Jean-Pierre Rioux

  • Alors que l'on va célébrer le centième anniversaire de son assassinat, la biographie-événement qui nécessita six ans de recherche et d'écriture.

    Entre biographie et essai, le livre de Jean-Pierre Rioux, salué par la critique et succès d'édition, évoque l'orateur hors pair, le philosophe, l'intellectuel et l'historien, le défenseur des droits de l'homme, l'homme de la paix, l'adversaire du colonialisme. Les questions d'aujourd'hui auxquelles le premier mort de l'été 1914 avait donné sa réponse continuent de nous hanter. Comment ne pas trahir quand on est au pouvoir ? Comment lire une société d'inégalités ? Comment récuser le désordre établi si l'on n'assume pas l'histoire et l'héritage ? Que serait un avenir sans morale et sans religion ?Jean-Pierre Rioux a notamment publié Histoire culturelle de la France au XXe siècle, Au bonheur la France et un Dictionnaire de la France coloniale.

  • HistoireQuand commence la révolution industrielle ? L'expression de «révolution industrielle» est-elle propre à décrire son objet : faut-il lui préférer le terme anglais de take off ? - ou celui, plus général et plus synthétique, de «croissance» ? Quelles conditions président à son démarrage et à son expansion ? Quelles en sont les conséquences - sociales, culturelles, psychologiques, humaines en un mot ? Ouvre-t-elle le fossé entre les nations dominantes et les nations «prolétaires» ? Où en est aujourd'hui la réflexion des historiens sur cette formidable mutation du travail de l'homme ?Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles on tente ici de répondre.

  • Une réflexion sur la France coloniale de Ferry à de Gaulle, en passant par Alger, pour ouvrir les débats difficiles mais essentiels auxquels les Français du XXIe siècle sont confrontés.
    L'histoire de la France coloniale, dont les territoires éparpillés sur quatre continents faisaient rêver les écoliers de la IIIe République, est loin d'être close. Mémoires et groupes de pression s'activent pour en tirer les leçons qui leur conviennent. Les politiques s'en mêlent a coups de " lois mémorielles ". Mais que faut-il entendre exactement par " colonies " et " colonisation " ? Faire le bilan de ce " passe qui ne passe pas " ne peut consister a refaire le procès du système colonial ni a glorifier une épopée. Jean-Pierre Rioux rappelle les étapes de la colonisation française, dresse les portraits des grands artisans de cette histoire, et pose un certain nombre de questions : qu'impliquait le rêve de Jules Ferry ? L'entreprise coloniale fut-elle économiquement rentable ? Comment évaluer l'action de De Gaulle outre- mer ? Enfin, comment lier les débats sur les prolongements du malheur colonial aux interrogations que suscitent l'état de la France, son " identité " toujours en chantier, son pacte républicain et sa présence au monde ?

  • Au football, mettre la balle au centre permet de relancer l'action. En politique, c'est l'inverse : nous n'aimons pas centrer. En revanche, nous suivons sans broncher le une-deux entre la droite et la gauche, le débordement populiste par les ailes, les tirs directs du referendum et les coups de boule du coup d'État. Pourtant, il faut l'admettre : depuis 1789, on a joué au centre plus souvent qu'on croit et qu'on nous l'enseigne. 
    De Mirabeau à Macron en passant par Ferry, Queuille, Barre ou Bayrou, cet essai visite le parent pauvre des discours et des études sur notre vie politique : la centralité, si souvent raillée par les prétendus esprits forts, mais toujours vivace dans une France contemporaine qu'on croit, à tort, si éternellement révolutionnaire et divisée qu'elle ne peut pas donner à la position médiane une légitimité populaire et une onction de souveraineté. 
    Pendant plus de deux siècles, pourtant, des hommes ont joué à contre-pied de « la » droite comme de « la » gauche, du conservatisme étroit, du progressisme délirant ou de l'appel au peuple vengeur. Loin d'être des mollassons ou des vaincus d'avance, ils ont été des volontaires du bien commun et de l'intérêt général qui ont mouillé le maillot pour gouverner au mieux plutôt que d'imposer des solutions partisanes et bellicistes. Ils ont montré qu'en politique, le droit et la raison, l'équité et la solidarité ne sont pas toujours à la merci des idéologies casquées, du bloc contre bloc, des fronts vite disloqués, des majorités impotentes et des alternances sans projet. Voici leur histoire.

