Jean-Francois Caron

  • Qui aurait cru qu'un virus apparu dans un marché chinois de Wuhan allait mener à une pandémie mondiale qui a coûté la vie à des centaines de milliers d'individus en l'espace de quelques mois et forcé presque tous les pays à imposer des quarantaines, à confiner des villes entières et à fermer leurs frontières?? Et pourtant, ce sont les images qui nous resteront en tête lorsque nous repenserons à l'année 2020. En raison des dimensions et des effets de cette crise, il est clair que nos sociétés en ont des leçons à tirer et il est tout aussi évident qu'elle entraînera de profondes transformations dans l'ordre international. Quelles sont ces leçons et à quelles sortes de changements devons-nous nous attendre?? Ce livre cherche précisément à répondre à ces questions.
    Ces essais portent un regard critique sur l'évolution des démocraties libérales, montrent le potentiel que cette crise sanitaire globale nous offre pour reprendre le contrôle de la mondialisation telle que nous la connaissons depuis 50 ans, en plus d'expliquer en quoi cette pandémie pourrait accélérer la fin de l'ordre libéral international.
    En tant que premier livre portant sur les enjeux géopolitiques et économiques de la pandémie, ces essais critiques et sans complaisance seront d'un intérêt pour tout lecteur intéressé à comprendre les enjeux politiques de cette crise et à s'interroger sur la manière dont les sociétés ont cherché à combattre ce virus mortel.

  • Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des « super soldats ». Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la « guerre juste » ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions.

    Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.

  • Les fondements du fédéralisme canadien font habituellement référence à John A. Macdonald et à George-Etienne Cartier. Le nom de George Brown est pour sa part inconnu. Cet oubli est injuste dans la mesure où ce fut grâce à George Brown que le processus qui a finalement mené à la Confédération a pu être enclenché officiellement le 19 mai 1864. Grâce à son initiative, une grande « coalition nationale » qui venait de voir le jour constitua le point de départ de changements politiques considérables qui accouchèrent d'une solution fédérale trois ans plus tard.
    Le rôle joué par George Brown au moment de la fondation du Canada va toutefois bien au-delà de son initiative qui a permis à des ennemis politiques de s'unir. En fait, les idées qui façonnèrent l'ordre politique canadien sont grandement tributaires de ce dernier, à savoir l'établissement d'un ordre politique fondé sur la volonté de préserver l'autonomie politique des anglophones et des francophones du pays. Sans son initiative, le Canada aurait pu prendre une forme bien différente de celle que l'on connaît aujourd'hui.
    Cette biographie intellectuelle de George Brown permet de remettre en question l'idée selon laquelle les pères de la Confédération n'étaient pas, à l'instar de leurs prédécesseurs américains de 1787, de profonds penseurs citant Locke, Hobbes ou Montesquieu, mais plutôt de simples avocats et des hommes d'affaires sans envergure. Au contraire, l'analyse de la pensée de ce père fondateur qui avait une vision bien particulière du bien commun et de l'organisation de la société politique canadienne démontre qu'il n'en est rien.

