Jean-Yves Le Naour

  • La paix introuvable.Le 11 novembre 1918, au matin, Georges Clemenceau déclare à son chef de cabinet : " Nous avons gagné la guerre, il nous faut maintenant gagner la paix, et ce sera plus dur encore. "
    En effet, outre la mauvaise volonté allemande, il faudra non seulement compter avec la diplomatie d'équilibre des Britanniques qui ne veulent pas trop affaiblir l'Allemagne au profit de la France, mais aussi avec les ambitions du président américain Wilson dont les principes démocratiques pour la reconstruction du monde - le droit des peuples, l'État-nation, la SDN... - privent les Européens de toute politique d'annexion.
    Loin d'être à l'apaisement, les années d'après-guerre sont marquées par le trouble et l'incertitude. La guerre continue à l'Est, dans les pays baltes en 1919, entre la Pologne et la Russie de 1920 à 1921, entre les Turcs et les Grecs de 1919 à 1922, tandis que la guerre civile en Russie cause la mort de 5 à 7 millions de personnes. Surtout, le spectre de la révolution bolchevique, victorieuse en Russie, s'insinue de l'Allemagne à la Hongrie en passant par l'Italie. L'ennemi n'est plus tout à fait le germanisme, mais le bolchevisme, infiltré sous la forme des nouveaux partis communistes d'Europe. Un monde radicalement nouveau est né, une nouvelle ère idéologique coincée entre Wilson et Lénine, deux messianismes à côté desquels la France et la Grande-Bretagne ne tiennent plus le premier rôle. En ces années où prévaut l'illusion d'une paix durable, les instabilités, les aigreurs et les déceptions attisent déjà le feu de la revanche.
    Clemenceau avait raison : il était plus difficile de gagner la paix que la guerre. Et la France, qui a gagné la guerre, a perdu la paix.
    Jean-Yves Le Naour livre une étude brillante et rénovée - parfois iconoclaste - de cette tragique sortie de guerre, étudiant notamment le traité de Versailles, dont le grand perdant ne fut peut-être pas l'Allemagne, mais la France.

  • 1914

    Jean-Yves Le Naour

    Le premier opus de la série de référence sur la Grande Guerre enfin en poche ! En 1914, l'obsession de la guerre hante l'Europe. Elle occupe les esprits, s'affiche à la une des journaux, monopolise les conversations et les discours politiques sans que personne n'y croie véritablement.
    Quand elle éclate en juin, à la suite de l'attentat de Sarajevo, elle s'impose comme la solution, promet l'émancipation des nationalités et l'avènement d'un nouveau monde. Autant d'illusions qui font basculer le monde dans un engrenage qui va le broyer : pendant quatre longues années, la guerre sera mondiale, totale et terroriste.
    Conjuguant les approches diplomatiques, militaires, sociales et culturelles, Jean-Yves Le Naour fait revivre 1914 et renouvelle l'histoire de la Grande Guerre.

  • " Après 1914, La grande illusion, l'historien Jean-Yves Le Naour explore les stratégies politiques, le quotidien des soldats mais aussi la vie à l'arrière du front. [...] La suite d'une somme appelée à devenir une référence. "Magazine Lire1915. Pour les Français pris dans la Grande Guerre, c'est l'enlisement. Le conflit entre dans une phase meurtrière marquée par des offensives aussi terribles qu'inutiles, auxquelles s'ajoute le cruel recours aux gaz asphyxiants. Sur terre comme sur mer, impossible d'échapper aux bombardements. Les zeppelins tombent sur Londres et Paris, les Turcs lancent un djihad en Afrique et au Moyen-Orient, les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie. Les Alliés, eux, enchaînent les échecs.
    Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l'entend et sacrifie, purement et simplement, 320 000 hommes. Pour les Français, 1915 est une année sans horizon. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d'une Union sacrée qui a vécu.
    Avec son talent habituel, Jean-Yves Le Naour s'immerge dans le quotidien des Français ; un récit haletant.

