Marcotte Frederic

  • Il y a de ces idées récurrentes... À quoi sert de penser si ce n'est pour agir de façon concrète sur son destin? Si seulement une pensée humaine changeait subitement le cours de l'univers, et fracassait la glace sans tain qui nous sépare du divin? Et si le divin était ici? J'étais à un carrefour comme on l'est toujours. Imaginons une sphère : il y a là le quotidien, c'est-à-dire le travail, l'argent, la famille, etc. Avec déjà là beaucoup de matière pour se tarauder. Imaginons un instant que tout y est ric-rac, nous pouvons donc passer au second orbe, où vivent des questions un peu plus profondes : la parole, l'écriture, la pensée, les rêves, etc. L'ironie, c'est qu'il est difficile de sortir du premier lieu. Nous tombons alors dans une tâche dite intellectuelle. Le soir, lorsque couché dans mon lit je me mets à penser à cela et que je tente de mettre de l'ordre dans ces cercles un à un, un vertige me prend parfois. Je crois que la poésie emprunte le même chemin. J'appelle ça faire du ménage, garder sa tête en ordre. Notre-Dame-du-Vertige n'est autre chose qu'un voyage tel qu'on les vit parfois à l'état de veille ou ailleurs.

  • Les poèmes, récits, carnets, drames et aphorismes ici rassemblés décrivent l'espace de liberté dont la vie de l'esprit a besoin pour s'épanouir. Qu'il s'agisse des carnets de Jean-Paul Michel ou d'André Major, des réflexions narratives de Madeleine Gagnon ou des fragments méditatifs de Louise Warren, c'est toujours d'un apprentissage de la liberté qu'il est question. Cette aire de jeu s'épanouit aussi dans les poèmes hautement satiriques de Christian Prigent, les proses proliférantes de Frédéric Marcotte, les vers kafkaïens de Thierry Dimanche ou l'inquiétante dramaturgie d'Olivia Rosenthal, entre autres. Un souffle vital qui se propage aussi par les oeuvres de Massimo Guerrera, l'artiste invité de ce numéro.

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