Jean-Charles Picard

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un Carthaginois ressuscité de nos jours dans sa patrie trouverait dans une ville de la Tunisie moderne les mêmes ruelles étroites et tortueuses, avec des maisons simples blanchies à la chaux, couvertes de terrasses ou de coupoles, comme il était habitué à les contempler. C'est dire assez la profondeur de l'empreinte dont la vieille Carthage a marqué les hommes d'Afrique. Elle n'eut pourtant pas le rayonnement magnifique et barbare que lui imagina Flaubert. Carthage était avant tout une cité de marchands prosaïques. Elle ne dut sa puissance qu'à l'habileté de ses négociants, à d'adroits politiciens ou économistes qui savaient travailler pour la prospérité immédiate du pays. Les artisans mêmes ne mettent leur habileté qu'au service d'esthétiques empruntées au hasard de relations commerciales sur les rives du Nil, de l'Euphrate ou de l'Égée. On a beaucoup parlé des moeurs licencieuses des Carthaginois, des lupanars sacrés, ou des abominables autodafés qui voyaient l'immolation de centaines de nouveau-nés. En réalité, les Carthaginois n'étaient ni meilleurs ni plus mauvais que les Grecs ou les Romains. Les Carthaginois aimaient le confort. Leurs maisons étaient dotées de salles de bain. Les citadins aimaient la pâtisserie et le bon vin. C'est ce que nous révèlent parmi mille détails et anecdotes G. et Charles-Picard dans cet ouvrage, le premier qui mette à la portée du grand public l'histoire quotidienne de Carthage.

  • Un buste d'Hannibal trouvé à Volubilis et des monnaies à son effigie, détruisent la légende qui fit du chef carthaginois de la seconde guerre Punique, la brute décrite par les Romains, ses ennemis. Hannibal, le vainqueur de la Trébie, du lac Trasimène et de Cannes, qui partit d'Espagne avec ses légions et ses éléphants pour envahir l'Italie, était - en 218 avant Jésus-Christ quand il quitta Carthagène - un homme de vingt-six ans, grand, fort, au visage d'une grâce un peu molle, dont les yeux lançaient une flamme menaçante sous un front têtu. Le « cyclope » dont parle Juvénal, c'est bien lui, mais plus tard, lorsqu'une ophtalmie contractée en Étrurie lui fit perdre un oeil. L'Hannibal de M.G. Charles-Picard n'est pas seulement le portrait haut en relief de ce Barcide aventureux, mais aussi - avec une grande somme de connaissances - le tableau de l'atmosphère complexe des deux grandes guerres Puniques, où Carthage et Rome se disputèrent l'hégémonie méditerranéenne. La seconde guerre, qui dura de 219 à 201 avant Jésus-Christ, fut une guerre d'usure, qui s'acheva lorsque Scipion porta le combat en Afrique. Hannibal, à la tête de troupes rassemblées en hâte, fut vaincu à Zama, dans l'été de 202, et s'enfuit. Il se réfugia en Bithynie, auprès du roi à qui il offrit ses services mais, trahi par lui et sur le point d'être livré aux Romains, il s'empoisonna en 183 avant Jésus-Christ. Le fils d'Amilcar avait alors soixante-trois ans. Au terme de ce livre, synthèse de tout ce qui a été écrit et découvert sur Hannibal, on ne peut que poser la question : et si Tite-Live et Polybe avaient menti ?

  • OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

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