  • L'attentat contre Clemenceau : un récit historique aux allures de roman policier !" Coup de revolver contre M. Clemenceau. Le président du Conseil serait légèrement blessé " (
    Le Populaire) ; " Un attentat contre la France victorieuse. Dix balles contre Clemenceau " (
    L'Action française) ; " Le criminel serait un anarchiste " (
    La Croix) ; " Vive Clemenceau ! " (
    Le Petit Parisien) : la une des journaux, le 20 février 1919, dit assez l'émoi suscité par la tentative d'assassinat dont fut victime le " Père la Victoire " le jour précédent.
    La veille, en effet, à 8 h 40, Clemenceau prend place à l'intérieur de la Rolls-Royce conduite par son chauffeur Coujat pour se rendre au ministère de la Guerre. À l'angle de la rue Franklin et du boulevard Delessert, un jeune anarchiste, Émile Cottin, surgit et fait feu à sept reprises sur la voiture, blessant le président du Conseil. Moins d'un mois plus tard, Cottin est condamné à mort, mais le " Tigre ", fidèle à ses principes, obtient que sa peine soit commuée en dix ans de réclusion.
    Jean-Yves Le Naour, fort de sa connaissance de la période, dont il est l'un des meilleurs spécialistes, enquête avec son talent coutumier pour raconter les ressorts de cet assassinat manqué dont Clemenceau portera les stigmates jusqu'à la fin de ses jours. Un récit qui se lit comme un roman policier.

  • Ils ne sont pas morts et pourtant ils ne sont jamais rentrés du Front où la Grande Guerre les avait envoyés. Le baptême du feu, l'horreur, la tragédie, ils n'ont pas tenu et sont devenus fous ou paralysés. Jean-Yves Le Naour revient sur l'histoire méconnue de ces soldats qu'on estime aujourd'hui au moins à 100.000... Un livre émouvant qui a touché le grand public et reçu le prix du grand livre d'histoire 2011.
    C'est par la révolte d'un paysan, Baptiste Deschamps, qu'a été révélé le sort atroce qu'on réservait aux poilus atteints du syndrome du shell shock, ces soldats qui n'avaient pas résisté psychologiquement à l'épreuve du feu et que l'on avait retrouvé pétrifiés, l'air hagard, parfois même fous. En haut lieu, on les appelait les " embusqués du cerveau ", soupçonnés d'être des simulateurs. Pour le prouver, on les soignait à coups de décharges électriques. Les Français n'en auraient sûrement jamais rien su si Baptiste Deschamps n'avait été traduit en justice parce qu'il refusait d'être brutalisé. L'affaire fit scandale et ouvrit la boîte de Pandore des traumatismes de guerre. Jean-Yves Le Naour donne ici toute la mesure de ce drame méconnu à travers le récit tragique et émouvant de ces soldats de la honte.En quelques années, Jean-Yves Le Naour est devenu l'un des meilleurs historiens de la Grande Guerre, à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages. Les Soldats de la Honte a reçu le Grand Prix du livre d'histoire Ouest-France-Société Générale.

  • Julien Chapelant a été fusillé le 11 octobre 1914 pour reddition. Blessé, la jambe fracturée, il a été fusillé ligoté sur son brancard, ce qui a révolté l'opinion et soulevé des débats parlementaires jusqu'en 1934.La question qui se pose encore aujourd'hui est : le sous-lieutenant Chapelant était-il coupable ou innocent? A la manière d'un enquêteur, Jean-Yves Le Naour nous livre les faits et les témoignages qu'il a pu recueillir tout au long de son travail d'investigation. Il fait un travail d'historien inédit : donner la parole aux accusateurs et aux défenseurs. Au lecteur de se faire sa propre opinion.

  • Le premier livre sur la place de l'islam durant la Première Guerre mondiale, durant laquelle 600 000 soldats musulmans servirent la France.Entre 1914 et 1918, l'Allemagne de Guillaume II cherche par bien des moyens à allumer dans les Empires français et anglais une rébellion massive des musulmans. Pour ce faire, quoi de mieux que de pousser le sultan de Constantinople à proclamer la guerre sainte contre les chrétiens ? Tout est pensé, mûri, réfléchi par les stratèges allemands : le panislamisme et le djihad assureront la victoire du Reich.
    Ce projet, pris très au sérieux dans les ministères de Berlin, Londres et Paris, fut un échec, au sein d'un Empire ottoman en décomposition comme au Maghreb : Marocains, Tunisiens et Algériens servirent massivement dans l'armée française, et tous payèrent leur fidélité au prix du sang. Si les peuples musulmans exigèrent, durant et après la guerre, des droits nouveaux, ce fut le panarabisme, non le panislamisme, qui servit d'étendard commun.
    Pour rendre compte de cette réalité totalement méconnue, et pourtant passionnante, de l'histoire de la Grande Guerre et restituer tant les plans allemands que les questions qui traversèrent alors le monde musulman sous domination européenne, il fallait la connaissance intime de la période et le sens du récit de Jean-Yves Le Naour.

