Marie-Claude Thifault

  • « Depuis trois mois et demi, j'ai une toupie sur la tête », déclare en 1902 un patient de Saint-Jean-de-Dieu interrogé par son médecin. Outre le fait qu'il disait aussi être Napoléon, cet interné exprimait ainsi, en une brillante image, les affres d'une personne qui sent sa raison lui échapper. Une toupie sur la tête : des pensées qui, tel un manège, tournent et tournent en rond, à en donner le vertige ; une toupie sur la tête : évoluer en funambule, l'équilibre précaire et l'impression que tout risque de basculer au moindre faux pas ; une toupie sur la tête : le sentiment qu'inlassablement une vrille cherche à nous percer le crâne...

    Et quoi de mieux d'ailleurs que les paroles des principaux intéressés pour exprimer ce qu'ils ressentaient face à leur trouble mental et à leur internement, surtout que cette situation les mettait au ban de la société d'alors, loin de chez eux, loin de leurs repères et de ceux qu'ils aimaient. C'est à partir de l'analyse du discours des femmes et des hommes internés à Saint-Jean-de-Dieu ainsi que de celui de leurs proches qu'André Cellard et Marie-Claude Thifault cherchent à mieux dénouer le réel de l'imaginaire asilaire. Leur itinéraire est bien de présenter les multiples visages qu'empruntait la folie, au tournant du siècle dernier, entre les murs du célèbre asile. C'est cet album de photos qu'ils nous livrent en mettant l'accent sur les sentiments, les angoisses, les peines, les délires, mais aussi les espoirs de ceux et celles que l'on aliénait, en si grand nombre, à Saint-Jean-de-Dieu.

  • L'isolement en asile, traitement grandement utilisé à la fin du xixe siècle pour guérir la folie, a été remis en question au fur et à mesure que le xxe siècle passait. La conception des réseaux de santé, le développement des disciplines psychiatrique et psychologique dans l'après-guerre, la découverte des neuroleptiques au début des années 1950 et les contrecoups de la Révolution tranquille, accompagnés d'un vent de décléricalisation, ont mené à une révolution psychiatrique : la désinstitutionnalisation.

    Cet ouvrage expose les tenants et les aboutissants d'une première vague de désinstitutionnalisation qui a marqué les années 1960 et 1970 en contexte canadien-français (Québec, Ontario et Nouveau-Brunswick). Proposant une étude sociohistorique et une analyse critique de cette période charnière en santé mentale, les auteurs évaluent les conséquences des transferts sur la vie des patients sortis des asiles ainsi que le rôle des intervenants en matière d'accompagnement. Ils soulèvent également des pistes d'intervention entourant les nouveaux enjeux de la prise en charge des personnes souffrant de maladie mentale.

    Alliant criminologie, histoire, sociologie, travail social et sciences infirmières, -l'ouvrage traite autant de politiques d'hygiène mentale, de contrôle social, de médicaments psychotropes que de marginalisation des malades mentaux. Il met au jour un vaste patrimoine matériel et immatériel de la santé mentale au Canada.

  • L'isolement en asile, traitement grandement utilisé à la fin du xixe siècle pour guérir la folie, a été remis en question au fur et à mesure que le xxe siècle passait. La conception des réseaux de santé, le développement des disciplines psychiatrique et psychologique dans l'après-guerre, la découverte des neuroleptiques au début des années 1950 et les contrecoups de la Révolution tranquille, accompagnés d'un vent de décléricalisation, ont mené à une révolution psychiatrique : la désinstitutionnalisation.

    Cet ouvrage expose les tenants et les aboutissants d'une première vague de désinstitutionnalisation qui a marqué les années 1960 et 1970 en contexte canadien-français (Québec, Ontario et Nouveau-Brunswick). Proposant une étude sociohistorique et une analyse critique de cette période charnière en santé mentale, les auteurs évaluent les conséquences des transferts sur la vie des patients sortis des asiles ainsi que le rôle des intervenants en matière d'accompagnement. Ils soulèvent également des pistes d'intervention entourant les nouveaux enjeux de la prise en charge des personnes souffrant de maladie mentale.

    Alliant criminologie, histoire, sociologie, travail social et sciences infirmières, -l'ouvrage traite autant de politiques d'hygiène mentale, de contrôle social, de médicaments psychotropes que de marginalisation des malades mentaux. Il met au jour un vaste patrimoine matériel et immatériel de la santé mentale au Canada.

  • Le numéro printanier de la revue Cap-aux-Diamants propose un dossier thématique sur la déviance et la marginalité au féminin. Étudier la déviance, c'est jeter un oeil sur les comportements qui dérogent à la norme. Dans ce cas, il s'agit d'étudier l'inacceptable féminin à une époque donnée, de porter un regard sur les pouvoirs auxquels les femmes furent astreintes. Le numéro s'ouvre sur un article sur les cabaretières et le « boire féminin ». Il se poursuit avec un texte sur le rôle des femmes dans les charivaris au XVIIIe et XIXe siècle. Il est ensuite question de l'attitude de l'Église catholique envers le concubinage à travers le cas d'une « presque veuve » et d'infanticides comme moyen de régulation des naissances dans la première moitié du XIXe siècle, à Montréal. Les articles suivants portent sur les femmes en institution psychiatrique, la critique de romans écrits par des femmes et contenant des éléments subversifs, puis de la prison des femmes de Québec entre le début des années 1930 et le début des années 1970.

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