  • Au départ : le Petibonum gaulois, aussi mythique qu'irréductible. À l'arrivée : Bruère-Allichamps, avec sa colonne romaine toujours dressée au centre du pays et que plus personne ne visite. Les étapes sont pittoresques, de la Bretagne à la Provence, des Vosges aux Pyrénées ou dans la « diagonale du vide » des Ardennes à la Lozère. Partout, on découvre un village qui a marqué notre histoire. Pourtant, aujourd'hui, il ne se reconnaît plus, ne nous singularise plus, tous noyés que nous sommes dans le « village planétaire » et l'anonymat des métropoles. Mais, heureusement, ces communes peuvent compter sur les « rurbains » qui sont venus y rêver d'air moins pollué et sur les huit millions de citadins qui se disent prêts à se mettre au vert.

    C'est aussi, posée de tout coeur, sans fleurs ni couronnes, l'exploration de deux questions : que doit, hier pour demain, la France à ses villages et ses ruraux ? Qu'est-il donc pour nous tous, ce « petit village » de Du Bellay « qui m'est une province et beaucoup davantage » ?

    Un tableau passionnant qui éclaire sous un jour nouveau la singularité de la France des campagnes et de ses habitants.

  • Nouvelle histoire de la France contemporaine1. La Chute de la monarchie (1787 - 1792), M. Vovelle2. La République jacobine (10 août 1792-9 Thermidor an II), M. Bouloiseau3. La République bourgeoise (de Thermidor à Brumaire, 1799-1815), D. Woronoff4. L'Épisode napoléonien. Aspects intérieurs (1799-1815), L. Bergeron5. La France napoléonienne. Aspects extérieurs (1799-1815), R. Dufraisse et M. Kérautret6 et 7. La France des notables (1815-1848)1. L'évolution générale, A. Jardin et A.-J. Tudesq2. La vie de la nation, A. Jardin et A.-J. Tudesq8. 1848 ou l'Apprentissage de la République (1848-1852), M. Agulhon9. De la fête impériale au mur des fédérés (1852-1871), A. Plessis10. Les Débuts de la IIIe République (1871-1898), J.-M. Mayeur11. La République radicale ? (1898-1914), M. Rebérioux12. Victoire et Frustrations (1914-1929), J.-J. Becker et S. Berstein13. La Crise des années 30 (1929-1938), D. Borne et H. Dubief14. De Munich à la Libération (1938-1944), J.-P. Azéma15 et 16. La France de la IVe République (1944-19858)1. L'ardeur et la nécessité (1944-1952), J.-P Rioux2. L'expansion et l'impuissance (1952-1958), J.-P Rioux17 et 18. La France de l'expansion (1958-1974)1. La République gaullienne (1958-1969), S. Berstein2. L'apogée Pompidou (1969-1974), S. Berstein et J.-P Rioux19. Crises et alternances (1974-2000), J.-J. Becker avec la collaboration de P. Ory20. La France du XXe siècle. Documents d'histoire, présentés par O. Wieviorka et C. Prochasson

  • « Tirez, tirez, nom de Dieu ! » crie le lieutenant Charles Péguy à ses hommes cloués dans les betteraves par le terrible feu allemand : une balle en plein front le fait taire devant Villeroy, le 5 septembre 1914, à la veille du « miracle » de la Marne.

    Jean-Pierre Rioux revient sur le mobilisé en uniforme qui fait ses adieux aux siens et à ses amis du 2 au 4 août dans Paris pavoisé. Il détaille les cinq semaines au front, de Lorraine en « pays de France », face à l'invasion et aux premiers massacres. Il suit à la trace le poète en pantalon rouge, le réserviste de quarante ans qui a voulu rester d'active, le patriote et le chrétien qui pressent la barbarie qui menace l'Europe.

    Au fil des pages, on découvre un Péguy inconnu, teigneux, atypique, parti vaillant, apaisé, et qui est tombé, il le disait lui-même, en « soldat de la République, pour le désarmement général, pour la dernière des guerres ».

    Écrite d'une plume alerte et sûre, cette biographie, puisée aux meilleures sources, restitue un portrait tout en sensibilité d'un Péguy inclassable.

