Maurizio Ferraris

  • État civil, compte bancaire, permis de conduire, mots de passe, etc. : nous ne cessons d'être enregistrés, numérotés, archivés. Pas d'existence sociale sans fichage : que dit, de notre désir d'appartenance, cette documentalité ? Le maître-livre dérangeant d'un grand philosophe contemporain.
    Une société privée de mémoire et d'enregistrements est inimaginable, car toute règle et tout accord reposent sur la mémoire, et tout comportement sur l'imitation : voilà pourquoi les archives et les documents sont centraux dans la vie de la société et des individus.
    La place centrale de la " documentalité " est plus évidente encore de nos jours où nous assistons à l'explosion des systèmes d'enregistrement et d'écriture, des ordinateurs et des smartphones, ainsi qu'à l'utilisation massive d'Internet. Ces nouvelles technologies ont non seulement transformé notre quotidien, mais ont également mis en lumière l'essence même de la réalité sociale : le fait de se fonder de façon non pas accidentelle mais essentielle sur des inscriptions et des enregistrements.
    Un maître ouvrage.

  • Chaque époque a ses menteurs, ses vantards, ses imposteurs et ses imbéciles. Qu'il s'agisse de l'imbécillité des masses ou de celle de l'élite, les figures que prend cette spécificité humaine sont infinies. Écrivains et philosophes se sont penchés sur ce redoutable moteur de l'action, quand ils ne se sont pas eux-mêmes laissés prendre à son piège.
    Dans une série de variations sur cette défaite de la pensée, Maurizio Ferraris s'interroge sur la puissance de l'imbécillité - qui n'est pas toujours, quoi qu'on en dise, le propre des autres - et la capacité de renouvellement des crétins.

  • Tout comme le capitalisme a été l'essence du XIXe siècle et les médias celle du XXe siècle, la postvérité serait-elle l'essence de notre époque ? L'arrivée de Donald Trump au pouvoir a considérablement changé le monde : elle a démontré que refuser la vérité objective était bien devenu une option politique crédible. Mais en quoi cette « postvérité » dépasse-t-elle le mensonge ? Maurizio Ferraris démonte ce concept pour en étudier tous les rouages et en comprendre le succès. Il décrit, avec l'exactitude et l'engouement qui le caractérisent, la façon dont le nouveau paradigme du vrai découle d'une rencontre : celle de la philosophie postmoderne avec la technologie internet, de la parole avec son média, de l'acteur avec son théâtre. Pour peu que la voix porte, chaque énonciation devient potentiellement vraie et, si la vérité est parfois décevante, voire frustrante, la postvérité est réconfortante. Jusqu'à ce qu'elle se confronte aux autres.

  • Pendant trop longtemps, la philosophie nous a raconté une histoire déprimante. Il y aurait un Moi qui, à travers le langage et la pensée, construirait le monde, les autres moi et, si absurde que cela puisse paraître, le passé lui-même. Cette histoire est

  • Pour la première fois dans l'histoire du monde, grâce au téléphone mobile, nous avons l'absolu dans notre poche. Mais avoir le monde en main signifie aussi, automatiquement, être aux mains du monde. Toutes les cinq secondes en moyenne, votre portable se manifeste à vous. Cet ouvrage se penche sur ce phénomène de société et montre comment cette sollicitation permanente se transforme en dispositif de mobilisation. Qui dit mobilisation dit militarisation. Ainsi le mobile nous transforme en militaires, abolissant la distinction entre public et privé, entre jour et nuit, entre travail et repos, en nous mobilisant en permanence : nous voilà sommés d'être sans cesse responsables, de ne rien oublier ni pardonner. Le portable aurait-il contribué à l'émergence d'un nouvel état de guerre ?

  • El "nuevo realismo" es el primer reconocimiento de un cambio de época. La experiencia histórica de la manipulación de los medios de comunicación, de las guerras post-11 de septiembre de 2001, y de la actual crisis económica, ha llevado a una fuerte negación de los dos principios centrales de la posmodernidad: la idea de que la realidad se construye socialmente y es manipulable hasta el infinito, y que la verdad y la objetividad son conceptos inútiles. Las necesidades reales, las vidas y las muertes reales que rechazan ser reducidas a interpretaciones, regresan a reclamar sus derechos.

empty