Philippe Mottet

  • « Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ? » dit Zénon dans L'oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Prendre la mesure du monde ou se heurter à sa démesure, connaître ses propres limites ou les nier... Qu'elles soient physiques ou existentielles, les frontières façonnent notre identité et aiguisent notre conscience.
    Philippe Mottet a les yeux bien ouverts et fait le tour de la question. Pour avoir beaucoup pratiqué Montaigne, il sait que la lecture érige des passerelles - relire, c'est relier - , alors que le salutaire recours à l'écriture établit des filiations spirituelles - créer, c'est régénérer. Dans la chambre claire de la page blanche, entouré de maîtres anciens et modernes (Homère, Giono, Vadeboncoeur, Miron, Auster), toujours avec l'intelligence des sens et du coeur, l'essayiste chemine par détours. Il explore et s'insurge, prend du recul et sourit, résiste, s'engage et revendique le rôle de passeur d'héritage, biologique et spirituel aussi bien que culturel et artistique. L'essai de Philippe Mottet est un acte de foi en l'aventure humaine. Entre transcendance et fondation, telle une langue de feu, du vivant palpite en cette chambre.

  • Pour son numéro d'hiver 2015, année qui marque les 30 ans de la revue, XYZ propose le thème « Séductions » sous la direction de Gaëtan Brulotte. Nous voilà au coeur du monde des désirs et des fantasmes. Conviés au jardin des délices ou à l'enfer du leurre au royaume des amants et du flirt. Mais cela peut être aussi un désir d'un autre ordre, comme celui de l'enfant voulant plaire à ses parents ou celui d'un professeur souhaitant charmer son auditoire. Et bien sûr, ultimement, ce sont des écrivains qui tentent ici de nous séduire. Avec les textes de Jean-Paul Beaumier, Natalie Jean, Bertrand Laverdure, Philippe Mottet, Elsa Pépin, Jérôme Tousignant et Francine Tremblay.

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