  • Avec ce troisième opus de sa série-événement, Jean-Yves Le Naour poursuit avec talent son ambition : nous faire pénétrer les coulisses de la Grande Guerre grâce à une relecture originale et au plus près des réalités des quatre années du premier conflit mondial.Après les cruelles désillusions de 1914 et les offensives répétées, aussi meurtrières que vaines, de 1915, les stratèges tirent en 1916 les leçons de la guerre des tranchées et envisagent désormais de mener le conflit en scientifiques : finies les attaques à outrance de l'infanterie, place au feu roulant de l'artillerie, aux orages d'acier qui doivent tout annihiler sur leur passage. Et pourtant, malgré les dizaines de millions de bombes lancées sur Verdun ou sur la Somme, le sacrifice des soldats français ou allemands a raison des espoirs placés dans ces batailles de matériel.
    Les opinions s'émeuvent, les députés ruent dans les brancards, l'Autriche-Hongrie s'épuise, la Russie se disloque, la Roumanie est écrasée, le pacifisme relève la tête et les poilus commencent à affirmer qu'ils en ont assez ! Mais comment sortir de l'abîme ?
    Tandis que la Grande-Bretagne est prête à se battre jusqu'au dernier Français, l'Allemagne affamée hésite entre une paix négociée et le jusqu'auboutisme de la guerre sous-marine, et les États-Unis, en embuscade, se verraient bien en faiseurs de paix sur le Vieux Continent.
    Avec le sens du récit qu'on lui connaît, Jean-Yves Le Naour alterne les points de vue d'en haut et d'en bas, et nous fait pénétrer dans les coulisses de la vie politique comme dans les cuisines des états-majors. Après
    1914. La grande illusion et
    1915. L'enlisement,
    1916. L'enfer est le troisième volume d'une série qui renouvelle l'histoire de la Grande Guerre.

  • 1918 ou l'année de l'étrange victoire.
    L'issue de la Première Guerre mondiale est connue de tous et pourtant, en avançant avec les doutes, les peurs et les tâtonnements des contemporains, Jean-Yves Le Naour fait revivre une année à suspense. Il ravive de sa plume alerte le cours des mois chaotiques qui conduisent à l'étrange victoire alliée. Au printemps 1918, par trois fois - en mars, avril et mai -, Français et Britanniques ont le sentiment de frôler la défaite. On a l'impression de rejouer septembre 1914 ! On se bat sur la Marne, et Paris, bombardé, est en proie à la panique. De tous côtés, les fronts se resserrent : depuis mars 1918, la paix signée avec la Russie bolchevique libère 1 million de soldats allemands pour l'Ouest. Une course contre la montre s'engage avec un unique objectif : tenir. À l'été 1918 rien n'était écrit et l'Allemagne pouvait encore l'emporter. Fidèle aux précédents volumes, ce dernier opus dévoile les coulisses politiques en s'appuyant sur des sources inédites : les rivalités entre Pétain, Foch et le Britannique Douglas Haig, les guerres d'ego qui ont paralysé la situation au point de compromettre la défense nationale. Fait nouveau, par rapport à 1914-1917, les militaires sont désormais sous la coupe de Clemenceau et de Lloyd George. Passant d'un front à l'autre, Jean-Yves Le Naour nous entraîne jusqu'au dénouement avec sa maestria coutumière.

