Jean-Yves Fick

  • La poésie, quand elle dit notre expérience du réel, devient cette expérience même. Elle est recherche jusque dans le plus simple : ce qui ici, dans la déambulation, dans la confrontation à la beauté élémentaire, la force des éléments qui nous rejoignent au plus près, advient comme simple présence.

    Expérience tendue, qui se fond au pays exploré, traces de la guerre, force d'une roche, et l'humilité de celui qui se présente à eux.

    On reconnaîtra le travail de voix et d'images que Jean-Yves Fick mène depuis Strasbourg sur son site Gammalphabets. Alors comment rendre ce travail avec les ressources du livre numérique ? Les images n'illustrent pas le texte - elles sont plutôt un voyage, qui s'amorce depuis des points précis du texte, passeront par une mosaïque qui les rassemble toutes, vous permettant de resurgir depuis l'image vers un autre point du texte.

    Et c'est ici, peut-être, que cette poésie à l'épreuve du réel, se minéralisant comme lui, devient ce rêve qui nous emmène sans plus savoir d'où nous voyageons, entre la carte des images (création epub Gwen Català) et l'arborescence des mots.

    Laisser alors ce glissement même porter jusqu'à nous cette voix ténue mais insistante, comme ce que Stendhal nomme "promené au long du chemin". C'est notre propre expérience alos qui est convoquée, et ce rêve par quoi les images emportent les mots nous emporte à notre tour.

    FB

  • Blancs

    Jean-Yves Fick

    Nous avons le plaisir de vous présenter une nouvelle - et fructueuse - collaboration entre Louise Imagine et Jean-Yves Fick, un magnifique volume alliant poésie et photographie, et qui vient enrichir la collection Horizons.
    À l'injonction constante du sens, on peut sans doute encore risquer l'hypothèse que « l'essentiel est dans les marges »(Reverdy), voire dans les blancs, les espaces muets que signe la page. On a aussi laissé l'écriture aller aux blancs de la toile brute, ou apprêtée, sur lesquels les peintres laissent leurs gestes déployer ce qui, avant leur faire, l'inconnu de leur geste, ne se pouvait ni connaître ni espérer. La poésie, la peinture : que disent-­elles, en somme ? Et qu'est toute parole, sinon « une hérésie du silence » ? Espaces, intervalles, interstices et silences. Autant d'énigmes, et parfois douloureuses. Puis des voix, pour un temps nu. Leurs mémoires. Questions auxquelles viennent ici répondre et les blancs et les récits instantanés des photographies déposées par Louise Imagine. Leurs dons. Et la même énigme recommencée : que disent de nous, juste là, sous nos yeux, ces eaux, ce fragment d'un rivage, le silence et l'intervalle, et toute la marche, toute la danse des formes ? Et quelle, leur lumière, là, juste là, sous nos yeux ? Dans nos mains, la pierre blanche du temps, et le vol songeur d'un oiseau de mer, juste où nous levons les yeux.

  • En italien, le temps dérobé, celui qui s'affaisse sous nos pieds et ouvre au vertige. Rubato, c'est en musique l'appel à la libre exécution : de retards en accélération, l'instrumentiste décide seul de l'allure et du temps, et les notes de s'échapper du temps donné sur la renverses - l'ombre et la libre et sans dessein - ...

empty