Léo Malet

  • Ces scènes de la vie des « bas-fonds » parisiens des années 1920, à travers le destin tragique du jeune André Arnal, enfant du malheur et damné de la terre, forment le deuxième volet de la saisissante « Trilogie noire » de Léo Malet.
    Emprisonnéà La Roquette pour délit de vagabondage, Dédé Arnal, 16 ans, est libéré pour retrouver la rue avec un camarade. Ce dernier s'en va défenestrer sa propre mère, qui l'avait donné aux flics pour une peccadille. Arnal quitte très vite un boulot de bête de somme, s'enrôle dans la bande de Fredo le caïd et tombe amoureux fou de sa soeur Gina. Quand il découvre que Fredo est l'amant et le souteneur de Gina, il le tue aucours d'une rixe. il croise ensuite la route de deux misérables gosses régulièrement violés par deux Arabes. Pour se venger de leurs humiliations, ceux-ci assassinent sauvagement une rentière. Au bout de son errance avec Dédé, Gina se débarrasse de l'enfant qu'elle porte de Fredo et en meurt. Dédé est pris et guillotinéà même pas 17 ans.
    Ce récit de la fatalité de la misère, de l'horreur et du crime reste d'une force impressionnante.

  • C'est le premier volet de la « Trilogie Noire », écrite dans les années 1940, oubliée durant un demi-siècle, où Léo Malet romance la misère, la violence, la tentation anarchiste, le surréalisme et la hantise sexuelle, autant de thèmes autobiographiques majeurs.
    Alors qu'il commence à douter du bien fondé de la terreur révolutionnaire, l'anarchiste Jean Fraiger participe à l'attaque sanguinaire d'un convoi de fonds. Il abat sans pitié un des convoyeurs et achève un complice blessé. Nullement intéressé par l'argent volé, traqué, Fraiger poursuit dans Paris son errance suicidaire en se raccrochant à son amour obsessionnel pour Gloria, la fille d'une de ses victimes, qu'il ne peut satisfaire sexuellement. Assailli de rêves nécrophiles, braqueur d'une nouvelle banque, assassin d'une prostituée qui a ri de son impuissance, il pénètre arme aux poing dans un poste de police où il est abattu sur le champ.
    Une publication n'a d'autre but que de révéler l'oeuvre majeure et inconnue de Léo Malet, combinaison populaire de Dostoievski, Bonnot et Breton.

  • Elle portait un négligé de soie. On devinait que le moindre mouvement devait faire s'entrouvrir ce vêtement et laisser apparaître la naissance des seins.
    - Vous sortez de prison ? demanda-t-elle.
    - Depuis trois jours. Je suis Lew Ford.
    - Ford ou Chrysler, dit-elle en souriant.
    A ce moment, le téléphone sonna.

  • Nestor Burma contre C.Q.F.D. est, chronologiquement, la deuxième aventure du bien connu détective de choc.
    Elle se situe en 1942, dans un Paris camouflé, soumis aux alertes et aux restrictions.
    A côté des personnages habituels de la " saga nestorienne ", c'est-à-dire Burma lui-même, sa secrétaire Hélène, l'inspecteur Faroux (pas encore commissaire) et le journaliste-éponge Marc Covet, évoluent un bon-bourgeois-à-surprises, un nain-à-complexes, un maître-chanteur-un-peu-trop-sûr-de-lui, un assassin-adroit... sans oublier les quelques cadavres indispensables à ce genre de récit... et la mystérieuse Lydia dont le charme met en échec le cynisme - peut-être de façade - de Nestor Burma.

  • Sueur aux tripes

    Léo MALET

    Dans quelques instants, les flics seront là, avec leurs flingues et leurs grenades.
    Sans doute tireront-ils sans sommation. Le piège s'est refermé. Traqué depuis des mois, trahi, haï, comment Paul Blondel, "Paulot", le minable voyou qui escroquait les gogos sur le pavé parisien est-il devenu l'Ennemi public numéro 1 accusé de vols et de meurtres? La rencontre fatale de Jeanne, une affranchie soumise à la loi du plus fort, celle d'un caïd de quartier ensuite, et de sa bande, l'entraîne dans une spirale de révolte et de désespoir.
    Parce que la violence le terrifie, parce qu'il connaît sa lâcheté et son abjecte impuissance devant les hommes et le sexe, Paul court à sa perte. Une jeune femme l'accepte cependant. Il est à sa merci. Elle seule pourrait le faire échapper à la meute et à la mort.