  • «Si l'Histoire n'a retenu que les exploits du chasseur, c'est parce que le lion n'a pas d'historiens», écrit Jean-Yves Le Naour. À côté des grandes figures de proue, des êtres ordinaires ont eux aussi «fait» l'Histoire. Les destins des «oubliés» choisis ici éclairent d'un jour nouveau la vie politique ou sociétale du XXe siècle : la résistance allemande au nazisme à travers le portrait de Sylvin Rubinstein ; le combat pour le suffrage féminin dans l'entre-deux-guerres par Louise Weiss ; la prise de conscience écologique incarnée par René Dumont ; la révolte des prostituées emmenée par Grisélidis Réal ou encore la fronde du torero Manolete sous le franquisme...
    Souvent au péril de leur vie, ils ont défendu la liberté à l'instar du prêtre polonais Jerzy Popieluszko ou de l'Irlandais Bobby Sands, et furent parfois les révélateurs d'une époque dans ses excès : le dopage avoué par le coureur cycliste Tom Simpson, le star-system pour le footballeur George Best.
    Ainsi, Les Oubliés de l'Histoire racontent-ils une autre histoire, incarnée et empathique, familière et ignorée, mais tellement plus humaine.
    Les Oubliés de l'Histoire ont inspiré la série télé du même nom diffusée, en 2017, sur Arte et Planète +. Les replays de la série, documents iconographiques et réactions du public sont consultables sur le site : www.lesoubliesdelhistoire.fr

  • 1917, l'année-charnière.1917 est une année de rupture. Le peuple épuisé, las de la guerre, doute et réclame la paix. Chacun cherche une porte de sortie honorable : le gouvernement français hésite, la Grande-Bretagne s'effraie, le chancelier allemand Bethmann-Hollweg, qui voudrait en finir, est congédié, tandis que la Russie renverse le tsar. L'empereur d'Autriche-Hongrie, Charles Ier, et le pape Benoît XV élaborent quant à eux des projets de paix. En vain, personne n'étant prêt à en payer le prix.
    1917 est aussi l'année décisive du conflit qui marque la véritable naissance du XXe siècle, avec ces deux tremblements de terre que sont la révélation de la puissance américaine et la révolution bolchevique. La guerre, non plus nationale mais idéologique, échappe aux Européens et fait apparaître un monde nouveau, coincé entre deux messianismes : l'idéalisme wilsonien et le communisme.
    Après
    1914. La grande illusion, 1915. L'enlisement et 1916. L'enfer, Jean-Yves Le Naour continue de mettre son talent narratif au service de l'histoire et raconte avec brio cette année charnière. Se fondant sur des archives inédites et mêlant les expériences du peuple à celles des hauts fonctionnaires, il dresse un tableau complet qui n'épargne aucune grande figure. De l'échec de Ribot, alors président du Conseil, lors des négociations avec l'Autriche, aux basses manoeuvres de Clemenceau pour parvenir au pouvoir, tout est révélé.

  • Le 1er février 1918, un soldat amnésique est interné à l'asile psychiatrique du Rhône. Tous les moyens sont employés pour l'identifier et le rendre à sa famille. Son portrait s'étale à la une des journaux et est affiché sur les portes de toutes les mairies. Plusieurs centaines de familles reconnaissent en lui un père, un fils ou un frère disparu à la guerre. Comment départager ces familles qui n'arrivent pas à faire le deuil de leur proche disparu ? Une longue et douloureuse enquête débute. Elle dure tout l'entre-deux-guerres et s'achèvera sur un procès à rebondissements où s'opposent tous ceux et celles qui ont reconnu en l'amnésique un de leurs parents. Les contemporains sont fascinés par cet homme sans passé : Jean Anouilh s'empare du fait divers pour écrire son Voyageur sans bagage et la presse baptise rapidement l'amnésique « le soldat inconnu vivant ». Cette histoire singulière révèle en réalité une profonde souffrance née de la Grande Guerre, une douleur intime et collective : celle du deuil impossible à faire pour les familles des soldats disparus. Dans une société qui voudrait tant oublier et qui n'en finit pas de se souvenir, il n'y a pas plus de certitudes que de corps à pleurer.

