Joy Sorman

  • A la folie

    Joy Sorman

    « Ce jour-là j'ai compris ce qui me troublait. Peut-être moins le spectacle de la douleur, de la déraison, du dénuement, que cette lutte qui ne s'éteint jamais, au bout d'un an comme de vingt, en dépit des traitements qui érodent la volonté et du sens de la défaite, ça ne meurt jamais, c'est la vie qui insiste, dont on ne vient jamais à bout malgré la chambre d'isolement et les injections à haute dose. Tous refusent, contestent, récusent, aucune folie ne les éloigne définitivement de cet élan-là. »

    Durant toute une année, Joy Sorman s'est rendue au pavillon 4B d'un hôpital psychiatrique et y a recueilli les paroles de ceux que l'on dit fous et de leurs soignants. De ces hommes et de ces femmes aux existences abîmées, l'auteure a fait un livre dont Franck, Maria, Catherine, Youcef, Barnabé et Robert sont les inoubliables personnages. À la folie est le roman de leur vie enfermée.

  • La peau de l'ours

    Joy Sorman

    Le narrateur, hybride monstrueux né de l'accouplement d'une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ayant progressivement abandonné tout trait humain pour prendre l'apparence d'une bête, il est vendu à un montreur d'ours puis à un organisateur de combats d'animaux, traverse l'océan pour intégrer la ménagerie d'un cirque où il se lie avec d'autres créatures extraordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans la fosse d'un zoo. Ce roman en forme de conte, qui explore l'inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau d'un ours. Une manière de dérégler nos sens et de porter un regard neuf et troublant sur le monde des hommes.

  • Sciences de la vie

    Joy Sorman

    • Seuil
    • 17 Août 2017

    Nombre de médecins qui se sont penchés sur les cas saugrenus de la famille de Ninon Moise ont échoué à les guérir, parfois même à simplement les nommer. Depuis le Moyen Âge, les filles aînées de chaque génération sont frappées, les catastrophes s'enchaînent. Ninon, dix-sept ans, dernière-née de cette lignée maudite, a droit à un beau diagnostic : allodynie tactile dynamique, trois mots brandis pour désigner ce mal mystérieux qui brûle la peau de ses bras sans laisser de traces, et sans explications.
    Mais Ninon, contrairement à ses aïeules, ne se contente pas d'une formule magique, veut être soignée par la science, et entend échapper au déterminisme génétique, aux récits de sorcières qui ont bercé son enfance, pour rejoindre le temps, adulte, des expériences raisonnées. C'est une décision, celle de contrarier sa propre histoire, de s'inventer une nouvelle identité, de remonter le courant de son intuition initiale, qui lui a fait dire un 19 janvier au réveil je suis maudite comme toutes les autres.
    Formidable odyssée de la peau, ce roman de Joy Sorman tend le fil suspendu du destin dans le labyrinthe des énigmes médicales, où l'emporte toujours " la vie, la vie, la vie décidément ".

  • Boys, boys, boys

    Joy Sorman

    Quand il m'a quittée pour une autre vous étiez toutes l´r pour me dire combien il ne me méritait pas, quand j'ai échoué ´r mes examens vous étiez toutes l´r pour me dire qu'un concours c'est aléatoire, quand j'ai négligé de m'inscrire sur les listes électorales vous étiez toutes l´r pour me dire qu'il n'y avait plus de différence entre la droite et la gauche, quand j'ai eu ma période chanson française vous étiez toutes l´r pour pleurer avec moi au karaoké sur des tubes de France Gall, quand j'ai porté des jupes sur des pantalons vous étiez toutes l´r pour me dire que ça affinait ma silhouette. Vous n'avez jamais voulu me faire de la peine, vous m'avez protégée parce que c'est ça le boulot des copines. Maintenant je veux qu'on me pcte la gueule.

    Boys, boys, boys est le récit d'une fille qui prend les armes et choisit son camp. Avec un projet, presque un projet secret : échapper au mutisme fatal de ses contemporaines, s'inviter chez les garçons, s'emparer de leur parole virile etre féministe autrement.

  • Comme une bête

    Joy Sorman

    'Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon - les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l'apprenti ankylosé par des jours de découpe

  • En 2010, Joy Sorman menait une enquête de terrain sur les immeubles insalubres à Paris, en cours de réhabilitation. Elle visitait les bâtiments, interviewait les habitants, cherchait le moyen de dire ces lieux qui échappent au regard. Cinq ans après, elle y est revenue, pour savoir si l'habitable s'est substitué à l'inhabitable. Après Paris Gare du Nord, immersion d'une semaine dans la plus grande gare d'Europe, Joy Sorman observe ici six adresses parisiennes, comme un "biotope de béton, de pierre de taille et de zinc" au bord de l'effondrement, où tout bouge mais tient par miracle. Une expérience aux frontières du reportage et du récit, de l'enquête et de la dérive urbaine.