  • L'Occident a basculé dans une nouvelle réalité le matin tragique du 11 septembre 2001 lorsque quatre avions détournés par les hommes d'Oussama ben Laden ont frappé le coeur de l'Amérique. Il n'en fallut pas davantage pour que nous nous engagions dans une lutte sans merci contre ce terrorisme d'une violence qui nous était jusqu'alors inconnue. Or, 20 ans après le début de cette guerre, force est de constater que sa réussite demeure bien relative et sujette à de nombreuses questions. En effet, avec le recul dont nous disposons, que penser de nos interventions en Afghanistan et en Irak qui ont déstabilisé toute une région, fait émerger de nouvelles menaces terroristes à l'instar de celle de l'État islamique et entraîné la mort de dizaines de milliers d'innocentes victimes ? Se pourrait-il que nous ayons commis l'erreur de croire qu'il était possible de vaincre cette menace, alors qu'elle ne peut, dans le meilleur des cas, qu'être contenue ? Est-il possible que les méthodes utilisées ne se soient pas révélées appropriées et que nous aurions dû envisager d'autres solutions plus efficaces et moralement supérieures ?
    Dans ce livre, Jean-François Caron explique en quoi la lutte contre le terrorisme contemporain ne peut s'effectuer de manière traditionnelle, mais plutôt au moyen de ce qu'il appelle des solutions de rechange violentes à la guerre. En effet, en lieu et place de larges déploiements de troupes et d'invasions de territoires jugés hostiles, la menace terroriste doit plutôt être combattue par un usage restreint et ciblé de la force armée. Cette stratégie nous force toutefois à repenser les termes de la guerre en légitimant le recours à ces mesures, plus particulièrement lorsqu'elles sont utilisées de manière préemptive et lorsqu'elles impliquent le ciblage mortel de ces ennemis invisibles.
    Ce livre est un incontournable pour qui désire comprendre la nature du terrorisme d'aujourd'hui et les solutions de remplacement à une conception de la guerre qui a prouvé ses limites stratégiques et morales au cours des 20 dernières années.

  • Alors que la démocratie est souvent perçue comme la seule option politique envisageable, quelle serait la position de Machiavel en 2020 sur l'utilité de la dictature ? Dans quelles circonstances jugerait-il nécessaire de concentrer le pouvoir entre les mains d'une seule personne et quels devraient être les objectifs de ce prince ?
    Grâce aux exemples de Charles de Gaulle, Abraham Lincoln, Vladimir Poutine, Lee Kuan Yew ou Nusurltan Nazarbaïev, Jean-François Caron, dans cette version imaginée du Prince en 2020 montre que le recours à un prince tout-puissant peut encore s'avérer la meilleure solution lorsqu'une nouvelle société doit être établie ou afin de sauver une société menacée d'implosion.

  • This book examines Kazakhstan's struggle to distance itself from its Soviet past over 25 years after its independence. To a very large extent, the affirmation of its sovereignty and a unique Kazakhstani way remain largely a matter of rhetoric. This book looks to explain the various aspects that show the continuity of Kazakhstan's political system and governance with its colonial legacy, namely through its foreign policy, the country's environmental policies, the judicial system, the management of religious diversity, the way youth organizations are structured and administered or how those who were born after the collapse of Soviet Union are still showing a typical Soviet behavioral attitude towards the political sphere.What are the reasons for this reluctance or incapacity to break away from these ties of the past? Will the unavoidable political transition that will bring new individuals to the head of the state contribute to a real change? Will this lead to a break with the country's past and a radical shift in the country's policies or will things remain as they have been since 1991? This book provides some valuable insights on what may happen in the near future to the biggest country of Central Asia.  

  • This Pivot updates the ideas of the famous political philosopher from the Italian Renaissance, Machiavelli, for the 21st century, using case studies from the West and from Kazakhstan to demonstrate the utility of Machiavelli's ideas for contemporary political life. In truth, Machiavelli's ideas have never lost their value. Although "Machiavellian" as an adjective tends to describe amoral cynicism in contemporary usage, Machiavelli's ideas were deeply ethical and oriented towards achieving long-term goals. Contemporary readers may be put off by medieval language and examples, misled into believing Machiavelli speaks to a different age; and yet the author here explores how Machiavellian strategy can be of value- ethical as well as practical-in the 21st century. 

  • We often think of the army as an institution whose members are required to blindly obey all orders they receive. However, this perception is inaccurate. Disobedience is a fundamental professional obligation of members of the military and overrides the obligation to follow commands. But what is the extent of this obligation? Are soldiers obligated to participate in what they consider to be an illegal war, or should they be allowed to enjoy a right to selective conscientious objection? Should soldiers obey a legal order that, if followed, would facilitate the perpetration of war crimes by a third party? How should soldiers act if they are ordered to follow a lawful order that could result in immoral consequences? Should soldiers be allowed to refuse to obey what can be labeled as suicidal orders? Based upon the nature of soldiers' professional obligations, this book tries to offer answers to these important questions. The author turns to a number of different case-studies, including conscientious objections, duty to protect in genocidal situations such as Rwanda and Srebrenica, suicidal orders in wars, as well as retribution and leniency towards war criminals, as a way of assessing the different legal and ethical implications of disobedience in the military.