  • Il était une fois la Grande guerre !
    Ce livre a pour but de faire le point des recherches universitaires les plus récentes et à les rendre accessibles à tous. Pour ce faire, nous ferons régulièrement appel à l'anecdote qui permet de fixer les connaissances. Être sérieux sans être ennuyeux, tel est notre but. Nous nous efforcerons de comprendre les causes de la Première Guerre mondiale, de montrer en quoi la Grande Guerre est radicalement différente de tous les conflits qui ont précédé. Ces quatre années qui s'écoulent de 1914 à 1918 et qui ont semblé durer un siècle pour ceux qui les ont vécues ont bouleversé le monde. En 1919, la Belle Époque est bien morte : l'Europe est ruinée, durablement traumatisée par la perte de 10 millions d'hommes jeunes, travaillée par des forces souterraines qui portent en elles les germes du totalitarisme. Surtout, la Première Guerre mondiale a ruiné les espoirs et les assurances du siècle précédent : le bonheur et le progrès ne sont plus que des mots creux, et plus personne ne croit à la marche ascendante de la science au service de l'humanité. Sur les décombres de la pensée européenne, de nouvelles fois font pourtant leur apparition : celle de l'homme nouveau prôné par le communisme, celle de l'homme régénéré soutenu par les fascismes, tandis que les démocraties, vidées de leur substance et sans énergie, se replient sur le pacifisme comme exutoire à la prochaine guerre, idéologique cette fois-ci, qui se profile à l'horizon. C'est aussi pour comprendre ce monde nouveau qui procède des tranchées de la Grande Guerre que ce livre est écrit. En un mot, étudier 14-18 vous fera comprendre le XXe siècle.

  • 1914-1918 ; l'intégrale

    Jean-Yves Le Naour

    • Perrin
    • 27 Septembre 2018

    La série référence sur la Grande Guerre en un unique volume.Offrant une synthèse dynamique des événements, Jean-Yves Le Naour, restitue au galop de sa plume ces effroyables années de guerre, quatre années de malheur au plus près du quotidien des Français. Alternant les points de vue d'en haut et d'en bas, s'attachant aux rumeurs comme aux faits établis, au ressenti aussi bien qu'au vécu, l'auteur livre un récit haletant des cinq ans (1914,1915,1916,1917,1918) qui ont changé le monde.
    Le Naour offre sa relecture singulière de ce moment de l'histoire, centrée sur l'être humain au coeur de ce drame mondial. Voici le roman vrai et la saga épique de la Grande Guerre. Un récit vivant, poignant, qui mêle avec brio faits, sentiments et réalités de la guerre.

  • En 2011 seront célébrés les trente ans de l'abolition de la peine de mort en France. Une idée qui cheminait depuis deux siècles et donna lieu à des combats et des débats d'une extrême violence. La loi Badinter en 1981 allait en marquer la fin... Jean-Yves Le Naour raconte ici la genèse dans une synthèse remarquable.
    " Si je prouve que la société en faisant mourir un de ses membres ne fait rien qui soit nécessaire ou utile à ses intérêts, j'aurai gagné la cause de l'humanité. " Par ces mots, Cesare Beccaria invente en 1764 l'abolitionnisme qui ouvre le débat sur la peine de mort au siècle des Lumières. De Voltaire à Camus, en passant par Lamartine, Victor Hugo ou Jean Jaurès, la peine capitale est denoncée comme l'expression d'une justice aussi sommaire que cruelle et contraire à la simple humanité.De fait, ce pouvoir - laisser vivre ou " donner la mort " - suscite un malaise grandissant dans la France catholique. Fonctionnant à l'aube depuis 1832, à même le sol et non plus sur une estrade depuis 1870, la guillotine finit par être reléguée en prison en 1939, tandis que les circonstances atténuantes et la grâce présidentielle réduisent sans cesse le nombre de têtes abandonnées au bourreau. Cependant, de 1959 à 1981, dix-sept personnes sont encore décapitées.En racontant plus de deux siècles de débats politiques et philosophiques, appuyés sur une riche et rigoureuse documentation, l'historien Jean-Yves Le Naour éclaire cette part d'ombre au pays des droits de l'homme. De la Terreur des révolutionnaires à la guerre d'Algérie, la guillotine fut, on ne le sait pas assez, trop souvent élevée au rang d'instrument de gouvernement.Il faudra attendre 1981 et Robert Badinter, ministre de la Justice, pour clore le débat : " Le temps est venu d'assumer nos angoisses et de nous appliquer à en réduire les causes. Le temps est venu de se comporter en adultes, même devant le crime. " Grâce à lui, la peine de mort fut officiellement abolie le 9 octobre 1981.Historien du XXe siècle, professeur en classes préparatoires, Jean-Yves Le Naour est l'auteur de nombreux ouvrages, dont récemment chez Perrin Les Soldats de la honte.

