Pierre-Antoine Delhommais

  • Pour l'éditorialiste du Point Pierre-Antoine Delhommais, le quinquennat de François Hollande constitue un guide extraordinairement précieux pour Emmanuel Macron, lui indiquant les promesses électorales démagogiques à ne jamais faire, la politique économique à ne pas suivre, les commentaires sur la conjoncture à ne pas tenir et la voie pour réformer à ne surtout pas emprunter !
    Par son accumulation improbable d'échecs et de contre-performances, Hollande a fini par vaincre l'hostilité culturelle et viscérale que les Français de gauche et de droite éprouvaient à l'égard du libéralisme. En élisant Emmanuel Macron puis en lui accordant une large majorité à l'Assemblée nationale, ces derniers ont - enfin - clairement donné leur accord pour que soient appliquées dans notre pays ces recettes économiques libérales ayant fait leurs preuves depuis longtemps partout ailleurs.
    La présidence ratée de M. Hollande a finalement peut-être été une grande chance pour l'économie française. Il fallait qu'elle en passe par là et qu'elle touche le fond pour pouvoir - espérons-le - rebondir un jour.

  • Marion Cocquet et Pierre-Antoine Delhommais dénoncent, avec autant d'érudition que d'humour, le déclinisme mortifère qui gangrène notre société, cette absurde petite musique du « c'était mieux avant » que tant d'intellectuels de renom et d'éditorialistes vedettes aiment fredonner aujourd'hui. 

    Vous êtes nostalgiques du passé ? De ces époques bénies où l'existence bénéficiait d'une tranquillité, d'une douceur que notre société actuelle, angoissée et stressée, ne connaîtrait plus ?
    Mais quelle douceur de vivre purent bien connaître les 7 millions de Français morts en l'espace de quatre ans pendant la Peste noire ? Ces enfants victimes de la variole, de la scarlatine, de la varicelle ou de dysenteries, dont la moitié, sous l'Ancien Régime, n'atteignait pas l'âge de 10 ans ? Les mineurs de fond du début du XXe siècle, dans les houillères du Nord ou de Lorraine, victimes des coups de grisou et de la silicose ? Les centaines de milliers d'habitants des bidonvilles à l'époque des Trente Glorieuses, qui méritent aussi le titre de Trente Pollueuses ? 
    Rappeler les maux endurés par les générations qui nous ont précédés est le meilleur moyen de comprendre que le bon vieux temps n'est qu'un mythe dangereux, qui déforme la vision du présent, accroît la peur de l'avenir et fait le lit des populismes.

  • Avec inconscience et arrogance, la France continue à vivre dans sa bulle économique. Elle est persuadée que celle-ci n´éclatera jamais, que son génie particulier et la grandeur de son Histoire lui permettront d´échapper aux difficultés des pays de l´Europe du Sud, et qu´ils garantiront sa prospérité future. La dure vérité des statistiques prouve pourtant que le déclin économique français n´est pas une vue de l´esprit. Tous les indicateurs signalent que notre pays vit au-dessus de ses moyens. Mais cette inquiétante réalité est occultée par le déni de ses dirigeants politiques. Pour assainir ses comptes publics, restaurer son appareil productif et retrouver une croissance forte et durable, il est inévitable que la France, devenue paresseuse, se remette au travail, augmente ses impôts et bride la consommation, au moins provisoirement.Mais « chut! », tout cela, bien sûr, si l´on veut se faire élire, il ne faut surtout pas le dire...Ancien président du Crédit lyonnais, Jean Peyrelevade est aujourd´hui banquier d´affaires. Il est l´auteur de nombreux essais sur l´économie et la vie politique, commeLa République silencieuse(Plon, 2002),Le Capitalismetotal(Seuil, 2005) etSarkozy : l´erreur historique(Plon, 2008).Pierre-Antoine Delhommais est journaliste économique auMonde. Il a déjà publiéCinq milliards en fumée : les dessous du scandale de la Société générale(Seuil, 2008).

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