  • This book tries to understand the lessons we ought to learn from the Covid-19 crisis as well as the profound transformations this pandemic will bring to the world order. These essays explore the challenge that the pandemic poses to liberalism, the unique potential this crisis offers us to retake control over globalization, and how it foreshadows  future conflicts, especially the dynamic between China and the West. This timely book will be of interest to scholars in Political Science and philosophy, as well as to general readers interested in what the post Covid-19 world may resemble.

  • The final page in the political history of the Soviet Union was turned on March 19, 2019, when Nursultan Nazarbayev, the last former Chairman of a Soviet Republic who had managed to stay in power following the collapse of USSR, unexpectedly decided to resign. This edited book looks to analyse the political aspects of this event more specifically by trying to understand its political significance for the country's policies, the prospects of democratisation, the uniqueness of the transition compared with others that have previously occurred in the region and how it may play an influential part in future political transitions in this part of the world.  This book will interest scholars of authoritarian politics, scholars of Central Asia, and those researching the Belt and Road Initiative.

  • The Covid-19 pandemic has revealed the serious crisis of political authorities that liberal societies are currently experiencing. Indeed, a significant number of individuals living in these societies did not hesitate to defy the sanitary rules enacted by their government which has made it difficult for them to stop the virus from spreading. What can explain such a situation? This is what this book is discussing. Whether it is the growing popularity of conspiracy theories, the distrust towards governments or cultural and religious beliefs that take precedence over the respect of governments' directives, all these factors that have led so many individuals to act in an irresponsible way during the pandemic find their roots in the liberal tradition as it originated in the 18th century and in its more recent development which has had the effect of decentralizing the individual from his collective responsibilities in favor of an almost unlimited enjoyment of his individual freedom. This health crisis has revealed the urgency for liberal societies to establish a better balance between collective interest and individual freedom through responsible citizenship capable of protecting its citizens against the adoption of draconian measures when they will be struck again by upcoming pandemics that appear to be unfortunately inevitable.

  • La citoyenneté irresponsable. Les racines culturelles de la crise de l'autorité en temps de pandémie Nouv.

    La pandémie de la COVID-19 a révélé une grave crise dont les pouvoirs politiques des sociétés libérales sont aujourd'hui victimes. En effet, de nombreux individus n'ont pas hésité à défier les directives émanant de l'État, avec pour conséquence une incapacité de freiner durablement la contagion. Comment et pourquoi ces sociétés en sont-elles arrivées là ? Voilà la question à laquelle ce livre cherche à répondre. Que ce soit la popularité des théories du complot, la méfiance envers les gouvernements ou encore les croyances religieuses ou culturelles qui ont pris préséance sur les directives de l'État en matière de santé publique, tous ces facteurs qui ont mené à l'exercice d'une citoyenneté irresponsable au cours de cette pandémie trouvent leurs racines dans la tradition libérale telle qu'elle a pris naissance au xviiie siècle et dans son évolution plus récente qui a eu pour effet de décentrer l'individu de ses responsabilités collectives au profit d'une jouissance quasi illimitée de sa liberté individuelle. Sans pour autant remettre en cause cette tradition et nous complaire dans l'illusion d'un monde ancien qui n'est pas voué à renaître de ses cendres, cette crise sanitaire a révélé l'urgence pour les sociétés libérales d'établir un meilleur équilibre entre l'intérêt collectif et la liberté individuelle par une citoyenneté responsable apte à prémunir ses citoyens contre l'adoption de mesures liberticides lorsqu'elles seront frappées à nouveau par de nouvelles pandémies qui semblent malheureusement inévitables.