  • Imagine-t-on qu'à la veille de fuir la capitale, le 2 septembre 1914, le gouvernement français convoque Mme Fraya, une voyante mondaine, pour lui demander si l'ennemi s'emparera de Paris ? Sait-on que le président Raymond Poincaré a reçu cette même Mme Fraya à l'Élysée en 1917 pour lui poser des questions sur la fin de la guerre ? Ou encore qu'il a reçu une jeune bergère vendéenne qui, se croyant une nouvelle Jeanne d'Arc, prétendait avoir reçu de Dieu la mission de bouter l'ennemi hors de France ? Le prophétisme et la voyance : un aspect méconnu de la Grande Guerre. Pour répondre aux angoisses des Français, en ces temps de malheur, d'innombrables prédictions, des plus farfelues souvent, professées par divers charlatans, voyants, médiums ou autres tireuses de cartes, sont faites. Cette envolée de l'irrationnel est conditionnée par la peur de la mort. On se raccroche à tout ce qui peut redonner un peu de confiance. Jean-Yves Le Naour rend compte ici d'une culture populaire, longtemps ignorée par les historiens, et offre une nouvelle approche pour la compréhension du premier conflit mondial.

  • Ils sont 177. Venus des quatre coins du pays, ils sont bretons, basques, alsaciens, normands, français de Tunisie, de Nouvelle-Calédonie et d'ailleurs. Parmi eux, des hommes qui croient au ciel et d'autres qui n'y croient pas, des hommes de gauche et de droite, des ouvriers et des bourgeois. Ils sont différents, et pourtant semblables, tous mus par le même idéal : vaincre l'Allemagne nazie et libérer la patrie. Mais pour devenir Béret vert, pour intégrer les prestigieux commandos britanniques qui vont ouvrir la voie au débarquement de Normandie, ils doivent en passer par un entraînement exténuant sous l'égide du commandant Kieffer, au terme duquel les moins valeureux sont impitoyablement éliminés. Moqué à cause de son allure juvénile, René Rossey a dû mentir sur son âge pour pouvoir rejoindre les Français libres en Angleterre. Lui qui n'a pas 17 ans, il s'accroche, veut prouver qu'il est un homme. Ils ne sont que 177 Français ce 6 juin 1944 aux côtés de 150 000 Américains, Anglais et Canadiens. Mais, ce jour-là, ils sont toute la France. Avec un grand souffle romanesque, l'auteur nous fait découvrir une dimension méconnue de cette page de notre histoire sur laquelle nous pensons avoir tout lu.

  • Un conflit terrible, une génération sacrifiée, la France meurtrie.
    10 millions de morts, 20 millions de blessés, l'auto-destruction de l'Europe, la révolution bolchevique en Russie, la révélation de la puissance américaine et la naissance du fascisme : la Première Guerre mondiale a fait naître le XXe siècle.
    Ce Petit livre vous livrera toutes les clés pour comprendre la Grande Guerre : les crises qui ont provoqué le conflit, les rivalités économiques et coloniales, les questions nationales, le déroulement de la première guerre "totale". Un conflit qui fut industriel, psychologique, terroriste... terrible.
    Et dans la paix duquel on voit déjà en 1919, les prémices de la Seconde Guerre mondiale.

  • Cet ouvrage de référence consacré à la Grande Guerre restitue, de manière claire et accessible, les grandes étapes du conflit et plonge le lecteur au coeur des événements qui ont bouleversé le monde.
    Le texte de Jean-Yves Le Naour, historien spécialiste du premier conflit mondial, s'adresse à des lecteurs avides de connaissances approfondies sur la guerre mondiale de 1914-1918.
    L'auteur livre un texte passionnant et enlevé, un récit poignant et riche en anecdotes qui donne au lecteur des repères chronologiques très précis permettant de mieux comprendre le déroulement des opérations et les grandes étapes de cette sombre période, tout en plongeant dans le quotidien de ceux qui l'ont vécue.

