Philippe Carrèse

  • Tango à la romaine

    Philippe Carrèse

    • Editions de l'aube
    • 3 Janvier 2019

    Mai 1967, sur les bords du Tibre... Le groupe Potere Rosso, "le Pouvoir Rouge" est fin prêt à passer à l'acte. Les attentats se dessinent spectaculaires. Mais la révolution n'est pas un exercice facile, surtout lorsque toutes les attentions sont focalisées sur d'autres évènements d'importance : la sortie de l'album "Sergent Pepper" des Beatles, la guerre des six jours en Palestine, les querelles intestines à l'ambassade américaine, la pusillanimité des communistes du Lazio, les désordres gastriques du responsable local de la CIA, les cours de tango argentin dans les salons de Trastevere et les doutes existentiels de Pietrino Belonore, en croisade viscérale contre les soldats yankees. Surtout lorsque l'amour qui déboule fait plus de dégâts que toutes les bombes à retardement.

    Philippe Carrese, né à Marseille en 1956, est écrivain, musicien, scénariste, réalisateur et dessinateur.

  • Retour à San Catello

    Philippe Carrèse

    • Editions de l'aube
    • 21 Mai 2015

    L'histoire pouvait s'arrêter là. Mais une destinée se joue souvent à pas grand-chose : quelques secondes de retard, un geste inapproprié, une rencontre anodine, un incident idiot. L'histoire aurait pu s'arrêter là si le fils et le mari de Valentina ne s'étaient pas trouvés sur le pont de Genesee River ce jour-là, si Charles Cèseran, un jeune photographe marseillais, n'était pas tombé sur une correspondance d'Amérique destinée à sa mère, si Marzio ­Belonore, le concertiste réputé, ne s'était pas coincé les doigts dans une porte, si Vittoria Belonore avait pris le volant de cette Maserati sur le circuit de Tripoli... L'histoire aurait pu s'arrêter là si Tancredi Crevalcore, condottiere romain, n'avait pas retrouvé au hasard d'une soirée tout à fait oubliable le violon de son fils Michele, disparu un quart de siècle plus tôt. Philippe Carrese nous offre une grande fresque palpitante sur fond de montée du fascisme dans l'Italie de la fin des années 1930, avec un détour picaresque en Abyssinie, sur les bords du lac Ontario et au coeur du quartier réservé marseillais de l'entre-deux guerres. Magistral.Philippe Carrese, né à Marseille en 1956, est réalisateur et écrivain. Il a notamment publié, chez le même éditeur, Virtuoso ostinato (2014, l'Aube poche, 2015).

  • La légende Belonore

    Philippe Carrèse

    • Editions de l'aube
    • 31 Mars 2016

    1945. La guerre se termine, l'Italie fasciste est en pleine débâcle. À San Catello, le fief des Belonore, il ne reste que peu d'habitants. Parmi eux, la belle Vittoria et son jeune garçon, la dévouée Addolorata, Lucio, l'ingénieur paraplégique et le patriarche, celui par qui tout a commencé, Volturno. C'est une lutte pour leur survie et celle du village qu'ils vont devoir mener, une lutte qui les oppo­sera à leur ennemi juré, le condottiere Tancredi Crevalcore, bien décidé à venger la mort de son fils...1964. Addolorata mène la visite guidée annuelle du village abandonné de San Catello où elle raconte la légende des Belonore et la construction du barrage. Cette année-là, de drôles de randonneurs font la balade...Brillamment mené, ce roman nous plonge dans l'Italie du lendemain de la guerre, qui panse ses plaies et invente son lendemain.Philippe Carrese, né à Marseille en 1956, est un écrivain d'origine italienne. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Virtuoso Ostinato et Retour à San Catello chez le même éditeur.

