Offenstadt-N

  • « Quand ceux d'en haut parlent de paix, le petit peuple sait que c'est la guerre. Quand ceux d'en haut maudissent la guerre, les feuilles de route sont déjà remplies », écrivait Brecht. Pourquoi faut-il si souvent parler de la paix quand on prépare ou fait la guerre ? Comment doit-on, lorsqu'on détient le pouvoir, parler de la paix dans l'espace public ?Époque obscure et guerrière, le Moyen Âge ? Pas si sûr, tant on en appelle de toutes parts à la « concorde ». Aux XIVe et XVe siècles, pendant la guerre de Cent Ans, en particulier, tous les acteurs, toutes les catégories sociales parlent de paix, invoquent la paix, des princes en lutte aux sujets du royaume, des clercs de l'Université aux pouvoirs urbains. Le discours sur la paix est donc un élément central de sa mise en place ; elle passe également par des rituels qui ne sont pas de pure forme. Voici ce que le Moyen Âge a inventé pour faire la paix. Nous en portons encore la trace. Le Moyen Âge comme vous ne l'avez jamais imaginé. Nicolas Offenstadt est maître de conférences à l'université Paris-I. Il est l'auteur des Fusillés de la Grande Guerre, qui a connu un grand succès, ainsi que du Chemin des Dames.

  • L'histoire n'est jamais restée la propriété des seuls historiens. Mais de nos jours, elle est devenue un enjeu politique majeur. D'un côté, de multiples groupes cherchent à saisir leurs passés, souvent marqués par la souffrance (persécutions, esclavage...), de l'autre le président de la République, appuyé sur un courant de fond, y compris dans la sphère intellectuelle, tente de faire renaître le roman national, ce grand récit patriotique bâtissant une France toute de cohérence et de progrès.
    À travers dix épisodes des années 2007-2009, de la lettre de Guy Môquet au projet du Musée d'histoire de France, le volume démonte le processus de réinvention du national par le sarkozysme historique ; une histoire bling-bling qui agite et consomme les grandes figures et les événements historiques marquants hors de tout contexte. Au-delà de la conjoncture, c'est une réflexion d'ensemble sur les usages publics de l'histoire qui est proposée et surtout une nouvelle manière de gérer le dialogue entre mémoires et histoires.

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