Nelson Charest

  • À la fin du xixe siècle se développe dans le sillage des efforts décadents et symbolistes une poétique du silence « dont Mallarmé est généralement tenu pour l'initiateur et le responsable », et ce, en raison de sa promotion comme chef de file de ces nouvelles tendances. Que l'aîné soit demeuré circonspect à l'égard de ses émules avec lesquels il était loin de partager toutes considérations n'enlève rien à l'évidence d'un legs persistant dans la façon d'aborder son oeuvre, cet héritage fût-il soumis à des variations de perspective au gré des préoccupations de la critique. En effet, les études qui articulent silence et modernité sous l'égide de Mallarmé sont légion. De simples considérations formelles et stylistiques sur l'écriture du fragment ou sur la notion d'hermétisme et d'obscurité sémantique (le « silence » du sens), elles peuvent aller jusqu'à appuyer le constat d'Adorno du défaut d'une parole poétique qui ne soit obscène après la barbarie politique du xxe siècle en suggérant exemplairement les limites du dire.

  • Le nouveau numéro de la revue Études littéraires présente un dossier sur l'américanité des poètes français à travers l'étude du cas des Montévidéens : Isidore Lacasse dit le comte de Lautréamont, Jules Laforgue et Jules Supervielle. Tous trois ont peu connu leur ville d'origine, émigrant de l'Uruguay vers la France dès leur jeune âge. En posant d'un côté une américanité large et de l'autre une identité souple, et en disposant de Montevideo comme d'un point de fuite, les articles composant le dossier dévoilent une géopoétique aussi vaste qu'ambitieuse. Analysant une sélection de textes de Lautréamont, Laforgue et Supervielle, ils s'interrogent notamment sur le rapport de ces trois poètes français à la langue et à la figure paternelle, et sur les principes de liberté, de départ, de décentrement, de perte et de contestation qui les animent. La poésie que le lecteur est ici amené à découvrir n'est ni romantique, ni symboliste, ni classique, ni même surréaliste, mais plus volontiers à tonalité épique, ludique, merveilleuse, sans attaches, remords, ni contraintes.

  • Le Musée de la Gaspésie a le plaisir de présenter le tout dernier numéro du Magazine Gaspésie : Les gardiens de la mer. Partez à la découverte des phares qui jalonnent nos côtes et découvrez l'histoire de personnages mémorables qui y ont vécu. Vous y lirez, entre autres, des témoignages sur les phares de Fame Point (Pointe-à-la-Renommée) et de Cap Madeleine, découvrirez les phares flottants de Sandy Beach et les technologies du phare de Cap-Chat, retracerez l'historique des phares de Cap Blanc et de Cap D'Espoir, sans oublier les incontournables phares de Cap-des-Rosiers et La Martre ainsi que tous les autres. Lumière sur ces bâtiments emblématiques, autrefois repères pour la navigation, aujourd'hui symboles de notre histoire maritime.

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