  • La famille Belonore ; une famille italienne

    Philippe Carrèse

    • Editions de l'aube
    • 7 Novembre 2019

    Les Belonore, ce sont les membres d'une famille du village de San Catello, en Lombardie, dans le nord de l'Italie. Au départ, il y a le patriarche et ses trois fils, dont Marzio, le virtuose du violon. Il y a aussi les femmes, celles qu'ils aiment en secret, celles qu'ils épousent sans désir. Avec cette saga parfaitement réussie, d'une subtilité délicieuse, Philippe Carrese nous installe devant l'église du père Bartolomeo, chez l'aubergiste Gran'Paolo, dans la ferme délabrée de Volturno, ou la maison de maître de Francesca... Partout où les choses se passent, où les liens se tissent, où les blessures sont faites et les plaies parfois pansées. Maudits, les Belonore ? Peut-être. Pourtant, le lecteur ne saura pas faire autrement que les aimer.

    Philippe Carrese, né en 1956 à Marseille, a mené une vie bien remplie d'écrivain, de cinéaste, de musicien, de dessinateur... Il décède en 2019 dans la cité phocéenne, à l'âge de 63 ans.

  • Virtuoso ostinato

    Philippe Carrèse

    • Editions de l'aube
    • 17 Avril 2014

    Volturno Belonore, un homme dans la puissance de l'âge, règne sans conteste sur ses trois fils, sa jeune épouse et son village, San Catello, en Lombardie. Un soir de la fin de l'été 1911, une luxueuse voiture tombe en panne et ses occupants demandent de l'aide à Volturno... En échange de quoi, ils lui prédisent la fortune grâce au minerai enfoui dans son terrain. Hélas, la prédiction va s'avérer malédiction : seul Marzio, le fils cadet, y échappera. Du moins, à considérer que devenir virtuose au détriment de la passion amoureuse ne fait pas partie de la malédiction...Un roman vertigineux qui nous plonge dans l'Italie du début du XXe siècle, sur fond de guerre et de montée du fascisme. Tout l'art de Carrese se retrouve dans la force évocatoire de ses personnages, formidablement présents... et attachants.

  • Une histoire de l'humanité, tome 1 et fin

    Philippe Carrèse

    • Editions de l'aube
    • 5 Avril 2018

    Il aura fallu plus de trois milliards d'années à l'humanité pour que les descendants d'Homo sapiens songent enfin à mettre une machine à café écoresponsable dans l'open space des entreprises. Mais à quoi pensaient-ils jusque-là ?
    Ce roman évoque la complexité de ces phases essentielles de l'évolution, des origines de l'humanité à nos jours, alternant chapitres retraçant l'évolution depuis le Big Bang et dialogues de personnages contemporains. Et c'est au sein d'une société d'édition cotée en Bourse mais qui n'a plus aucune idée de ce que peuvent être un auteur ou un manuscrit original, que notre narrateur s'est insallé pour décliner son analyse... à la fois savante et vulgarisatrice, bien évidemment.
    Un roman à l'humour caustique et aux personnages hilarants, hélas bien malgré eux, qui ne nous épargne rien du ridicule et de la caricature que notre société peut engendrer.


    Philippe Carrese est romancier et réalisateur. Il a notamment publié, chez le même éditeur, la saga Belonore qui met en scène une famille italienne dans la première moité du xxe siècle.

  • Enclave

    Philippe Carrèse

    • Editions de l'aube
    • 14 Avril 2014

    Slovaquie, janvier 1945 : l'occupant allemand fuit le camp de travail de Medved' après en avoir coupé tous les accès. D'abord sidérée, une communauté oubliée du reste du monde va devoir s'organiser dans ce temps suspendu au coeur des Tatras. "Un récit palpitant d'une aventure hors norme, écrit avec la simplicité et la délicatesse qu'impose le maniement de la dynamite." Paulin Césari, Le Figaro "Écrivain, cinéaste, musicien, le Marseillais Philippe Carrese s'était fait une clientèle dans le "polar aïoli" déjanté. Avec Enclave, il livre son premier vrai roman, une réflexion sur les mécanismes du pouvoir, la soumission de l'homme par l'homme." Jean Contrucci, BibliObs

