Paul Harsin

  • L'époque de la guerre de la Ligue d'Augsbourg fut la plus calamiteuse de toute notre histoire moderne. Obligés de participer à une guerre européenne, les Liégeois en éprouvèrent les ressentiments de la France dont ils avaient dû devenir les ennemis. Ils comprirent que la présence sur le siège épiscopal d'un prélat de chez eux, obscur, sans ambition ni desseins personnels, n'était pas une garantie de paix. Aussi lui donnèrent-ils pour successeur l'un des princes les plus puissants de l'Empire. Une fois de plus, la maison de Bavière reprit son apanage liégeois, mais ce fut pour l'orienter vers des horizons nouveaux. Très prudemment, nos ancêtres laissèrent leur prince s'engager seul et demeurèrent dans l'expectative. La guerre de la Succession d'Espagne vit le paradoxal spectacle d'un prince allemand, allié de la France, faisant la guerre à son suzerain, et de ses propres sujets demeurant neutres, par tolérance mutuelle des belligérants. Cette attitude réservée permit aux Liégeois de défendre avec acharnement la cause de l'intégrité de leur territoire auprès des puissances et d'arracher finalement aux mains des Hollandais, grâce au concours actif du souverain de Vienne, leurs principales forteresses.

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