Jean-Louis Bailly

  • Anthelme est célèbre ! Le Président de la République en personne vient décorer dans son village l'auguste chercheur qui a consacré sa vie à l'étude des insectes, composant une somme qui constitue un sommet littéraire. Mais Anthelme est un homme, qui vieillit et qui songe encore à l'amour. En s'inspirant des comportements des petites bêtes fascinantes qu'il a observées, il va donc imaginer un "crime", dicté par ses sentiments les plus ambigus, qu'il espère parfait et dans la lignée de cette amoralité si caractéristique du monde animal qui n'a de comptes à rendre à personne.
    Sans jamais citer le nom de Jean-Henri Fabre qui lui a servi de modèle, Jean-Louis Bailly a ciselé un petit roman perfide, la vie minuscule d'un grand homme caché derrière sa réputation. Vif et intelligent.

    Né en 1953 à Tours, Jean-Louis Bailly est retraité de l'Éducation Nationale.

    À L'Arbre vengeur sont parus ses Nouvelles impassibles préfacées par Éric Chevillard, deux romans, Vers la poussière (traduit en russe) et Mathusalem sur le fil, et un recueil de textes brefs Une grosse.

    Il signe avec Mains propres son cinquième livre dans notre catalogue.

  • « Moi, maintenant, c'est tout pour la bagnole ! » Pour lancer une telle profession de foi, il faut être revenu de tout... Le narrateur des Spongieux a, il est vrai, connu l'amour - peu, et mal -, une grande amitié brisée par la mort, et surtout une vertigineuse ascension sociale : entraîné dans une aventure sans précédent, il a fait fortune en « ressuscitant » les morts. On dit même que ses clients avaient hâte de mourir pour connaître, contre quelques écus, une véritable apothéose. Roman de grandeur et de décadence, Les spongieux est traversé par de grandes passions et des automobiles prodigieuses, hanté par des traîtres patibulaires, éclairé par des figures hautes en couleur. Mais c'est surtout, de bout en bout, un prétexte à rire grinçant et à humour féroce : car ses héros ne sont pas des hommes mais des cadavres saisis par le délire. Au-delà de la cocasserie, pourtant, on perçoit une vraie question, celle de nos comportements devant la mort.

  • L'année de la bulle n'est pas un répertoire des producteurs de Champagne, mais on y boit beaucoup ; pas une anthologie de la bande dessinée, mais les amateurs de Tintin, de la Castafiore et des Indiens Arumbayas ne s'y trouveront pas dépaysés ; pas un catalogue de bains moussants, mais les bulles de savon, dans lesquelles on lit comme dans des boules de cristal, s'y envolent par grappes. L'année de la bulle est une bulle... Tandis qu'elle se gonfle, y prennent place un narrateur volontiers monstrueux, une cantatrice sublime et pitoyable, une tribu d'agrandisseurs de têtes, une sauvageonne sexy, un petit cousin du commandant Cousteau, Hamlet, un obsédé du pompon, une conscience patibulaire, mille épisodes horrifiques et désopilants ; ses irisations changeantes nous entraînent du coeur de l'Amazonie aux montagnes grecques, de la farce à l'amertume. Il faudra qu'elle éclate à la fin ; mais jusqu'à l'heure de la désillusion, on aura bien ri, on aura bien rêvé, on se sera livré sans retenue à une débauche d'images baroques et d'aventures hilarantes.

  • Automne 1626. Après avoir passé deux années au fond d'un cachot de la Conciergerie pour impiété, et échappé de justesse au bûcher, Théophile de Viau, prince des poètes libertins, revient vivre à Paris. Mais les épreuves qu'il a dû traverser l'ont anéanti : c'est à présent un homme résigné qui, à trente-six ans, parle de se convertir, de finir ses jours en paix... C'est dans ces circonstances qu'un jeune et fervent admirateur, Augustin, va le rencontrer. Mais l'entreprise est périlleuse, et le disciple, après l'éblouissement initial, ne tardera pas à affronter son maître... L'ombre de Théophile est l'histoire de cet affrontement. Mais c'est aussi une échappée virtuose, au coeur du XVIIe siècle baroque. Servi par une écriture somptueuse, à la fois précieuse et truculente, maniérée et sensuelle, ce roman, plus que tout autre, appelle une lecture gourmande, où chaque mot a sa saveur propre qu'il convient de ne pas laisser passer.

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