  • Trois jours d'engatse

    Philippe Carrèse

    • 1961 digital edition
    • 20 Décembre 2013

    Je me rappelle d'une leçon d'histoire, sur un livre illustré, tout raccommodé à coup de papier adhésif marron, transparent mais pas trop, que nous avait fait lire l'instituteur, à Zonza... C'était quand j'étais minot, avant le CAP... Il m'avait marqué, l'instituteur, parce qu'on comprenait que dalle à ce qu'il disait, à cause de son accent. C'était un brave type, du continent. Il était resté quinze jours en fonction. Après il avait été malade, puis dépressif, puis rapatrié sanitaire à Roubaix d'où il était originaire... C'est vrai qu'en Corse, si tu as pas d'attaches, c'est très dur à vivre... Surtout qu'on te le fait vite comprendre, quand tu as pas d'attaches, que c'est pas la peine de t'en faire (des attaches)...

    Bref, c'était une leçon sur la cour de Louis XIV à Versailles, et sur les courtisans... Je suis encerclé par les courtisans. Y'en a partout ! Les mêmes que dans le livre. Simplement ils sont habillés Façonnable ou sur mesures chez Reboul, et, à la place de la galerie des glaces, on est tous là à piétiner dans la salle des pas perdus de la mairie, au premier étage de l'Hôtel de Ville.

    Il avait dû laisser les consignes, Spazzola, parce qu'à peine j'arrive à l'accueil, un planton (mais on dit un policier municipal) bedonnant me conduit jusqu'à un couloir où un autre planton (mais là, on dit un huissier) me traîne dans un dédale de bureaux en contre-plaqué, d'ascenseurs qui montent et qui descendent pas, d'accès interdits et de bureaux pleins de vide où des secrétaires ressemblant toutes à des walkyries nourries aux raviolis (question de climat et de culture) font du tricot ou des mots croisés.

  • Allons au fond de l'apathie

    Philippe Carrese

    • Fenixx réédition numérique (éditions baleine)
    • 12 Décembre 2018

    Attentats meurtriers à la une de tous les médias, explications alarmistes des correspondants de presse, images choc sur toutes les télés, déclarations vengeresses des politiques, et les terroristes courent toujours... Mais quels terroristes ? Ces deux gamins sur leur scooter avec leur bouteille de gaz consignée ? Et quelles images choc ? Les forces de l'ordre en état de guerre ? Un élu paradant avec ses barbouzes ? Hystérie chez les journalistes, apathie chez les autres, il n'en faut pas plus pour aiguiser la curiosité du Poulpe qui descend à Marseille se rendre compte de la « tragique situation de crise ». LE POULPE est un personnage libre, curieux, contemporain, qui aura quarante ans en l'an 2000. C'est quelqu'un qui va fouiller, à son compte, dans les failles et les désordres apparents du quotidien. Quelqu'un qui démarre toujours de ces petits faits divers qui expriment, à tout instant, la maladie de notre monde. Ce n'est ni un vengeur, ni le représentant d'une loi ou d'une morale, c'est un enquêteur un peu plus libertaire que d'habitude, c'est surtout un témoin.

  • Le vol de la momie

    Philippe Carrèse

    • Syros jeunesse
    • 31 Mai 2012

    Le deuxième volet de la série "Marseille, quartiers sud" !
    Un braquage de bureau de poste qui tourne mal, un camarade de classe qui ne va plus en cours, des photos compromettantes qui disparaissent : quelque chose se trame dans les rues de Marseille. Il n'en faut pas plus à Kabyl et ses copains pour vouloir jouer les preux chevaliers et découvrir le fin mot de l'histoire. Mais si la piste suivie commence avec Émile le clochard (un vrai gentil), elle va se poursuivre avec un vrai méchant, Jean-Dominique Ponteleccia, et là, on ne rigole plus du tout...