  • Le XXe siècle est un extraordinaire fossoyeur d'empires : l'Autriche-Hongrie et l'Empire ottoman ont été engloutis par la Grande Guerre, le Reich de mille ans disparu en une décennie, le joyau des Indes enlevé à la Grande-Bretagne, les perles indochinoise et algérienne arrachées à la France, jusqu'à l'empire rouge de Moscou qui s'effondre en six mois. Le grand Corneille aurait-il raison, lui qui faisait dire à Rodogune : quand on perd un empire, on perd tout ? Pour comprendre ce sentiment d'abandon et d'incertitude qui nous étreint, Jean-Pierre Rioux a voulu retracer la chute de ces grands prédateurs qui, depuis Sargon, ont voulu saisir l'univers entre leurs mains. D'Alexandre à Charles Quint, de Tamerlan à Napoléon et Bismarck, nous voici entraînés dans les heurs et malheurs de l'idée impériale, à travers les violences, les impuissances et les mélancolies qui ont défait les rêves des bâtisseurs d'empires.

  • Le 22 avril 2007, au premier tour de l'élection présidentielle, sept millions de citoyens ont voté pour François Bayrou. D'instinct ou de raison, ces électeurs ont renoué avec une part de notre histoire tenue pour anecdotique par tous ceux qui préfèrent le simplisme binaire du droite/gauche. C'est une histoire singulière depuis deux siècles et demi que raconte ici Jean-Pierre Rioux. Celle des centristes qui ont préféré le contrat au fracas, le rassemblement à l'exclusion, la reconstruction à la table rase, les valeurs aux idéologies. Celle du centrisme, cette obsession du « bon gouvernement » au nom du bien commun et comme promesse de réconciliation, de liberté, d'équité et de solidarité.

  • Nouvelle histoire de la France contemporaine1. La Chute de la monarchie (1787 - 1792), M. Vovelle2. La République jacobine (10 août 1792-9 Thermidor an II), M. Bouloiseau3. La République bourgeoise (de Thermidor à Brumaire, 1799-1815), D. Woronoff4. L'Épisode napoléonien. Aspects intérieurs (1799-1815), L. Bergeron5. La France napoléonienne. Aspects extérieurs (1799-1815), R. Dufraisse et M. Kérautret6 et 7. La France des notables (1815-1848)1. L'évolution générale, A. Jardin et A.-J. Tudesq2. La vie de la nation, A. Jardin et A.-J. Tudesq8. 1848 ou l'Apprentissage de la République (1848-1852), M. Agulhon9. De la fête impériale au mur des fédérés (1852-1871), A. Plessis10. Les Débuts de la IIIe République (1871-1898), J.-M. Mayeur11. La République radicale ? (1898-1914), M. Rebérioux12. Victoire et Frustrations (1914-1929), J.-J. Becker et S. Berstein13. La Crise des années 30 (1929-1938), D. Borne et H. Dubief14. De Munich à la Libération (1938-1944), J.-P. Azéma15 et 16. La France de la IVe République (1944-19858)1. L'ardeur et la nécessité (1944-1952), J.-P Rioux2. L'expansion et l'impuissance (1952-1958), J.-P Rioux17 et 18. La France de l'expansion (1958-1974)1. La République gaullienne (1958-1969), S. Berstein2. L'apogée Pompidou (1969-1974), S. Berstein et J.-P Rioux19. Crises et alternances (1974-2000), J.-J. Becker avec la collaboration de P. Ory20. La France du XXe siècle. Documents d'histoire, présentés par O. Wieviorka et C. Prochasson

  • « Pourquoi et comment relire aujourd'hui notre histoire ? Pour quelle quête de sens ? Avec quel projet de rassemblement et quelles propositions qui relanceraient le vivre-ensemble, hier pour demain ? Qui sait si ce pays passionné d'histoire aura le courage de répondre à ces questions et même de se les poser plus longtemps ? De surcroît, nous voici plongés dans un monde menacé par la déstabilisation du vieil arc de civilisation qui joignait la Méditerranée à la Mésopotamie, par les menaces terroristes des djihadistes en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie. Ces violences guerrières n'épargnent pas la France qui en appelle à l'union nationale quasiment "comme en 14". Si bien que les questions se font plus incisives. L'union, en urgence ? La résistance à l'oppression ? Le secours à la liberté des peuples, plus que jamais ? Oui, assurément. Mais pour rester fidèle à quels héritages ? Avec quelles ambitions communes ? Et s'il fallait s'armer pour surmonter la crise identitaire ? S'assembler pour rendre intelligible notre sentiment de vivre une rupture historique ? » J.-P. R. D'une plume alerte, Jean-Pierre Rioux décrit la crise qui affecte notre représentation de l'avenir et érode le pacte républicain, défend une conception de l'histoire comme intelligence du bien commun, réhabilite une mémoire collective qui nous aide à savoir qui nous sommes et ce que nous voulons faire ensemble. Jean-Pierre Rioux est historien, spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la France contemporaine. Il a été successivement professeur de lycée, universitaire (Paris-X-Nanterre), directeur de recherches au CNRS (Institut d'histoire du temps présent) et inspecteur général de l'Éducation nationale. Homme de revues (Vingtième Siècle, L'Histoire), il a présidé le comité d'orientation scientifique de la Maison de l'histoire de France. 