  • Du bruit

    Joy Sorman

    "Faire du bruit.
    Matière bruyante, poisseuse, abrasive, qui colle au visage. Le rap de NTM.
    C'est le chant des villes, son pouls saccadé, les soubresauts des mouvements de foule, ce sont les sirènes, les flashes des gyrophares, les vrombissements des travaux, les accidents, les crissements de pneus. Kool Shen et Joeystarr retournent à l'envoyeur les spasmes de la vielle, les dissonances du béton. On ne fait pas plus moderne que le rap, plus industriel, plus historique ; c'est le poumon qui absorbe et recrache les bruits du monde ici et maintenant. Le clou du réel enfoncé dans nos oreilles."

  • Gros oeuvre

    Joy Sorman

    « Je repère un terrain, par exemple un soir d'été en promenade digestive, dans la campagne normande - qui n'est pas encore la Normandie, je n'ai pas besoin de franchir de barrière ou de me glisser entre deux fils barbelés pour accéder à ce terrain, puisque à l'époque pas de propriété qui tienne, pas un seul bout de terre entravé ou interdit d'accès ; je fais juste quelques pas pour me retrouver sur le dit terrain - qui n'est pas encore un terrain puisque pas encore délimité comme tel -, pour me retrouver donc plutôt sur un lopin de terre avec de l'herbe dessus, que je décide de clôturer en comptant mes pas sur quatre côtés, et je dis : ceci est à moi. Clôturer un terrain, creuser un fossé, planter des pieux et en voiture Simone.
    Bon, admettons que clôturer ne suffise pas, qu'il faille ensuite ériger sur l'espace délimité par la clôture, alors ceci est à moi puisque je l'ai construit. Quoi ? La maison. Je l'ai construite la maison. » Gros oeuvre raconte 13 habitations en crise, précaires, ingénieuses, mobiles ou bricolées : autant de manières d'investir un lieu, de construire sa maison. 13 histoires qui posent la même question : que signifie habiter ?

  • Joy Sorman s'est installée pendant une semaine Gare du Nord pour écrire ce livre.
    Convaincue qu'il suffit d'attendre pour que quelque chose surgisse, le lundi 2 mai à 16h40, elle voit successivement apparaître Brice Hortefeux puis une adolescente qui tient par la main un hamster. et voilà son texte lancé. Entre enquête et collection de coïncidences, Paris Gare du Nord est la mise en récit d'un lieu gigantesque et des foules qui le traversent. Une nouvelle manière de dire notre monde contemporain, avec précision, humour et sensibilité.

  • « C'est le big bang qui recommence, un nouveau temps zéro pour l'univers en dilatation. Une explosion de couleurs qui nous tombent sur la tête aussi sûrement que le ciel, sans doute, un jour. Si ce n'est la création du monde, c'est alors sa fin ; et cette fin est si éblouissante que je l'appelle de mes voeux. »
    Joy Sorman

  • Que faire du lit hérité de sa grand-mère ? Quelle place ménager à cet objet trop intime ? D'autant que ce n'est pas n'importe quel lit mais un modèle aux secrets de fabrication bien gardés. Ce legs devient prétexte à une stimulante digression qui nous rappelle que le lit, meuble millénaire et héros de contes, accompagne nos vies dans le rêve ou l'insomnie, dans la maladie et l'amour.
    Joy Sorman a passé plusieurs mois au sein d'une entreprise de literie, dont les portes se sont ouvertes aussi au regard de Frédéric Lecloux. Ils nous invitent à un double récit, littéraire et photographique, qui conduit à regarder son lit d'un oeil nouveau.

  • « Les voyages forment la jeunesse », « il faut bien que jeunesse se passe », « courir après sa jeunesse» Qui est-elle donc, cette jeunesse ? Tour à tour adulée, quand on parle pour elle, et réfrénée, quand elle prend la parole, la jeunesse n´est-elle pas une « invention » ? Et «les jeunes », ne seraient-ils rien d´autre qu´un groupe aux contours flous qui entendent surtout profiter de ce temps de la vie où tout est possible ? Ce livre évoque, avec humour et familiarité, « la culture jeune » et défend la philosophie de la jeunesse, sa rébellion comme sa passivité, son intégration comme son exclusion sans craindre de susciter la polémique. 

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