  • Flocoon Paradise

    Philippe Carrèse

    • Publie.net
    • 12 Mars 2012

    "- C'est suuuuuper sympa ! Vous ne trouvez pas, Ray ?
    Non.
    Je ne trouve pas.
    Je ne trouve pas super sympa de me geler les burnes perché sur la terrasse ventée d'un immeuble branlant. Je ne trouve pas super sympa cet endroit sinistre perdu au milieu d'un océan de neige. Comme je n'ai pas trouvé super sympa les deux derniers jours passés à gérer galère sur galère dans un univers hostile et glacial. Je ne trouve pas super sympa de me retrouver piégé comme un rat inconscient. Je me suis vraiment comporté comme un rongeur écervelé à proximité d'une tapette chargée. Le ressort de ce piège a pourtant mis un temps certain pour s'abattre vers ma nuque, j'aurais eu le temps de réagir. Faire preuve d'un minimum de lucidité. Me casser d'ici. Non. Je ne trouve pas ça « suuuper sympa ». Plutôt grotesque. Et je ne trouve pas super sympa non plus l'andouille mondaine qui frétille à côté de moi.
    - On se croirait sur le toit du monde ! Vous ne trouvez pas, Ray ?
    - Le toit du monde ? Quel toit du monde, Gabrielle ? Le toit d'une ruine, oui.
    - Hooooo... Enfin, Ray, je vous l'ai déjà fait remarqué cent fois.
    - Quoi donc ?
    - Mais enfin Ray, que vous pouvez m'appeler « Gab' », bien sûr...
    Gab'... Une gourde ! Une vraie, une authentique. Je la dévisage, consterné. La gourde me gratifie d'un sourire niais. Son sourcil gauche a du mal à s'agiter aussi vite que le droit mais ses cils battent frénétiquement. Ce tic agaçant devient de plus en plus incontrôlable.
    - Ma pauvre vieille, regarde-nous ! On est coincé comme des glands sur la terrasse d'un building qui ne demande qu'à s'écrouler...
    - Oooh, Ray ! Mais vous manquez vraiment de poésie. Dans un cadre aussi idyllique ! Mon Jean-Joachim serait là, il nous aurait déjà...
    - Mais merde à la fin, avec ton Jean-Joachim.

    Je craque. Ça y est. Je me lâche. Habituellement, c'est pas mon genre, surtout avec les filles. Là, c'est trop. Elle m'a gonflé, Gab'."

  • Le point de rupture

    Philippe Carrèse

    • Syros jeunesse
    • 5 Janvier 2012

    Un roman noir, rythmé et cocasse, sixième volet de la série "Marseille, quartiers sud", qui place Kabyl et sa bande dans une aventure tragi-comique dont la jalousie est le maître mot.
    Mauvais jour pour Kabyl et ses copains... Une journée des métiers qui tourne à la catastrophe au collège ; Jean-Dominique Ponteleccia, le père de Christopher, libéré de prison par erreur ; Kevin en conflit violent avec deux flics ripoux ; Resquille parti sur une mauvaise pente (ou sur la route de la fortune, une fortune pas très morale) ; Rodolphe qui se montre sous son vrai jour... Mais surtout, élément déterminant et perturbateur : Zoé qui file le parfait amour avec Christopher, au nez et à la barbe naissante de Kabyl... À chacun ses choix, à chacun sa route : les adolescents des quartiers sud marseillais ne sont décidément plus des gamins !

