Mireille Seguy

  • Meilleur chevalier de la cour arthurienne, amoureux de la femme du roi, Lancelot se trouve à la jonction des deux grands mythes du Moyen Age que sont la quête du Graal et l'amour absolu dit courtois.

  • La question de l'émergence des activités symboliques au cours de l'hominisation fait désormais l'objet d'une attention renouvelée de la part des chercheurs. En témoigne ce volume issu de journées tenues à la station biologique de l'École normale supérieure durant lesquelles anthropologues, linguistes, modélisateurs et philosophes du groupe de travail « Modélisation de l'émergence du langage » ont, avec leurs invités britanniques, dressé un état de la question et présenté leurs travaux. Sont reproduits ici, après une introduction en français visant à situer les débats d'un point de vue général, les exposés en anglais de trois anthropologues. Loin de présenter une unanimité de façade, ces exposés montrent au contraire la diversité des points de vue sur le front avancé des recherches contemporaines. Étudiants et chercheurs trouveront dans ces textes matière à réflexion anthropologique et philosophique à propos de la question si complexe de l'émergence de la culture.

  • Conforme à la majorité des travaux consacrés à l'hypertextualité, la dernière réévaluation en date de l'histoire du pastiche fait l'impasse sur la littérature du Moyen Âge. Dans l'ouvrage qu'il fait paraître en 2008, Paul Aron fait remonter les plus anciens exemples à la Renaissance et laisse en perspective l'Antiquité et le Moyen Âge, sous prétexte que leurs « pastiches et parodies [...] relèvent d'un contexte où l'activité littéraire est à ce point différente des codes actuels que toute analogie en devient trompeuse[1] ». Le numéro que nous proposons espère contourner cette impasse et réhabiliter le corpus médiéval en l'incluant dans la réflexion critique et théorique sur cette pratique qu'on définit, depuis l'ouvrage phare de Gérard Genette[2], comme l'imitation en régime ludique d'un style, d'une manière, là où on parlera plutôt, à propos de la parodie, de la « transformation ludique d'un texte singulier[3] » ou d'un genre[4]. Si les recherches menées dans le cadre de ce numéro ne parviennent pas à faire tomber toutes les réticences, elles ont néanmoins le mérite de préciser davantage les raisons de cette exclusion et de cibler, dans un corpus jusqu'ici ignoré, une pratique imitative qui n'est pas radicalement différente de celles que l'on retrouvera dans la littérature de l'Ancien Régime et du xixe siècle.

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