Julie Martin

  • L'humour coïncide d'ordinaire avec les champs de significations de la gaieté, du divertissement, de la liberté et de la cohésion sociale. Sous ce vernis candide et conciliateur, l'humour est pourtant loin d'être une activité humaine dénuée de violence. Alors que certaines productions humoristiques (plaisanteries quotidiennes, stand-up, films, etc.) portent avec elles une violence aisément (re)connaissable, d'autres en couvent une qui se révèle être beaucoup plus subtile, qu'on peine à discerner. À plus forte raison, cette subtilité s'accompagne souvent d'une banalisation des grands systèmes de domination symbolique comme le racisme, l'homophobie, le sexisme, la transphobie, le capacitisme et plus largement le dédain pour les classes populaires. L'imperceptibilité de cette violence liée aux systèmes de domination est parfois telle qu'elle (pré)dispose certains groupes à en user, (re)produisant par cela les conditions de leur propre marginalisation et/ou minorisation. Ce phénomène, Pierre Bourdieu l'a nommé « violence symbolique ». En adoptant cette notion comme outil de travail, et en la revisitant, ce collectif examine les parts sombres de l'humour, sans pour autant négliger sa puissance critique. Composé de réflexions théoriques et d'études de cas, cet ouvrage a pour but de rendre plus perceptibles ces liens qui unissent humour et violence qu'on peine encore aujourd'hui à discerner.
    Julie Dufort enseigne la science politique au collège André-Grasset et à l'École nationale de l'humour.
    Professeur au département de science politique de l'UQAM, Lawrence Olivier enseigne la méthodologie et la pensée politique.
    Martin Roy est candidat au doctorat en cotutelle internationale de thèse à l'Université d'Ottawa et à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris.

  • L'édition automnale des Cahiers de lecture de L'Action nationale propose la recension de 23 essais sur une foule de sujets variés allant du jazz au courtage financier, du militantisme à l'oeuvre de Fernand Dumont en passant par le duplessisme, l'historien Maurice Séguin, Hydro Québec, le droit civil et la famille. Trois essais portant sur la laïcité sont regroupés afin d'offrir aux lecteurs et lectrices un éventail de points de vue, permettant d'approfondir cette épineuse question. Lisez en marge de ce regroupement thématique des recensions de deux essais d'Osire Glacier sur le féminisme et l'islam. Ce numéro présente aussi en primeur des extraits du livre de Marc Chevrier L'Empire en marche : des peuples sans qualités, de Vienne à Ottawa, paru fin novembre aux Presses de l'Université Laval.

  • La tragédie de Lac-Mégantic a attiré l'attention générale sur le transport ferroviaire et ses dangers. D'aucuns se sont étonnés que le train passe si près du centre-ville. C'est pourtant la ville qui s'est construite autour de la voie ferrée et non l'inverse. Ce rajustement de perspective rappelle le rôle majeur joué par le train dans l'histoire du pays. Sans minimiser les conséquences dévastatrices du déraillement de l'été dernier, le dossier de printemps de Continuité fait acte de mémoire en explorant notre patrimoine ferroviaire, qu'il prenne la forme de véhicules conservés au musée, de gares transformées en centre d'interprétation, de construction de génie toujours en opération ou de tronçons de chemin de fer transformé en piste cyclable, par exemple.

  • Intitulé « Perfomatifs », le numéro 115 de la revue Inter, art actuel nous offre un grand dossier sur l'art performance. Tout d'abord, une « phrase » héroïque de 6000 mots d'Alain-Martin Richard retrace les 35 années d'activités de cette revue qui fait la promotion des arts performatifs depuis ses débuts. Les collaborateurs Jonathan Lamy, Barbara Roland, Julie Fiala, Magalie Uhl, Michaël La Chance, Hervé Fischer, Priscilla Vaillancourt et Patricia Aubé y vont de leurs analyses et de leurs commentaires afin de susciter la réflexion. Un index du performatif - inséré en supplément dans ce numéro - contribue à dresser un portrait actuel de cette forme d'art tout en donnant des outils pour mieux le comprendre. Un document incontournable pour les passionnés de l'art performance.

  • Avec « Québec, ville insolite », Moebius nous invite à oublier les images de carte postale au profit d'une vision plus inhabituelle de Québec. Les écrivains ayant collaboré à ce numéro - Patrick Nicol, Martin Grange, Martine Delvaux, Éric Plamondon, Hélène Matte, pour ne nommer que ceux-ci - prennent plaisir à s'aventurer au-delà des clichés, renversant le regard pour créer de nouvelles perspectives. Car malgré les nombreuses étiquettes terriblement usées qui lui sont accolées, la capitale nationale ne cesse d'attiser l'imagination des écrivains qui s'ingénient à la nommer autrement, « chatouillant le romanesque, soufflant le poème comme du verre de Murano » (Marie-Ève Sévigny). Un numéro piloté par Marie-Ève Sévigny.

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