  • Les insulaires

    Philippe Carrèse

    • 1961 digital edition
    • 1 Janvier 2014

    Extrait

    1. MANI
    Mani a débarqué un jeudi de février. Ils étaient cinq à descendre de la navette, cinq passagers, glacés par un mistral vicieux, bousculés par une mer mauvaise. Mani n'était pas un touriste. Et nous connaissions les quatre autres. L'homme était sans âge. Il portait ses soixante deux ans comme un quadragénaire usé. Solide, svelte, bizarrement vouté, comme plombé par une charge émotionnelle inaltérable. Son visage n'exprimait aucune tristesse, aucune joie non plus. Le tourment était plus profond. Ses yeux d'un bleu sibérien attiraient l'attention comme le signal d'un phare dans une mer houleuse. Sa silhouette était engourdie par un caban épais et un maigre sac à dos patiné par des années de vadrouille. Une fine bague en argent enserrait son majeur gauche, sa seule fantaisie. Il a parcouru le quai, sans un regard vers les terrasses closes. Sur notre ile, l'hiver n'est pas propice aux activités touristiques, et encore moins aux villégiatures gourmandes. Mani a eu un seul coup d'oeil vers l'ancienne chapelle, ce bizarre parallélépipède à l'allure de temple grec de kermesse surmonté de sa croix anachronique. Il a grimacé, de cette moue qu'ont les mécréants à la moindre trace de hiératique.
    Mani est resté un long moment immobile sur le quai. Il ne regardait pas les bateaux amarrés là, ni les tours arrondies des geôles de l'ile d'If comme le font tous les visiteurs qui mettent un pied au Frioul pour la première fois. Non. Mani se nourrissait de l'ambiance si particulière de notre bout de monde atypique. Il semblait se charger de cette énergie insulaire qui nous garde ici, rebelles et sereins sur notre rocher. Puis Mani est monté sur la digue Berry, grimpant l'escalier d'un pas assuré. Là, planté entre les deux iles de notre archipel, il a observé l'horizon, vers l'ouest, avant de revenir fixer son attention à l'opposé, sur Marseille, au delà de la forteresse d'If. De l'autre côté de la passe, les immeubles de la colline de la Garde se détachaient sur un ciel pale, le soleil pourtant éclatant n'arrivait pas à réchauffer l'atmosphère. Les éléments étaient plus forts. Les rafales vicieuses ne le perturbait pas. Quelques mèches grises en désordre raidies par les embruns voletaient sur son crane dégarni.
    Que cherchait-il ? Les photographes de passages sont toujours encombrés de technologie, comme les randonneurs du dimanche sont bardés de matériel sophistiqué, fin prêts à gravir les 75 mètres vers le fort de Ratonneau, leur nouvel Annapurna. Mani n'était ni coureur de sommets, ni chasseur d'images. Un chasseur, sans doute. Un chasseur affuté, il en avait l'attitude. Les reflexes, aussi. Un merle bleu l'a frôlé, il aurait pu l'attraper, au vol. Nous l'avons vu se raidir, tendre la main, l'écarter juste avant l'impact. L'oiseau a continué sa route. Mani a réfléchi quelques secondes avant de reprendre la sienne. Il a disparu vers les hauteurs de Pomègues.
    Mani a parcouru l'ile sauvage d'un pas assuré, poussant jusqu'à la pointe du cap Cavaux. Il a crapahuté sur les roches de Carapègue, s'est laissé un long temps de contemplation, les jambes tanquées sur les toits des casemates de la batterie en ruine. Loin, l'ile Maire pointait son contrejour, la rade sud de Marseille se prélassait au pied de ses montagnes. Marseilleveyre veillait, le mont Carpiagne en sentinelle. Une mouette s'est posée, à proximité. Il a tiqué, puis est reparti aussitôt, mais sans hâte. Il marchait. Il déambulait. Il semblait étudier tous les chaos, tous les chemins, appréciait le moindre dévers. Il n'est revenu vers le port que bien plus tard.
    Le soleil déclinait. Mani est repassé devant le seul bar ouvert du petit port, nous y étions rassemblés autour d'alcools plus ou moins forts. Nous l'avons vu repartir vers l'embarcadère. Ce curieux visiteur nous quittait, l'heure de la dernière navette vers la terre ferme approchait. A notre grand étonnement, il a filé droit vers Saint Estève, vers le bout de l'autre ile, là où se dresse l'hôpital Caroline. Nous avons vu son ombre disparaitre sur le chemin. Un désespéré ? Peut-être... Nous n'aurions pas été plus étonné de retrouver son corps flottant dans la calanque de l'Eoube le lendemain matin. La nuit est tombée, personne n'a évoqué le destin du chasseur aux yeux bleus. Tout le monde y pensait.
    Lorsque le soleil s'est pointé, loin derrière les sommets de la Gineste, le lendemain matin, une silhouette attendait, assise à la terrasse d'un des restaurants fermés du petit port. L'homme s'est redressé, nous a gratifié d'un sourire humble et sincère. Il n'avait l'air ni fatigué, ni frigorifié. Ni la nuit, ni le mistral glacial n'avait altéré son élocution ; il nous a simplement abordé avec ces quelques mots : «bonjour, je m'appelle Mani, je vais rester quelques temps ici, sur l'ile, avec vous».