  • Une aventure de Nestor Burma, détective de choc.
    Et voici, vénéreux et hostile sous la clarté blafarde de la lune, le château Flauvigny. Il s'étire, s'allonge, se rapetisse ou grandit, selon que j'avance ou recule, au gré fantasque des zigzags. Je gravis le perron sur les genoux. Je saisis le pied d'une des porteuses de flambeaux et me hisse lentement le long de son mollet et de sa cuisse. J'enlace la créature de bronze, je lui palpe les seins, j'embrasse sa bouche froide et me libère, en crachant, du souvenir de métal. Je frissonne et me dirige vers sa copine, en me souhaitant plus de chance. Et, en effet, l'autre est moins froide. Pourtant elle est frileuse, puisqu'elle s'est habillée. Elle porte, sous une cape de fourrure, une chemise de nuit fine, jolie et attirante comme un suaire de fantôme. Elle est pieds nus. Elle n'a pas la couleur du bronze. La lune argente ses cheveux blonds. Elle ne tient pas de flambeau. Et sous l'étreinte, pourtant bien faible de mes bras, elle frémit.

  • Une aventure de Nestor Burma, détective de choc.

    On a beau s'appeler Nestor Burma et être " détective de choc ", je suis comme tout le monde : mon rêve serait de " passer à la télé ". Eh bien, j'y ai fait mes débuts, dans ce sacré milieu... et, cela, grâce à une blondinette nommée Françoise, speakerine de son état. Une môme qui n'était pas un mauvais cheval, mais qui courait moins vite et comprenait encore plus lentement, et qui m'entraîna dans une aventure comme il n'en advient qu'à moi, semée de gnon et de cadavres.
    Ouvrez le bouquin et rendez-vous compte.
    En direct... et en " directs ".

  • Une aventure de Nestor Burma, détective de choc.
    Lorsque, par cette belle nuit de mai, après plus de trente ans d'absence, je débarque dans ma ville natale pour tâcher d'y élucider le mystère de la disparition d'une jeune fille, ça me fait tout drôle. J'éprouve la terrible sensation d'affronter un monde étranger et hostile. C'est que depuis l'époque où je traînais mes guêtres d'adolescent sur le fameux OEuf de la place de la Comédie, il a dû y avoir du changement. Et il paraît, si j'en crois un vieil employé d'hôtel rétrograde, que " c'est plein de fortiches, maintenant ".
    Ces fameux fortiches ne tardent pas à se manifester et entreprennent de me jouer une fameuse... comédie, précisément, dans l'intention délibérée de me prendre pour un... oeuf.
    Mais avec Nestor Burma, détective de choc, il y a maldonne.

  • Burma avait pris ces huit mois de captivité en Allemagne comme de longues vacances.
    Libéré en 1941, il regagne Paris et son agence " Fiat lux", en sommeil depuis le début de la guerre. Pas pour longtemps. A la halte de Lyon, une fusillade éclate et son ex-collaborateur Colomer est abattu sous ses yeux. Il lance dans un dernier cri : "Patron !... 120, rue de la Gare... ". Adieu la morne tranquillité du stalag ! D'où Colomer, éternel fauché, tenait-il le fric retrouvé sur lui ? Comment connaissait-il Montbrison, une star du barreau réfugié en zone libre ? Que faisait sur les lieux cette jeune femme en trench-coat, sosie de l'actrice Michèle Morgan ? Dès sa toute première enquête, Nestor Burma apparaît tel qu'il deviendra légendaire : trop humain, désavoué par la police, drôle et flegmatique, rêveur et toujours génial dans ses déductions.

  • Une aventure de Nestor Burma, le célèbre détective de choc.