  • Le recours à des firmes militaires privées est-il moralement acceptable ? Peut-on justifier les meurtres par compassion sur les champs de bataille ? Quels sont les problèmes éthiques liés à l'usage d'armes robotisées ? Est-il moralement légitime d'augmenter les capacités physiques et mentales des soldats ? La lutte contre le terrorisme justifie-t-elle le recours à la torture ? Est-il moralement acceptable de négocier avec les talibans ?



    Même si la réflexion entourant l'éthique de la guerre juste est l'une des questions les plus anciennes de la philosophie politique, elle a connu au cours des dernières années un important regain de popularité. Evidemment, la lutte contre le terrorisme qui a fait suite aux événements de septembre 2001 y est pour beaucoup. Les conflits contemporains contre cette nouvelle menace ont en effet fait naître de nouvelles questions éthiques auxquelles les sociétés occidentales peuvent difficilement échapper. Les développements technologiques ainsi que de la recherche médicale ont également entraîné l'émergence de nouvelles questions éthiques qui ne s'étaient pas encore posées jusqu'à aujourd'hui. Devant ces nouveaux défis, il y a urgence de s'interroger sur les balises morales qui permettront de faire des conflits armés de tristes réalités qui sont tout de même animées par un idéal du bien, à défaut de quoi les guerres du futur risquent d'être marquées par la barbarie et l'inhumanité.

  • La relation qu'a entretenue Lucien Bouchard avec la politique semble être éminemment complexe. Pour preuve, plusieurs font mention de ses adhésions à différents partis politiques aux idéologies radicalement opposées et de la mise en place de politiques publiques qui ont soufflé sur les braises à la fois de la social-démocratie et du néo-libéralisme alors qu'il était premier ministre du Québec.

    Toutefois, cette ambivalence n'est qu'apparente. L'action politique de Lucien Bouchard trouve toute sa cohérence lorsqu'elle est pensée sous l'angle du pragmatisme. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce pragmatisme ne doit pas être confondu avec électoralisme, populisme et manque de vision politique. Il s'agit plutôt d'une manière de penser l'action politique en fonction d'un objectif supérieur, à savoir la défense des intérêts du Québec.

    À la lumière de ce critère qui a toujours été au coeur de l'engagement politique de Lucien Bouchard depuis ses années à la Faculté de droit de l'Université Laval, il est possible de saisir toute la richesse et la cohérence de sa vision du bien commun.

  • A l'occasion du 150e anniversaire de la fondation du Canada, cet ouvrage revient sur les origines de la Confédération en insistant plus particulièrement sur le rôle et la place que les pères fondateurs souhaitaient accorder au Canada français au sein du nouvel Etat. Les contributions qu'on y retrouve présentent les craintes et les espoirs qu'avaient les Canadiens français du Québec et de l'Ontario ainsi que les Acadiens envers le projet politique de 1867 en cherchant à répondre à ces questions : l'opposition des Acadiens à la Confédération s'explique-t-elle par leur incompréhension des enjeux politiques du moment ? Les pères fondateurs ont-ils cherché à affirmer la reconnaissance et l'égalité entre le peuple canadien-français et le peuple canadien-anglais ? La fin du rêve d'un Canada français et d'une francophonie pancanadienne unie trouve-t-elle ses germes en 1867 ? L'évolution politique du fédéralisme canadien a-t-elle été favorable à l'épanouissement du Canada français ? Le fédéralisme canadien constitue-t-il un frein à l'affirmation nationale du Québec ? Quels sont les défis que devra affronter le Canada français au cours du 21e siècle ?

    Voici un livre qui saura passionner tous les chercheurs qui s'intéressent au fédéralisme canadien ainsi qu'aux questions liées à la place de la francophonie canadienne.