  • Marseille, quartiers sud ; le jardin des délices

    Philippe Carrèse

    • Syros jeunesse
    • 18 Octobre 2012

    Une histoire trépidante, cinquième volet de la série "Marseille, quartiers sud", qui nous entraîne dans l'univers de la peinture et du rock sur un mode tragi-comique.
    Le bassiste d'un groupe de heavy metal meurt accidentellement écrasé par un train, la statue du deuxième acte de Don Giovanni est subtilisée à l'Opéra de Marseille, une cornemuse rouge est dérobée chez un antiquaire, un organiste aveugle se fait kidnapper, une villa est dépouillée de tous ses instruments de musique... Quel lien peut-il y avoir entre ces faits divers ? Kabyl, Brian et Jean-Mathieu vont bientôt l'apprendre à leurs dépens...

  • Marseille, quartiers sud ; le fantôme de la bastide

    Philippe Carrèse

    • Syros jeunesse
    • 18 Novembre 2010

    Trésor caché, maison hantée, personnages grinçants et beaucoup d'humour pour clore en beauté l'attachante série " Marseille, quartiers sud " !
    Pourquoi veut-on la peau d'Émile, le clochard qui squatte la bastide, une grande demeure en bord de mer autrefois fastueuse, aujourd'hui passablement délabrée ? Les deux truands sans scrupules mandatés pour effrayer le malheureux vieillard en sont en tout cas pour leurs frais, car le clochard est plus coriace qu'il n'y paraît, et la bastide recèle d'étonnantes surprises... Pour aider Émile à venir à bout de ses démons, Kabyl et sa nouvelle copine, la fringante Mylène, vont devoir remonter le fil d'une histoire vieille de plus de vingt ans... La dernière aventure de Kabyl et sa bande, nos héros de "La Grotte de l'aviateur", du "Vol de la momie", du "Scénario de la mort", de "La Malédiction de l'enclume", du "Jardin des délices" et du "Point de rupture".

  • Graine de courge

    Philippe Carrèse

    • 1961 digital edition
    • 20 Janvier 2013

    Bienvenue dans le monde fascinant des courges et des enclumes.
    Il va de soi que toute ressemblance avec des courges ou des enclumes vivantes ou ayant eu une fin tragique serait purement fortuite, même ce pauvre Zé', même le gros William dit Bouboule, et même Arlette sa mère et Lu' son oncle et ce malheureux comte Mareuil de Villars-Lamour et Margaret sa secrétaire et même Tino le garde du corps cyclothymique et Cathy la petite junkie et Karl son amoureux transi et Sultan le doberman complexé et je te sens déjà perdu... Y'a un peuple fou dans cette histoire, je sais. Mais pas de panique. Comme tu vas le constater, ce récit est rempli de ces personnages picaresques qui font la joie des chroniqueurs de faits divers et la fortune des entreprises locales de pompes funèbres. Je m'en vais donc de ce pas te présenter les protagonistes de cette drôle d'aventure, où toute ressemblance avec des courges ou des enclumes... etc... etc...