  • Une enquête publiée initialement sous le pseudonyme d'Omer Refreger.

  • Une aventure de Nestor Burma, détective de choc.
    C'était une jolie " poupée ", rayée, à la fleur de l'âge, du nombre de vivants, par un boucher qui avait usurpé le titre de chirurgien. Les époux Bonomy, de Montillon (Hauts-de-Seine) (quelque part entre Montrouge et Châtillon), voulaient, trois ans après le drame, que je la venge. C'était une entreprise insensée, vouée à l'échec. Mais ces pauvres vieux étaient si sympathiques...
    Si j'avais su qu'accepter de les aider ferait de moi un maître chanteur à la petite guitare, me conduirait à buter, de-ci, de-là, sur quelques décoratifs macchabées, ferait s'épancher dans mon gilet une ivrognesse au sein coupé, amènerait un adjoint du commissaire Faroux à m'empoisonner l'existence, si j'avais su tout cela l'aurais-je fait quand-même ?
    Oui, même en ignorant que planait sur toute l'affaire l'ombre maléfique d'une autre " poupée ", parée comme une châsse.
    Et t'aurais pas eu tort, Nestor !

  • Une aventure de Nestor Burma, détective de choc.
    ... Une répugnante sueur froide me dégoulina le long de l'échine.
    Elle était là, notre petite fugueuse !
    Plus que nue, dans le désordre suggestif d'une nuisette transparente, allongée sur un plumard bouleversé, son visage exsangue se détachant sur la masse rousse de sa chevelure éparse, elle semblait bonne pour la morgue. Le bras qui pendait, inerte, se prolongeait d'un revolver dont le canon affleurait la descente de lit.
    ... A trois mètres à peine du cadavre de l'autre cornichon.
    Il allait y avoir du sport pour Nestor !

  • Une aventure de Nestor Burma, détective de choc.
    C'était vraiment un drôle de corps, cette Janine ! Et qui, pour une pensionnaire, s'y entendait bigrement, rayon vision d'art !
    Debout, raide comme un piquet, si droite qu'elle en paraissait plus grande, immense, elle était sur ses bas et, à part ses bas mêmes, le noir porte-jarretelles qui les maintenait bien tirés, et un slip bordé de dentelle, elle n'avait rien d'autre.
    Rien d'autres... sauf, dans sa main crispée, le coupe-papier dont elle me menaçait, moi, Nestor Burma, détective de choc.
    Il y avait de quoi en éprouver un !

  • Ce fut dans la nuit du 6 au 7 mars, exactement, donc le jour anniversaire de ma naissance, que Steve Cherrington, que j'avais perdu de vue depuis plusieurs années, se rappela à mon bon souvenir. J'ignore si, en l'occurrence et étant donné la date, il voulut me faire un cadeau, mais ce fut tout comme et, dans l'ensemble, assez gratiné.

  • Les Nouveaux Mystères de Paris : 1er arrondissement C'est de la fenêtre d'une chambre de palace que, par deux fois, Nestor Burma verra le soleil naître derrière le Louvre, avec tout ce qu'une naissance suppose de cris, tant d'amour que de douleur. Il ne s'imaginait pourtant pas être conduit là, alors qu'il sillonnait le carreau des Halles, à la recherche d'un mari volage. Mais, entre-temps, il n'avait pas fait que retrouver l'infidèle. Il y avait eu aussi un cadavre... Et ce cadavre, " du diable entendu ", appelait des cadavres encore.

  • Les Nouveaux Mystères de Paris : 2e arrondissement " La rue des Petits-Champs est parmi celle où l'on rencontre les plus jolies femmes de Paris "..., songeait rêveusement Nestor Burma lorsque entra dans son bureau Esther Lévyberg. Elle venait demander, contre le fantôme de son amant, la protection du détective pour elle et son frère. Son frère qui vendait, rue des Jeûneurs, de la toile au kilomètre. De la toile dont on fait des linceuls...

