Patrick Theriault

  • Le discours athée subit d'importantes transformations au xixe siècle : il ne se limite plus à être l'arme de combat qu'il incarne traditionnellement - fer de lance de la pensée progressiste dûment conformé à la cible bien découpée de la divinité chrétienne. Désormais, il peut s'adjoindre ou tolérer des propositions à caractère religieux ou spiritualiste, donnant prise à des motifs plus ou moins précis de croyance.

    En ce cas, il semble l'expression d'un constat général selon lequel il ne suffit pas à l'homme contemporain de signer ou de contresigner la mort de Dieu, mais il lui faut en plus composer avecelle, c'est-à-dire la compenser par quelque biais, par quelque objet.

    Plus que tout autre discours, la littérature née de la sensibilité romantique appuie ce constat : elle se donne à lire comme le lieu privilégié de cette compensation symbolique. C'est en elle que l'espoir moderne d'une relève spirituelle de l'Écriture divine par le discours humain semble le plus agissant - en même temps que le plus clairement condamné, par l'opération même de l'écriture, à participer à la dissémination du divin. C'est aussi en elle que le tremblé de l'inquiétude existentielle et théologique que suscite souvent le thème de la mort de Dieu, par contraste avec la vigueur affichée par beaucoup de programmes de réformation sociale et de refondation politique, se fait le plus vivement sentir.

  • À la fin du xixe siècle se développe dans le sillage des efforts décadents et symbolistes une poétique du silence « dont Mallarmé est généralement tenu pour l'initiateur et le responsable », et ce, en raison de sa promotion comme chef de file de ces nouvelles tendances. Que l'aîné soit demeuré circonspect à l'égard de ses émules avec lesquels il était loin de partager toutes considérations n'enlève rien à l'évidence d'un legs persistant dans la façon d'aborder son oeuvre, cet héritage fût-il soumis à des variations de perspective au gré des préoccupations de la critique. En effet, les études qui articulent silence et modernité sous l'égide de Mallarmé sont légion. De simples considérations formelles et stylistiques sur l'écriture du fragment ou sur la notion d'hermétisme et d'obscurité sémantique (le « silence » du sens), elles peuvent aller jusqu'à appuyer le constat d'Adorno du défaut d'une parole poétique qui ne soit obscène après la barbarie politique du xxe siècle en suggérant exemplairement les limites du dire.

  • Notre société se préoccupe de plus en plus d'écologie, et à juste titre. Mais la relation de l'être humain à son environnement ne saurait faire l'économie d'une approche intégrale englobant humanisme, éthique et spiritualité. Ce livre est un plaidoyer pour ce qu'on peut définir pertinemment comme une écologie intégrale. Il en brosse un tableau inspirant et en montre les implications dans des domaines aussi variés que les affaires, l'éducation et la santé. Quatre leaders y offrent des réflexions tonifiantes pour enfin réenchanter le monde.
    Administrateur de sociétés, Robert Dutton a été PDG de RONA durant 20 ans.
    Émile Robichaud a dirigé plusieurs écoles publiques, dont l'école secondaire réputée Louis-Riel.
    Stéfan Thériault est psychologue et directeur du Centre Le Pèlerin.
    Chercheur et clinicien de renom, aujourd'hui médecin en soins palliatifs, Patrick Vinay a notamment été doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.

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