  • Le successeur

    Philippe Carrèse

    • Publie.net
    • 21 Mars 2012

    "Le soleil blafard se lève péniblement derrière les collines escarpées.
    Là-bas, sur Tauroentum, les lourds nuages de l'orage s'éloignent, irisés par les premières lueurs de l'astre.
    La mer est d'huile.
    Plus un souffle d'air, pas la moindre brise pour pousser cette barque sans voile ni rame perdue au milieu des eaux désormais calmées.
    Mare Nostrum...
    Une frêle silhouette se tient debout, à la proue de ce navire à la dérive.
    L'homme, vêtu d'une simple toge, le visage émacié, regarde s'éloigner la famille de dauphins qui les a accompagnés tout au long de leur périple, depuis leur départ de Césarée, il y a déjà trois mois.
    Ses compagnons de voyage, épuisés par cette errance, se sont regroupés à l'arrière de l'embarcation, protégés du froid par une simple toile de lin usée et maculée. Une douce mélopée s'élève. Le clair clapotis de l'eau sur la coque l'accompagne. Quelques mouettes surprises par cette apparition viennent tournoyer autour de cet équipage curieux.
    Un corps se déplie lentement de dessous la toile, et apparaît une femme d'une grande beauté, le visage pur, les traits sereins. Son enfant se tient à ses côtés, blond comme les blés, ses yeux bleus reflètent toute la générosité du monde. Le jeune garçon assis en tailleur souffle délicatement dans ce pipeau de bois sculpté par les mains expertes de quelque charpentier talentueux. L'homme, le visage tourné vers le ciel, lève ses bras en croix et fait exploser un cri.
    - Ta gueule, Manu !

    - Ho ! Joseph ! Tu les as à l'envers, ce matin ? C'est la flûte à son père !"

  • Conduite accompagnée

    Philippe Carrèse

    • 1961 digital edition
    • 20 Février 2013

    - Prince Konhreïd, ne soyez pas inquiet.

    Le lieutenant Barphil restait serein. Un vol de starkhans des cimes passa haut dans le ciel, poussant leur cri sinistre :

    - Ah ? L'automne arrive ! constata le prince, observant attentivement les migrateurs de mauvaise augure.

    Puis il regarda le tableau de bord du Kropos III. Ce qu'il y vit ne le rassura pas le moins du monde. Les réserves de carburant étaient au plus bas et l'horloge de bord avait disjoncté. Il consulta sa montre, une Swatch de contrebande gagnée à une loterie foraine sur le marché des Capucins. Un ressort sortait du cadran, elle était cannée.

    - Zobi !

    - Que dites-vous, prince Konhreïd?

    - Rien, Barphil. Rien !

    Une heure avait passé depuis leur échappée sauvage de la galaxie de Pathos. Ils avaient pu se soustraire à l'orbite de la planète Sept et se réfugier sur un satellite naturel de l'empire de Knerh. Mais leur astronef était à bout de souffle. Et le capitaine, parti chercher des renforts, avait disparu :

    - Kildrajoon n'est jamais en retard, pesta le prince.

    Barphil tempéra :

    - Il ne saurait tarder, prince Konhreïd.

    Une étrange odeur empli le cockpit, une odeur ensorcelante. Le prince se leva pour faire le tour de la cabine, intrigué. Barphil essaya de le rassurer :

    - Bientôt !

    Le prince surprit un sourire sur le visage du lieutenant :

    - Bientôt quoi, lieutenant ?

    - Bientôt c'est prêt !

    - Qu'est-ce qui est prêt ?

    - La royale !

    - Mais cette odeur ?

    - La mozzarella ? C'est délicieux, la mozzarella !

    Le prince se laissa tomber sur un des fauteuils de pilotage, effondré.