  • Il est de bon ton de critiquer Plus belle la vie, série emblématique et quotidienne de France 3. Les intellectuels la dénigrent, l'extrême droite l'exècre, les islamistes la vomissent, et pourtant, chaque soir, ce programme démarré en 2004 et qui compte plus de 2 000 épisodes rassemble une moyenne de cinq millions de téléspectateurs. Cette réussite est-elle un hasard ? Rendez-vous familial fédérateur, Plus belle la vie ne correspond à rien de connu, avec son audience atypique qui réunit des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des ouvriers et des diplômés du supérieur. On la dit politiquement correcte, et pourtant on y voit des homosexuels s'embrasser langoureusement et des drogués se piquer à l'héroïne, à la grande fureur du CSA. Parce qu'elle porte l'ambition de parler du monde tel qu'il est à travers la chronique d'un quartier, d'être un « laboratoire humain » et une caisse de résonance des problèmes de société contemporains, cette série dit quelque chose de la France et des Français : mais de quoi Plus belle la vie est-elle le nom ?

  • En 1916, le Christ apparaît à une bergère vendéenne et lui confie la mission de bouter les Allemands hors de France. Surnommée « la nouvelle Jeanne d'Arc », la jeune Claire Ferchaud suscite tout d'abord l'enthousiasme des croyants qui espèrent en l'intervention divine pour que la victoire soit donnée à la France, « fille aînée de l'Église ». Mais la République laïque et anticléricale n'est pas une fille obéissante, et si le président Poincaré reçoit la bergère à l'Élysée, sa mission militaire et religieuse est bloquée par les autorités publiques. C'est que l'affaire est politique : pour que la France soit victorieuse, le Christ a exigé que le pays se repente de ses erreurs républicaines et place son Sacré-Coeur sur le drapeau national. Derrière cette histoire singulière, se profilent des luttes de pouvoir entre l'Église et l'État mais aussi à l'intérieur de l'Eglise entre républicains ralliés et réactionnaires patentés. À travers l'épopée dérisoire d'une Jeanne d'Arc en bleu horizon, Jean-Yves Le Naour explore les rapports complexes entre foi, patriotisme et politique, sur fond d'une société traumatisée par la guerre et prête à tout croire pourvu qu'on lui promette la fin des combats.

  • Cette bande dessinée nous présente l'histoire de la gauche depuis les origines jusqu'à nos jours sous une forme humoristique. L'historien Jean-Yves Le Naour s'est associé au dessinateur Marko pour retracer la naissance de ce mouvement politique en convoquant Dieu et Jésus pour en expliquer la genèse jusqu'à nos jours.
    Le livre offre ainsi au lecteur un panorama complet de l'histoire de la gauche à travers ses personnages les plus emblématiques ainsi que tous les courants politiques qui lui sont affiliés.

  • Sans passion pour l'armée, il sera pourtant le père des commandos
    français. Ce dandy des Antilles n'a même pas fait son service
    militaire, dispensé comme Français de l'étranger. Pourtant, le jour
    de la déclaration des hostilités, en septembre 1939, il s'engage
    comme matelot. Refusant la défaite de juin 1940, il répond à l'appel
    du Général de Gaulle et s'engage dans les Forces françaises libres.
    Impressionné par les méthodes des commandos britanniques, il intègre
    les prestigieux bérets verts et constitue en 1942, avec une
    vingtaine de volontaires, ce qui deviendra les « Commandos Kieffer
    ». Son but : participer au grand débarquement qui doit libérer la
    France...

  • L'homme qui commanda la 2e DB et libéra Paris Fin 1940, le colonel
    Philippe Leclerc, aux ordres de de Gaulle, décide d'attaquer Koufra,
    une oasis libyenne située à plus de 1 500 km. La mission semble
    démentielle, car il faut traverser la ramla, un sable dans lequel les
    voitures s'enfonceront, puis la hamada, le reg, la roche mise à nue
    par le vent. Sans compter ces montagnes qui culminent à plus de 3 000
    mètres. Le tout sans routes, sans cartes, sans point d'eau et avec le
    vent. Pourtant, avec 400 hommes et 56 véhicules, Leclerc va tenter
    l'impossible pour mettre en déroute l'armée italienne.

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