Jules Fournier

  • «Le journalisme mène à tout, proclamait un jour M. Prud'homme. L'auteur de ces lignes a pu vérifier tout à son goût l'exactitude de cette parole. [...] Le journalisme l'a même conduit un jour en prison pour son compte personnel. Charmant souvenir, dont il demande la permission d'entretenir un moment le lecteur.»

    En mai 1909, Jules Fournier publie dans Le Nationaliste un article vitriolique intitulé «La prostitution de la justice». Le jeune polémiste y accuse de partialité François Langelier et François-Xavier Lemieux, deux anciens organisateurs du Parti libéral devenus juges. Outré par le texte, le premier ministre du Québec Lomer Gouin ordonne que Jules Fournier soit traduit en justice. Le 12 juin, dans une salle comble de la ville de Québec, le journaliste comparait devant nul autre que François Langelier! Ce dernier aura tôt fait de le condamner à trois mois de détention.

    Le temps passé à l'ombre lui inspire Souvenirs de prison, publié en 1910, véritable pamphlet dirigé contre le régime en place, mais aussi contre la situation faite aux détenus à la vieille prison de Québec. Avec sa verve rageuse, son humour mordant et sa dérision cinglante, ce récit est un document unique dans les annales de l'histoire du Québec.

  • Jules Fournier n'a écrit qu'un seul roman, Le crime de Lachine. Il en a fait la rédaction, comme il le dit lui-même dans la préface, en une semaine, soit du 19 au 26 décembre 1904, alors qu'il n'a que vingt ans. Il destinait cette oeuvre pour une collection de livres à dix sous, mais par la suite la céda au journal Le Canada qui le servit en feuilleton à ses lecteurs, un an plus tard, du 23 décembre 1905 au 18 janvier 1906. Le roman ne parut jamais en volume par la suite. Voici la première édition. Extrait : Son père semble maintenant revenu des mauvais sentiments qu'il eut à son égard. La perte de Georges, la maladie, puis d'autres épreuves encore l'ont porté à réfléchir, on dirait. Et il paraît aujourd'hui avoir le remords de ses anciennes actions, -- de la conduite qu'il eut si longtemps envers son jeune fils -- le meilleur, il s'en aperçoit enfin. Il ne lui parle plus, comme autrefois, avec injures. On dirait, à certains gestes, à certaines intonations, qu'il se sent gêné en présence de Maurice, qu'il a envie de lui demander pardon de ses longues et cruelles injustices.

  • Michel Rocard par

    Laure Adler, Jacques Attali, Alain Bauer, Alain Bergounioux, Tony Blair, Jean-Marc Borello, Patrick Bruel, Monique Canto-Sperber, Mireille Delmas-Marty, Michael Doyle, Olivier Duhamel, Olivier Faure, Stéphane Fouks, François Hollande, Jean-Paul Huchon, Alain Juppé, Milan Kucan, Bernard Landry, Philippe Meyer, Edgar Morin, Anne Sinclair, Catherine Tasca, Alain Touraine, Manuel Valls, Patrick Viveret.

    Sous la direction de Jules Fournier.

    Michel Rocard avait une préoccupation, l'avenir du monde ; une ambition, la justice sociale ; une exigence, l'éthique en politique. C'est dans le dialogue qu'il s'est construit, lui qui aimait tant développer sa pensée en la confrontant avec celle des autres.
    Dans ce livre, ses proches, politiques, intellectuels et médiatiques, lui rendent hommage. Présidents de la République, Premiers ministres, artiste, professeurs, journalistes - français et internationaux : ils parlent de l'homme et de ses idées autant que de l'héritage politique et intellectuel immense qu'il nous a laissé.

  • A Monsieur Monsieur Morlent au Havre. MONSIEUR,J'ai cruellement souflert depuis le jour où j'ai reçu votre lettre, et le mauvais état de ma santé m'a seul empêché de vous répondre.La nouvelle donnée par les journaux est fausse, et il n'est guère probable qu'elle soit jamais vraie. Si mon frère était nommé, il trouverait bien doux de pouvoir vous offrir un dédommagement au quel (sic) vous avez tant de droits.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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