    - Lieutenant Barphil, personne n'a jamais mis de la mozzarella sur une royale. C'est formellement interdit par les conventions intergalactiques. Que vont dire les contrôleurs du syndicat ?

  • La grotte de l'aviateur

    Philippe Carrèse

    • Syros jeunesse
    • 31 Mai 2012

    Le premier volet de la série "Marseille, quartiers sud" où l'on retrouve le style efficace, la verve méridionale et l'humour ravageur de Philippe Carrese.
    L'hiver 1943, un Spitfire des Forces françaises libres en provenance de Londres s'écrase dans les collines de Marseille avec son précieux contenu. Soixante ans plus tard, Kabyl et sa bande recherchent l'avion mythique, malgré leur rencontre avec l'habitant de la dernière maison du quartier, le vieux très vieux, qui tente de les en dissuader. Ils ne se doutent pas qu'ils vont au devant des pires ennuis...

  • Marseille, quartiers sud ; le scénario de la mort

    Philippe Carrèse

    • Syros jeunesse
    • 31 Mai 2012

    Un roman noir, jubilatoire et foisonnant qui met en scène la naissance rocambolesque d'une vocation de cinéaste.
    Le lecteur retrouve ici avec bonheur la joyeuse troupe de Marseille dans une aventure centrée sur l'audiovisuel, puisque nos héros ont décidé de réaliser un film. Le roman sert une réflexion sur l'image, sa place dans notre société, son potentiel de manipulation. C'est aussi, pour le lecteur, l'occasion de se familiariser avec le vocabulaire du cinéma (scénario, montage, travelling...). Les péripéties loufoques vécues par les apprentis réalisateurs mettent en perspective l'aventure plus noire vécue par Kevin. Et comme dans les autres titres de la série, c'est avant tout Marseille (cette fois, la cité de La Cayolle) qui se pose en héroïne du roman.

  • Marseille, quartiers sud ; la malédiction de l'enclume

    Philippe Carrèse

    • Syros jeunesse
    • 31 Mai 2012

    Un roman noir, drôle et foisonnant, le quatrième opus de la série "Marseille, quartiers sud" imaginée par Philippe Carrese, l'un des principaux acteurs du renouveau littéraire marseillais.
    Van Klume, l'un des profs de Kevin, Jean-Matthieu, Aram, Marion et Kabyl, a l'idée de leur faire découvrir la richesse archéologique de Marseille en les menant au coeur même d'un chantier d'immeubles en construction. La petite troupe a tôt fait de se retrouver aux prises avec des promoteurs immobiliers sans foi ni loi...

  • Les docks of Marseille

    ,

    • Editions de l'aube
    • 19 Janvier 2017

    « La mer, les collines, le rivage - plages et calanques. Marseille, en somme. Puis, avec la révolution industrielle, le train arrivant du Nord chercha le contact direct avec les bateaux. Ce fut la construction du port de la Joliette, à partir de 1844, des Docks à partir de 1858.
    Or aujourd'hui, à nouveau les Docks font l'événement. Comme en 1860 et comme en 1992 lors de leur première restauration. Inauguré - donc pour la troisième fois - le 4 décembre 2015, l'ancien entrepôt principal du port de Marseille est maintenant un lieu de vie, central dans la ville et la métropole. Situé juste en face des terrasses du port, à quelques pas du MuCem et du Vieux-Port, en plein coeur d'Euroméditerranée, les Docks assument une nouvelle jeunesse. Lieu de vie, de courses et de sorties, lieu de travail avec plus de 3500 emplois, les Docks sont le bateau amiral du nouveau quartier. Ce petit livre écrit par mon ami Hugues Serraf, à la demande de Marc Pietri qui porta la nouvelle transformation, est le récit de cette vie qui se perpétue au travers des époques. » Jean Viard

    Hugues Serraf est journaliste, essayiste et romancier.

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