Jerome Alric

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    Préface de René Schaerer

    En cancérologie et en soins palliatifs, poussés par une forte attente sociétale, les psychologues sont aujourd'hui invités à rencontrer les malades et les proches afin de les aider à articuler une parole claire, rationnelle et raisonnée, au plus près du discours médical. L'approche psychanalytique soutenue dans cet ouvrage consiste à effectuer un pas de côté vis-à-vis de cette posture de soin qui force la vie psychique.

    Il arrive que la maladie grave et la menace de mort deviennent l'occasion d'une parole autre sur soi  et d'une véritable transformation subjective. A contrario, certains malades, notamment en fin de vie, refusent de produire tout effort de mentalisation et préfèrent rester tranquilles ; il est alors tout à fait important de respecter cette ultime volonté. Mais le plus souvent, plus modestement, la pratique psychanalytique quotidienne aide le patient à retrouver sa parole et à se dégager du bain médico-technique qui tend à gommer les moindres variations subjectives.

    Les auteurs de cet ouvrage donnent à ce travail de construction de sens toute la valeur qui lui revient. Dans cet écart entre ce qui a été communiqué au patient et ce que lui-même en dit, vient justement se loger la part désirante, qui lui permet, autant que possible et parfois jusqu'au moment de sa mort, de rester vivant avec la maladie.

    Mise en vente le 7 mai 2015.

  • Pour penser la mort et penser à proximité de la mort, l'humain a besoin de mythes. De nos jours et depuis les années 1970, le mythe à l'oeuvre est celui d'un individu capable d'anticiper sa propre mort, de la parler et de l'apprivoiser.
    A partir de leur clinique quotidienne en soins palliatifs, Jérôme Alric et Jean-Pierre Bénézech montrent combien ce mythe, non seulement peut s'avérer traumatique pour la vie psychique, mais aussi et surtout comment il participe à construire une idéologie inquiétante de la «Bonne mort».
    A partir de la pierre angulaire de l'impossible représentation de sa propre mort, mais aussi en donnant toute sa place au sentiment d'éternité qui existe en tout un chacun, ils proposent des réflexions croisées qui requestionnent les discours et les pratiques actuelles toujours plus normées et normalisantes des soins de fin de vie.
    «La mort ne s'affronte pas... !» constitue - sinon un affront à la pensée contemporaine pragmatique - tout du moins une proposition qui a l'ambition de remettre l'humain et sa fragilité constitutive au centre des débats sur cette question.
    Jérôme Alric est psychologue-psychanalyste, il travaille au Département des soins palliatifs du CHRU de Montpellier. Il est docteur en psychopathologie et chargé d'enseignement aux universités de Montpellier et de Nîmes. Il est également membre du Comité Scientifique de la SFAP (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs).
    Jean-Pierre Bénézech est médecin, il travaille au Département des soins palliatifs du CHRU de Montpellier. Il a déjà publié «La douleur chronique : une face cachée de la résilience» aux éditions Sauramps médical en 2005 et «Les douleurs chroniques : Quelle espérance ?» aux éditions Sarment/Jubilé en 2008.

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