux Bibliques. Les progrès des méthodes littéraires et de l´archéologie ont conduit à mettre en question la construction traditionnelle de la chronologie et de l´historiographie bibliques. Les maximalistes partent de l´idée qu´il faut simplement faire confiance au récit biblique. Scientifiquement, cette position n´est pas tenable. Pour les minimalistes, tout commence seulement à l´époque achéménide, vers 400 avant notre ère, voire même encore plus tard à l´époque hellénistique. Ils font valoir que la Bible est une pure construction idéologique et que les premiers manuscrits datent précisément de cette époque. Mais le matériel et les traditions qui sont à l´origine de la Bible hébraïque sont antérieurs à l´époque perse.

  • How can we explain the fundamental paradox of living matter, which combines stability and robustness of form with constant internal dynamics? It is not only the genetic information contained in every cell, but also numerous stochastic biomolecular processes that are at work in morphogenesis. In addition, the shaping of an organism is driven by mechanical forces that operate within and between cells, across tissues and organs. The dynamics of morphogenesis is a self-organized process that emerges from biological control and physical constraints at all scales. Its study is currently bringing together a fast-growing interdisciplinary community that observes, analyses and models living organisms.

  • Le désert Oriental d'Égypte occupe une vaste étendue de montagnes et de plaines sablonneuses entre le Nil et la mer Rouge. Ses richesses naturelles - or, gemmes et pierres de grande qualité (granite du Mons Claudianus, de Tiberianè ou de l'Ophiades, porphyre du Porphyritès, basanites [Grauwacke], etc.) - ont, malgré les difficultés dues aux dures conditions climatiques, été exploitées dès l'époque prédynastique. Les pharaons, les Ptolémées, puis les empereurs romains y ont fréquemment envoyé des expéditions pour extraire ces minerais et ces pierres. Le désert était aussi la voie de passage obligé pour tous les trafics avec les contrées bordant la mer Rouge et l'Océan Indien. Expéditions et entreprises commerciales commencées dès l'Ancien Empire, connurent une grande expansion à partir de l'époque ptolémaïque. Le commerce porta d'abord sur les épices, les résines odorantes et les gemmes, puis à l'époque romaine, sur une large palette de produits exotiques incluant aussi des perles, des pierres précieuses, des étoffes, etc. Les sites archéologiques de cette région pratiquement inaccessibles pour des raisons logistiques étaient restés, jusqu'à très récemment, dans un état de conservation exceptionnel. Entre la fin des années 1970 et 2012, des équipes américaines, anglaises, italiennes et françaises ont ainsi pu prospecter ou fouiller des centaines de sites dont l'exploration a fait considérablement avancer nos connaissances sur l'exploitation de l'or sous les Ptolémées et les empereurs byzantins, sur les carrières de granite et de porphyre ouvertes par les empereurs romains et sur le commerce avec l'Arabie et l'Inde à travers les ports de Myos Hormos et de Bérénice...

  • The Eastern Desert of Egypt extends over a vast area of mountains and sandy plains between the Nile and the Red Sea. Its natural riches -gold, gems and high quality stones (such as granite from Mons Claudianus, Tiberianè or Ophiatès, porphyry from Porphyritès, basanites [greywacke] from the Wâdi al-Hammâmât, etc.)- have, despite the difficulties due to harsh climatic conditions, been exploited since the Predynastic period. The Pharaohs, the Ptolemies and the Roman emperors often sent expeditions to extract these minerals and stones. The desert was also a passageway for all sorts of traffic coming from countries bordering the Red Sea and the Indian Ocean. Expeditions and commercial activities, which started from time of the Old Kingdom, greatly expanded during the Ptolemaic and Roman periods. Trade focused on spices initially, fragrant resins and gems, then in the Roman period, on a wide range of exotic products including pearls, precious stones, fabrics, etc. The archaeological sites of this region were practically inaccessible for logistical reasons until recently and they were, until now, exceptionally well preserved. Between the late 1970's and 2012, American, English, Italian and French teams were able to explore or search hundreds of sites, significantly improving our understanding of gold mining under the Ptolemies and the Byzantine emperors, granite and porphyry quarries opened by the Roman emperors, and trade with Arabia and India through the ports of Myos Hormos and Berenike...

  • Developments in literary methodologies and archaeology have led scholars to question the traditional conception of biblical chronology and historiography. The starting point for Maximalist studies is the idea that the biblical story should simply be taken as true. However this position is indefensible from a scientific standpoint. Minimalists consider that everything began either during the Achaemenid period, around 400 years before our own era, or even later during the Hellenistic period. They claim that the Bible is a purely ideological construct and that the first known manuscripts date precisely from this era. However the material cultures and traditions underpinning the Hebrew Bible are often older than the Persian era.

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