Laurent Gayer

  • Anglais Karachi: Ordered Disorder and the Struggle for the City

    Laurent Gayer

    • Oxford university press
    • 1 Juin 2014

    With an official population approaching fifteen million, Karachi is one of the largest cities in the world. It is also the most violent. Since the mid-1980s, it has endured endemic political conflict and criminal violence, which revolve around control of the city and its resources (votes, land and bhatta-protection money). These struggles for the city have become ethnicized. Karachi, often referred to as a Pakistan in miniature, has become increasingly fragmented, socially as well as territorially. Despite this chronic state of urban political warfare, Karachi is the cornerstone of the economy of Pakistan. Gayers book is an attempt to elucidate this conundrum. Against journalistic accounts describing Karachi as chaotic and ungovernable, he argues that there is indeed order of a kind in the citys permanent civil war. Far from being entropic, Karachis polity is predicated upon organisational, interpretative and pragmatic routines that have made violence manageable for its populations. Whether such ordered disorder is viable in the long term remains to be seen, but for now Karachi works despite-and sometimes through-violence.

  • Anglais Karachi: Ordered Disorder and the Struggle for the City

    Laurent Gayer

    • Oxford university press
    • 1 Juin 2014

    With an official population approaching fifteen million, Karachi is one of the largest cities in the world. It is also the most violent. Since the mid-1980s, it has endured endemic political conflict and criminal violence, which revolve around control of the city and its resources (votes, land and bhatta-protection money). These struggles for the city have become ethnicized. Karachi, often referred to as a Pakistan in miniature, has become increasingly fragmented, socially as well as territorially. Despite this chronic state of urban political warfare, Karachi is the cornerstone of the economy of Pakistan. Gayers book is an attempt to elucidate this conundrum. Against journalistic accounts describing Karachi as chaotic and ungovernable, he argues that there is indeed order of a kind in the citys permanent civil war. Far from being entropic, Karachis polity is predicated upon organisational, interpretative and pragmatic routines that have made violence manageable for its populations. Whether such ordered disorder is viable in the long term remains to be seen, but for now Karachi works despite-and sometimes through-violence.

  • L'état du monde 2015 ; guerres sans fin(s) ou désordres ordonnés ?

    Laurent Gayer

    • La découverte
    • 4 Septembre 2014

    Ce chapitre intégral est extrait de l'édition 2015 de " L'état du monde " : Nouvelles guerres, publiée sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal. Tandis que le nouvel interventionnisme militaire s'écarte de plus en plus de la guerre conventionnelle pour s'apparenter à une police globale, les techniques de maintien de l'ordre en interne tendent à se militariser, tant du point de vue des personnels (avec l'implication croissante d'unités d'élites composées ou placées sous le commandement de militaires) que des équipements (avec l'accès à des armes de guerre supposées faire pièce à l'armement de leurs adversaires). Dans ce contexte, la frontière entre la guerre et le maintien de l'ordre devient de plus en plus ténue. Du point de vue de la contre-insurrection, forces rebelles, terroristes et organisations criminelles s'inscrivent désormais sur un même continuum et demandent à être " traitées " avec les mêmes méthodes. Ce répertoire du maintien de l'ordre permet de banaliser le recours à la force contre certains groupes ou populations " à risque ", mais aussi de le prolonger ad aeternam : contrairement à la guerre, le maintien de l'ordre est une entreprise permanente.

  • Chapitre L'état du monde 2016 - Inégalités et violence politique

    Laurent Gayer

    • La découverte
    • 3 Septembre 2015

    L'énigme à laquelle se trouve confronté l'analyste des mobilisations, des crises et des guerres civiles tient moins à l'ubiquité de l'action protestataire qu'à sa rareté. Selon Barrington Moore, l'une des tâches du théoricien reste d'expliquer " pourquoi les gens se résignent si souvent à être les victimes de leurs sociétés ". La révolte est l'exception, y compris chez ceux qui ont les meilleures raisons de contester l'ordre établi. [Chapitre extrait de l'édition 2016 de L'état du monde]
    Depuis plusieurs années, et singulièrement après la crise financière de 2008, les inégalités sont redevenues un thème d'actualité. Des best-sellers internationaux se consacrent à cette question trop longtemps négligée. Des ONG publient des chiffres alarmistes qui illustrent le fossé croissant entre les pauvres, qui paraissent toujours plus nombreux et vulnérables, et les ultra-riches, qui ne savent plus comment dépenser leurs gigantesques fortunes. D'Athènes à New York, de Madrid à Hong Kong, les mouvements populaires qui placent la lutte contre les " inégalités " au coeur de leur programme se multiplient et prennent de l'ampleur. Mais, derrière les slogans, comment appréhender et mesurer précisément ces inégalités qui pèsent de plus en plus sur l'agenda international ? Politiques, économiques, sociales, raciales, culturelles ou sexuelles : comment s'enchevêtrent les différentes facettes de l'inégalité ? Pourquoi les institutions internationales, elles-mêmes très inégalitaires, échouent presque toujours à atteindre les objectifs qu'elles se sont fixés en matière de " développement " ? Pourquoi l'accès à l'alimentation, au logement, à l'éducation ou à la santé reste-t-il à ce point inégalitaire ? L'injustice ressentie par de nombreuses populations favorise-t-elle les conflits et la violence politique ? Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, cette édition 2016 de L'état du monde propose de nouvelles perspectives pour comprendre les inégalités contemporaines aux échelles mondiale, régionale et nationale. S'appuyant sur de solides ressources statistiques et sur d'innombrables exemples, sur les cinq continents, les spécialistes qui ont contribué à ce volume en décortiquent les mécanismes et fournissent ainsi quelques pistes pour tenter de les combattre. Ceci est le chapitre" Inégalités et violence politique " de Laurent Gayet, extrait de l'ouvrage L'état du monde 2016.

  • Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux.
    Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'État justicier.

    Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ?

  • Le nombre de victimes de guerres civiles, guérillas ou répressions militaires ne cesse d'augmenter dans le sous-continent indien, malgré l'absence de guerres interétatiques depuis dix ans. Ces conflits impliquent des milices au style paramilitaire, dont cet ouvrage dévoile l'idéologie, la sociologie et les stratégies.

    Très influentes en Inde et au Népal, les organisations maoïstes se disent révolutionnaires. Mais le peuple qu'elles aspirent à libérer se compose souvent de basses castes et de tribus, si bien que leur guérilla apparaît plus ethnique qu'universaliste.

    Elles rejoignent en cela les mouvements d'émancipation nationale dont la vocation est d'obtenir l'indépendance politique de communautés linguistiques, religieuses ou tribales. Mais, au Sri Lanka, au Cachemire ou en Birmanie, ces groupes sont aussi des mouvements d'oppression nationale.

    C'est encore le cas des mouvements nationalistes ou religieux en Inde, au Pakistan et au Bangladesh, où les milices islamistes, nationalistes hindoues ou sikhes exercent un contrôle brutal sur leur communauté au moyen d'une véritable police culturelle.

    Milices et États entretiennent des relations complexes. Parfois en passe de devenir de véritables États dans l'État, les milices sont également instrumentalisées par les puissances publiques pour relayer leur autorité au niveau local.

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