  • Comment devient-on historien ? C'est à éclairer cette question que Jean-Pierre Rioux se consacre ici, en dévoilant l'itinéraire qui fut le sien. Enfant de la guerre et de la Libération, il décide, après le choc du conflit en Algérie, de faire de l'histoire son ambition et son engagement. Ce livre signe ses Mémoires, sous la figure tutélaire de grands hommes qui ont dominé ses travaux et nourri ses convictions : Jaurès, Péguy, de Gaulle, mais aussi René Rémond et Jean-Louis Crémieux-Brilhac. Ce sont ces modèles et ces héritages qu'il fait revivre. Et, loin de l'obsession du déclin, il entend redire la confiance qui a toujours été la sienne en une France capable d'entonner des chants d'unité et de rassemblement. Professeur de lycée, directeur de recherches au CNRS et inspecteur général de l'Éducation nationale, Jean-Pierre Rioux est aussi un homme de revues (Vingtième siècle, L'Histoire) et de presse (Le Monde, La Croix, Ouest France). Il a présidé le comité d'orientation scientifique de la Maison de l'histoire de France. Il a récemment publié Vive l'histoire de France ! 

  • De A comme Amour à B comme Bayrou ou Bonaparte, C comme Centrisme ou J comme Jeanne d'Arc ou Jupiter, cet abécédaire rend compte de la campagne éclair d'Emmanuel Macron et de sa victoire à l'élection présidentielle, le 7 mai 2017. Comment expliquer un succès aussi imprévisible ? Comment discerner la part de l'homme - peu connu et inclassable - de celles de la chance, de la nécessité ou de l'idéal ? Dans un style mordant, Jean-Pierre Rioux met en perspective l'actualité récente et nous montre où elle se fait histoire. « Voici donc, cuites dans le temps suspendu de l'été 2017, quelques briques élémentaires d'un Lego ou d'un Rubik's Cube de la nouvelle politique en France aujourd'hui, à l'heure du "macronisme" qui la met en oeuvre et d'une "macromania" qui retient son souffle. Un jeu de piste d'histoire politique et d'histoire du temps présent auquel le citoyen-lecteur, on l'espère, prendra plaisir et qui pourrait aider à sa gouverne, dans ses adhésions comme dans ses résistances. Une réflexion sur l'événement dans notre histoire. » J.-P. R.  Jean-Pierre Rioux , spécialiste d'histoire politique et culturelle de la France contemporaine, est l'auteur d'ouvrages qui ont fait date sur le centrisme et sur des personnalités telles que Jean Jaurès, Charles Péguy, Pierre Mendès France ou Charles de Gaulle. Il s'est aussi largement penché sur le récit national et ses spécificités françaises. 

  • Après l'interdiction de parution du quotidien Alger Républicain dont il était directeur, Henri Alleg a été arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes de la 10e D. P., qui l'ont séquestré à El-Biar pendant un mois entier. Livre emblématique, La Question est le récit de cette détention, Henri Alleg y dénonçant les tortures dont il a été victime. L'ouvrage fut saisi à deux reprises : quelques semaines après sa parution, en 1958, puis en 1959.