  • La stabilité des sociétés multinationales est aujourd'hui remise en question dans de nombreux pays. En effet, au Québec, même si le Parti québécois a perdu le pouvoir en avril 2014, un éventuel troisième référendum sur la souveraineté n'est pas à écarter pour autant. En Ecosse, malgré la victoire du " non " lors du référendum tenu en septembre 2014, cette consultation aura tout de même montré que 45 % des Ecossais désiraient quitter la Grande-Bretagne. Pour sa part, le cas de la Belgique est très rapidement devenu la quintessence des difficultés associées à la gouvernance multinationale et la popularité du parti indépendantiste flamand Nieuw-Vlaamse Alliantie ne se dément pas depuis les dernières années. Enfin, une ferveur indépendantiste sans précédent frappe la Catalogne depuis l'été 2010, à tel point que plusieurs indicateurs semblent vouloir soutenir l'hypothèse que les Catalans pourraient bien en venir à se séparer du reste de l'Espagne. Ces situations nous forcent donc à nous poser la question suivante: quels sont les facteurs qui conditionnent l'unité politique ainsi que l'instabilité dans les sociétés multinationales ?



    Réunissant des experts belges, britanniques, espagnols et canadiens, cet ouvrage jette un éclairage utile et nécessaire sur cette question désormais incontournable du monde d'aujourd'hui.

  • Le malaise qui entoure le fait de se dire fédéraliste au Québec est facilement explicable. En plus d'avoir été une option politique qui s'est souvent révélée décevante pour le Québec, ses tenants ont été très malhabiles dans leurs tentatives visant à justifier le maintien des liens politiques avec le reste du pays. Malgré tout, la réalité demeure implacable : une majorité de Québécois continue à manifester un sentiment d'appartenance envers le Canada. Cependant, la question consiste à déterminer les raisons qui expliquent cette identification des Québécois envers le Canada. Au moyen d'une analyse comparative avec les cas suisse, espagnol et belge, cet essai a pour objectif d'offrir une réponse à cette interrogation tout en déboulonnant certains mythes persistants sur la nature du fédéralisme canadien.

  • Les affrontements qui se produisent tout au long du Second Empire et de la IIIe république entre la France cléricale et la France anticléricale, entre la France dreyfusarde et la France antidreyfusarde, entre la France paternaliste et la France socialiste dissimulent le consensus qui rassemble les Français autour de certaines valeurs: la foi dans le progrès, qui les unit à travers l'effort; l'irrésistible montée de la démocratie qui, en dépit des apparences, se réconcilie sous l'Empire avec le parlementarisme; la ferveur pour la patrie, humiliée à Sedan et vengée à Verdun dans un sacrifice unanime.
    Ces affrontements et ce consensus sont évoqués selon une périodisation dictée par les événements _ politiques, culturels, économiques _ qui sont autant d'éléments constitutifs des mémoires individuelles comme de la mémoire collective de la nation tout entière.
    Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Dijon puis de Paris-Sorbonne, François Caron, né en 1931, étudie principalement l'essor économique de la France et de l'Europe aux XIXe et XXe siècles. Créateur du Centre de Recherche en histoire de l'Innovation, il mène des travaux pionniers sur l'incidence des sciences et des techniques et sur le rôle des entrepreneurs dans le développement des sociétés industrielles.

  • Depuis le XVIIIe siècle, l'Occident vit au rythme des avancées technologiques : mécanisation, industrialisation et révolution informatique. Mais c'est à partir des années 1950 que ces progrès techniques finirent vraiment par engendrer une nouvelle société, celle de la consommation de masse. Pour comprendre cet extraordinaire essor des niveaux de vie, François Caron a non seulement mobilisé les instruments fournis par l'histoire des techniques et par l'économie de l'innovation, mais aussi replacé ces révolutions industrielles dans leurs contextes tout en analysant les relations d'interdépendance entre l'innovation et la demande sociale, entre l'innovation et la recherche institutionnalisée. François Caron dresse un portrait saisissant du siècle qui s'achève sur une recomposition à peu près totale des logiques économiques et sociales, provoquant une situation de crise par laquelle, une nouvelle fois, se repose la question de la finalité de la science et de la technologie.

