Gallimard

  • La peau de l'ours

    Joy Sorman

    Le narrateur, hybride monstrueux né de l'accouplement d'une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ayant progressivement abandonné tout trait humain pour prendre l'apparence d'une bête, il est vendu à un montreur d'ours puis à un organisateur de combats d'animaux, traverse l'océan pour intégrer la ménagerie d'un cirque où il se lie avec d'autres créatures extraordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans la fosse d'un zoo. Ce roman en forme de conte, qui explore l'inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau d'un ours. Une manière de dérégler nos sens et de porter un regard neuf et troublant sur le monde des hommes.

  • Boys, boys, boys

    Joy Sorman

    Quand il m'a quittée pour une autre vous étiez toutes l´r pour me dire combien il ne me méritait pas, quand j'ai échoué ´r mes examens vous étiez toutes l´r pour me dire qu'un concours c'est aléatoire, quand j'ai négligé de m'inscrire sur les listes électorales vous étiez toutes l´r pour me dire qu'il n'y avait plus de différence entre la droite et la gauche, quand j'ai eu ma période chanson française vous étiez toutes l´r pour pleurer avec moi au karaoké sur des tubes de France Gall, quand j'ai porté des jupes sur des pantalons vous étiez toutes l´r pour me dire que ça affinait ma silhouette. Vous n'avez jamais voulu me faire de la peine, vous m'avez protégée parce que c'est ça le boulot des copines. Maintenant je veux qu'on me pcte la gueule.

    Boys, boys, boys est le récit d'une fille qui prend les armes et choisit son camp. Avec un projet, presque un projet secret : échapper au mutisme fatal de ses contemporaines, s'inviter chez les garçons, s'emparer de leur parole virile etre féministe autrement.

  • Comme une bête

    Joy Sorman

    'Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon - les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l'apprenti ankylosé par des jours de découpe

  • En 2010, Joy Sorman menait une enquête de terrain sur les immeubles insalubres à Paris, en cours de réhabilitation. Elle visitait les bâtiments, interviewait les habitants, cherchait le moyen de dire ces lieux qui échappent au regard. Cinq ans après, elle y est revenue, pour savoir si l'habitable s'est substitué à l'inhabitable. Après Paris Gare du Nord, immersion d'une semaine dans la plus grande gare d'Europe, Joy Sorman observe ici six adresses parisiennes, comme un "biotope de béton, de pierre de taille et de zinc" au bord de l'effondrement, où tout bouge mais tient par miracle. Une expérience aux frontières du reportage et du récit, de l'enquête et de la dérive urbaine.

  • Du bruit

    Joy Sorman

    "Faire du bruit.
    Matière bruyante, poisseuse, abrasive, qui colle au visage. Le rap de NTM.
    C'est le chant des villes, son pouls saccadé, les soubresauts des mouvements de foule, ce sont les sirènes, les flashes des gyrophares, les vrombissements des travaux, les accidents, les crissements de pneus. Kool Shen et Joeystarr retournent à l'envoyeur les spasmes de la vielle, les dissonances du béton. On ne fait pas plus moderne que le rap, plus industriel, plus historique ; c'est le poumon qui absorbe et recrache les bruits du monde ici et maintenant. Le clou du réel enfoncé dans nos oreilles."

  • Gros oeuvre

    Joy Sorman

    « Je repère un terrain, par exemple un soir d'été en promenade digestive, dans la campagne normande - qui n'est pas encore la Normandie, je n'ai pas besoin de franchir de barrière ou de me glisser entre deux fils barbelés pour accéder à ce terrain, puisque à l'époque pas de propriété qui tienne, pas un seul bout de terre entravé ou interdit d'accès ; je fais juste quelques pas pour me retrouver sur le dit terrain - qui n'est pas encore un terrain puisque pas encore délimité comme tel -, pour me retrouver donc plutôt sur un lopin de terre avec de l'herbe dessus, que je décide de clôturer en comptant mes pas sur quatre côtés, et je dis : ceci est à moi. Clôturer un terrain, creuser un fossé, planter des pieux et en voiture Simone.
    Bon, admettons que clôturer ne suffise pas, qu'il faille ensuite ériger sur l'espace délimité par la clôture, alors ceci est à moi puisque je l'ai construit. Quoi ? La maison. Je l'ai construite la maison. » Gros oeuvre raconte 13 habitations en crise, précaires, ingénieuses, mobiles ou bricolées : autant de manières d'investir un lieu, de construire sa maison. 13 histoires qui posent la même question : que signifie habiter ?

  • Joy Sorman s'est installée pendant une semaine Gare du Nord pour écrire ce livre.
    Convaincue qu'il suffit d'attendre pour que quelque chose surgisse, le lundi 2 mai à 16h40, elle voit successivement apparaître Brice Hortefeux puis une adolescente qui tient par la main un hamster. et voilà son texte lancé. Entre enquête et collection de coïncidences, Paris Gare du Nord est la mise en récit d'un lieu gigantesque et des foules qui le traversent. Une nouvelle manière de dire notre monde contemporain, avec précision, humour et sensibilité.

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