  • Nouvelle histoire de la France contemporaine1. La Chute de la monarchie (1787 - 1792), M. Vovelle2. La République jacobine (10 août 1792-9 Thermidor an II), M. Bouloiseau3. La République bourgeoise (de Thermidor à Brumaire, 1799-1815), D. Woronoff4. L'Épisode napoléonien. Aspects intérieurs (1799-1815), L. Bergeron5. La France napoléonienne. Aspects extérieurs (1799-1815), R. Dufraisse et M. Kérautret6 et 7. La France des notables (1815-1848)1. L'évolution générale, A. Jardin et A.-J. Tudesq2. La vie de la nation, A. Jardin et A.-J. Tudesq8. 1848 ou l'Apprentissage de la République (1848-1852), M. Agulhon9. De la fête impériale au mur des fédérés (1852-1871), A. Plessis10. Les Débuts de la IIIe République (1871-1898), J.-M. Mayeur11. La République radicale ? (1898-1914), M. Rebérioux12. Victoire et Frustrations (1914-1929), J.-J. Becker et S. Berstein13. La Crise des années 30 (1929-1938), D. Borne et H. Dubief14. De Munich à la Libération (1938-1944), J.-P. Azéma15 et 16. La France de la IVe République (1944-19858)1. L'ardeur et la nécessité (1944-1952), J.-P Rioux2. L'expansion et l'impuissance (1952-1958), J.-P Rioux17 et 18. La France de l'expansion (1958-1974)1. La République gaullienne (1958-1969), S. Berstein2. L'apogée Pompidou (1969-1974), S. Berstein et J.-P Rioux19. Crises et alternances (1974-2000), J.-J. Becker avec la collaboration de P. Ory20. La France du XXe siècle. Documents d'histoire, présentés par O. Wieviorka et C. Prochasson

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le numéro de février de Relations se penche sur la délicate question du vivre-ensemble. Depuis le début de la commission Bouchard-Taylor il y a dix ans, le débat sur l'identité, la laïcité et le vivre-ensemble s'enlise au Québec. Identitaires et « diversitaires » s'opposent dans des débats souvent stériles où les positions des uns et des autres se durcissent, parfois jusqu'à l'extrême. Comment sortir de cette « guerre culturelle » qui met trop souvent en échec l'action commune, notamment au sein de la gauche et du mouvement des femmes ? Quelles voies emprunter pour penser l'identité dans son caractère mouvant, en constante évolution, sans pour autant sacrifier l'agir collectif aux forces impersonnelles du marché ? La religion, les arts et la littérature ont-ils un rôle à jouer dans ce contexte, pour tisser des liens, créer des ponts ? Les collaborateurs et collaboratrices de ce numéro vous invitent à réfléchir avec eux.

  • En tout, le numéro de printemps des Cahiers de lecture propose trente recensions d'essais québécois parus récemment. Rédigées par des spécialistes, ces comptes-rendus critiques se divisent en trois thèmes, dont le premier s'intitule « L'expérience de la Conquête » et qui analyse entre autres les 2 tomes de Vivre la Conquête écrit par Gaston Deschênes et Denis Vaugeois. On trouvera aussi dans ce numéro la recension d'essais consacrés au pouvoir des images (Les images que nous sommes de Serge Bouchard) ainsi qu'à des ouvrages s'intéressant aux enjeux féministes actuels (Les filles en série de Martine Delvaux).

  • Voici le premier ouvrage universitaire consacré au fils du cordonnier de Fougères devenu professeur, écrivain et académicien, à l'intellectuel engagé, à l'homme qui voulut « changer la vie » pour ne plus avoir à désespérer : Jean Guéhenno (1890-1978). François Mauriac a tenu à le rappeler : « Ce petit-fils de Rousseau, ce fils de Michelet, les hommes ne sont pas venus à bout de l'amitié qu'il leur voue ». Ni à bout de son esprit de résistance qui lui fit noter, dès le 17 juin 1940, dans son Journal des années noires, « je ne croirai jamais que les hommes soient faits pour la guerre. Mais je sais aussi qu'ils ne sont pas faits non plus pour la servitude ». Les textes de littéraires et d'historiens ici rassemblés portent sur les aspects les plus forts de son oeuvre et de ses combats, 11 Novembre et 8 Mai. Tous signalent le rôle qu'y a joué ce manuscrit refusé en 1921, cette méditation sur le sacrifice, à vingt ans, de ses camarades de la Grande Guerre, qui vient d'être enfin publiée chez Claire Paulhan : cette Jeunesse morte dont toute sa vie fut hantée. Comme Jean-Jacques, comme Michelet, comme Péguy, ces hommes de vérité, ces coeurs simples qui avaient volé eux aussi le feu de la culture et qu'il a su faire revivre et aimer, Jean Guéhenno a vécu « comme tous les autres, dans l'absurdité de son temps mais dans l'entêtement et la rigueur de sa seule pensée ».

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