  • Une aventure de Nestor Burma, détective de choc. Avec ses rochers de granit rose, sa flore quasi tropicale et son climat agréable, l'île de Men-Bahr avait tout pour plaire. D'autant qu'au hasard des promenades, on découvrait dans le décor les deux ou trois cadavres nécessaires à toute enquête menée par Nestor Burma, détective de choc. Mais il y avait quelqu'un de bien vivant : une blonde pulpeuse, une belle bête qui semblait n'avoir froid nulle part, pas plus aux yeux qu'ailleurs. Cette île de Men-Bahr, une véritable île au trésor, pour Nestor.

  • Une enquête publiée initialement sous le pseudonyme de Lionel Doucet.
    "Installé au plus profond d'un fauteuil, dans les vastes locaux (deux pièces) de l'Agence OEil-de-lynx (enquêtes, filatures, toutes missions, de confiance... et même de défiance) dont je suis le réputé et bouillant directeur, je me polissais distraitement les ongles, dans l'attente d'un hypothétique client..."

  • Mort au bowling

    Léo MALET

    Sid Horney, journaliste-détective de choc, est un jeune homme fort séduisant, la cigarette toujours au bec et le chapeau éternellement vissé sur la tête : son porte-bonheur en quelque sorte, car le seul jour où il l'enlève pour assister, avec son rédacteur en chef, à une récepton donnée par le Président du Syndicat du Diamant, il se saoule honteusement et perd sa place.
    Mais le jeune reporter au chômage prendra sa revanche grâce à ce mort fameux, abattu au bowling d'une balle dans la nuque. Il résoudra brillamment l'énigme, avant la police bien sûr, et en se vengeant au passage de son aoncien patron. Il rencontrera aussi l'amour...
    Un roman initialement publié sous le pseudonyme de Frank Harding.

  • "Publié en 1941, sous le pseudonyme de Léo Latimer, cet ouvrage pseudo-américain prépare la naissance du roman noir français. Nestor Burma surgira l'année suivante, dans 120, rue de la gare. [...] À travers les années quarante, les années cinquante et les années soixante, Léo Malet demeure le seul et unique auteur français de romans noirs. Rien certainement ne peut s'aligner près de lui." J. P. Manchette, préface à La mort de Jim Licking

  • L'affaire dépasse de loin la bande des " Rats de Montsouris ", cambrioleurs minables qui écument le XIVe arrondissement, du côté de la Tombe-Issoire. Par l'un de ses membres, ex-camarade de captivité accusé de chantage par un ancien ténor de la magistrature, Nestor Burma apprend qu'il s'agirait de millions en bijoux cachés depuis la fin de la guerre. L'enquête conduit le détective chez le détenteur d'une étrange sculpture, sirène incrustée de coquillages, et un interné de Sainte-Anne, énigmatique auteur de poèmes tout aussi surréalistes. Le plan de vengeance machiavélique que découvre Burma pourrait être considéré lui aussi comme un des beaux-arts...

  • Les Nouveaux Mystères de Paris : 8e arrondissement Tant que Nestor Burma a été le garde du corps d'une star américaine séjournant en France, il ne s'est rien passé de saillant, mais du jour où cette actrice a regagné Hollywood et où notre héros a décidé de prendre des vacances - et de les prendre aux Champs-Élysées -, on croirait qu'un malin scénariste s'est complu à accumuler les gags tragiques dans l'entourage de Nestor Burma, de façon que celui-ci n'ait aucun repos.
    Les drames se greffent les uns sur les autres et le moins douloureux n'est pas celui de Lucie Ponceau, une actrice relativement âgée et depuis longtemps éloignée des écrans, qui ne croit pas à la chance que lui offre un jeune metteur en scène plein de foi en son talent, et qui se suicide à l'heure même où, dans un grand cinéma des Champs-Élysées, son nom est triomphalement acclamé.
    Ainsi qu'il est mentionné au début de tout oeuvre cinématographique, il va sans dire que les héros de Corrida aux Champs-Élysées - héros heureux ou malchanceux, généreux ou criminels - sont purement imaginaires et que toute ressemblance avec des personnes vivantes ou défuntes ne saurait être que le fait du hasard.

  • Une enquête publiée initialement sous le pseudonyme d'Omer Refreger.

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