Jean-Jacques Moscovitz

  • L'art cinématographique fait lien entre deux pratiques de discours - l'une, la psychanalyse, par l'expérience de la parole de sujet, et l'autre par les images qui bougent et parlent - pour en interpeler une troisième, celle du politique pour faire face au vacarme du monde. Entre cinéma, politique et psychanalyse surgit l'effet de scandale propre au sujet de l'inconscient.

    En se posant comme critiques freudiens de cinéma, les auteurs questionnent la violence intime propre à chacun, le rapport à ses propres pulsions. Comment transformer les violences collectives d'hier et d'aujourd'hui  en mots, en images, alors qu'elles ont trait à l'impensable, encore mal ou non perceptible, au point d'affecter notre intériorité psychique, notre nature d'êtres parlants ? Le cinéma, en questionnant la destructivité suractivée depuis les génocides du XXe siècle, peut-il prémunir les adolescents de la dérive auto-destructrice et meurtrière actuelle ?

    Entre sujet et collectif, entre intime et extrême, les films autour desquels s'articule cet ouvrage ne cessent de nous enseigner et impliquent les spectateurs que nous sommes comme témoins actifs de la violence du monde.

  • Art du cinéma et psychanalyse se regardent et s'écoutent, nouant l'intime, le social et le politique.

    Images de cinéma et paroles en séances gardent leur part de mystère grâce à la surprise et à la beauté des mots et des images, quelle que soit la génération à laquelle on appartient. Art du cinéma et intelligence de l'approche psychanalytique enrichissent notre regard et notre écoute et laissent espérer quelque apaisement relatif à notre histoire intime, familiale et/ou collective en lien avec la grande Histoire. Psychanalyse et cinéma font oeuvre émancipatrice pour le sujet et la société.

  • Quelle psychanalyse depuis la Shoah, après la brisure de l'Histoire et de la Civilisation ? Qu'est-il arrivé à la vie, à l'amour, aux désirs, à la mort, à la jouissance, à la filiation, au lien entre les hommes, quels que soient nos liens à l'originaire, à l'identitaire ? Une réflexion s'appuyant sur l'ouvrage de Freud L'Homme Moïse et la religion monothéiste, le film Shoah de Claude Lanzmann et l'enseignement de Lacan.

  • Que l'on cesse de dire de Freud qu'il n'était pas analysé. Côté théorique, les concepts principaux - dipe, la Mâchoire et la Mort -, sont déjà en toutes lettres, à Flup, quand il a dix-sept ans. Côté clinique, il écrit, à Flie, à l'approche de la cinquantaine, que s'il avait « dû être névrosé », il eut « été obsessionnel ». Il rencontra parfaitement sa structure. Mais si, avec Die Traumdeutung, il indique la marche à suivre pour qu'une psychanalyse se fasse, il fallut pour cela que l'hystérique l'ait d'abord apostrophé. M. W.

  • Ce livre est le fruit d'une longue pratique psychanalytique à l'écoute des mots (des maux ?) d'amour. Mais il est aussi une réflexion sur le couple, la passion, l'abandon, autrement dit sur les variations autour de la souffrance et de l'élection amoureuses. L'amour est le lieu de toutes les attentes à une époque où s'effondrent les repères, et où la question du mal radical a resurgi dans la mémoire de la Shoah. C'est au croisement de notre destinée collective et de la réponse que chacun de nous donne à l'invention de l'amour que, peut-être, la possibilité d'une sortie du traumatisme et un retournement de la plainte mélancolique en espérance d'aimer adviendra. Comment soutenir aujourd'hui une Hypothèse Amour ? Cette question ne peut plus rester sous silence : la rupture de l'Histoire dans ce xxe siècle et la destruction de l'interdit du meurtre a provoqué un radical changement du rapport que l'être humain entretient avec la jouissance, la vie, l'amour, la mort, comme en témoignent nombre de productions artistiques. Des films sont ainsi convoqués par l'auteur, mais aussi des livres, des récits, des histoires, qui entrelacent autour de l'Hypothèse Amour leurs interrogations et leurs réponses.
    Psychiatre et psychanalyste, Jean-Jacques Moscovitz est l'auteur de Une psychanalyse pour quoi faire ? (Jacques Grancher, 1988) et de D'où viennent les parents ? Essai sur l'enfance brisée (Armand Colin, 1991). Il a également participé à des ouvrages collectifs tels que la psychanalyse est-elle une histoire juive (Seuil, 1980) et L'interdit de la représentation (Seuil, 1984).

  • La psychanalyse et le cinéma, dont les naissances sont simultanées, peuvent se rejoindre dans cette interrogation commune sur le féminin et ses représentations, dont la folie fait partie : comment montrer, mettre en scène, les arcanes de la position féminine ? L'image de la féminité, qui trouve une expression particulièrement saisissante dans le cinéma, se construit à partir de représentations évoluant au cours de l'histoire, et se modifie au fil du temps et des époques. Mais la permanence et la multiplicité des représentations de cette figure du féminin avec ses interrogations, voire ses débordements quand il s'agit de la folie, n'est peut-être pas qu'un simple produit de l'histoire, ou du contexte social et culturel du moment. Derrière les évolutions et les mutations qui semblent contraindre les corps à se plier à des contingences sociales ou artistiques, il subsiste des permanences qui échappent à la mode et à ses processus, comme elles échappent également à ses supports ou à ses destinataires.

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