  • L'histoire de la Côte-d'Or n'est pas celle de toute la Bourgogne. Elle en est un chapitre exemplaire. Plus que tout autre département de la région, la Côte-d'Or présente un modèle de développement industriel et commercial soumis aux contraintes rigoureuses de la concurrence interrégionale. François Caron, Philippe Jobert et Michel Verpeaux ont choisi deux sources, dont le caractère sériel garantissait l'exactitude et qui permettaient de saisir le processus de l'intérieur : les dossiers de faillite et les actes de création de sociétés. Grâce à elles, ils ont pu décrire des comportements d'entrepreneurs.

  • L'histoire de la Côte-d'Or n'est pas celle de toute la Bourgogne. Elle en est un chapitre exemplaire. Plus que tout autre département de la région, la Côte-d'Or présente un modèle de développement industriel et commercial soumis aux contraintes rigoureuses de la concurrence interrégionale. François Caron, Philippe Jobert et Michel Verpeaux ont choisi deux sources, dont le caractère sériel garantissait l'exactitude et qui permettaient de saisir le processus de l'intérieur : les dossiers de faillite et les actes de création de sociétés. Grâce à elles, ils ont pu décrire des comportements d'entrepreneurs.

  • Lettres québécoises a eu une bonne idée : nous faire pénétrer dans l'univers de Jimmy Beaulieu, auteur de bandes dessinées autodidacte et passionné originaire de l'Île d'Orléans. Son parcours d'éditeur, d'animateur d'atelier, de commissaire, etc. est aussi riche que son oeuvre éblouit. Cette édition d'hiver nous offre aussi une belle sélection d'oeuvres marquantes des derniers mois, notamment le magnifique Recommencements d'Hélène Dorion, l'angoissant et psychologique Bondrée d'Andrée A. Michaud et le passionnant roman historique Les filles peintes de Cathy Marie Buchanan. À lire aussi : un dossier sur l'état « critique » du métier de critique, un compte-rendu des 12e Correspondances d'Eastman et un article soulignant les 15 ans de l'événement Livres comme l'air.

  • Cabaret neiges noires, pièce phare du théâtre québécois, fête ses 25 ans en 2017. Reflet d'une génération en quête de sens, ce cabaret délirant nous emmène, sur fond de musique et de chants, aux confins de la folie et de la nature profonde de l'humain, tout en dressant un portrait critique de la société québécoise de l'époque.

    Il y est question de rêves déchus, de projets abandonnés, d'amour impossible, de fatalité, de religion; bref, de ces questions intemporelles qui témoignent d'un désenchantement d'une jeunesse pour qui le rêve américain n'était que pur mirage.

    Écrit avec ironie et poésie, ce texte dépasse l'entendement, choque, libère et apporte même une légère lueur d'espoir, malgré son actualité mordante.

    Comparée à l'Osstidcho, Cabaret neiges noires est désormais inscrite au patrimoine québécois.

  • L'édition estivale de la revue Cap-aux-Diamants fait honneur au patrimoine maritime. Naviguez du port de Tadoussac avec Gervais Carpin aux stations de télégraphe optique du chenal du Sud avec Jean Parent. Visitez le chantier maritime A.C Davie à Lévis avec Jean-François Caron, puis les petits armateurs gaspésiens des années 1871 à 1911 en compagnie de Gabriel Cormier. Votre voyage vous mènera ensuite au film Les voitures d'eau de Pierre Perreault, sur la construction navale, présenté par Yves Laberge. Puis, du bois à la fibre de verre, François Droüin se penche sur le cas du yacht Martin Pêcheur. Le dossier se clôt sur une note musicale avec une brève histoire des chants marins par Jean-François Blais. Retrouvez aussi la famille Bernier dans la rubrique « Ancêtres », le Montreal Hunt Club dans « De près ou de loin : parcours historiques » et la médaille du lieutenant-gouverneur Joseph-Adolphe Chapleau dans la rubrique « Médailles ».

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