Gallimard

  • En tant qu'il commande un respect absolu, le sacré se trouvait anciennement placé au dessus de la vie. C'est pourquoi il pouvait, le cas échéant, réclamer le sacrifice de celle-ci. Comment la vie nue en est-elle venue à prendre elle-même la place du sacré ?
    Au point que sa conservation, comme l'a montré la crise engendrée en 2020 par l'épidémie de coronavirus, semble bien être devenue le fondement ultime de la légitimité de nos gouvernements. Que cela apprend-il du rapport des populations à la politique, au pouvoir ? À quelles servitudes nous disposons-nous, si nous accordons à la « vie » la position suprême ?

  • Un garonnet est renvers par une voiture. Par crainte des reprsailles, l'automobiliste s'enfuit. C'est le dbut d'un rcit fascinant sur le surgissement du mal. Rodrigo Rey Rosa le dbusque dans les paroles de l'ami qui trahit l'ami, dans les mensonges de la mre qui n'aime pas son enfant, dans le machisme de l'homme d'affaires sans scrupules, dans les combats quotidiens des dmunis pour tromper leur faim. Faisant alterner les points de vue sur un rythme haletant, dans une langue tantt sche, tantt d'une grande sensibilit, il se rvle l'un des plus solides romanciers de la littrature latino-amricaine actuelle.

  • Voici un ouvrage captivant tant par son projet que par sa forme. Les carnets noircis par le narrateur au fil de ses visites aux archives secrètes de la police du Guatemala nous révèlent des découpages bruts du réel qui interrogent constamment les limites entre crime politique et banditisme, entre idéologie et corruption, entre justice et terrorisme d'État. Au récit des difficultés rencontrées pendant ses recherches vont progressivement se surimposer les souvenirs, les réflexions personnelles, les lectures (Fouché, Voltaire, Borges et son ami Bioy Casares), mais aussi des bribes du quotidien et des questions éthiques. Le résultat est un fin et savant tissage qui nous renvoie à la fois à une certaine idée du journal d'écrivain et aux enquêtes les plus contemporaines sur la mémoire historique.

  • Lors de la fête pour les 88 ans de don Guido Carrion, un supposé incendie tue Douro II, un étalon cher à Guido. Un avocat et un écrivain qui ont assisté à la découverte du cadavre carbonisé du cheval mènent l'enquête. Celle-ci révèle la face cachée d'une famille et d'un pays rongé par la violence et le mal.

  • Lorsque Herman Melville meurt à New York, en 1891, il est un vieil homme à peu près oublié. Moby-Dick, quarante ans plus tôt, a coulé sa carrière littéraire. C'est seulement dans les années 1920, dans une Angleterre qui a fait l'expérience de la Grande Guerre, que le public commence à s'aviser de son génie. La fièvre de la redécouverte nourrit la quête d'inédits et, d'une boîte en fer-blanc, surgit le récit auquel Melville a travaillé durant les cinq dernières années de sa vie : Billy Budd.
    Malgré une taille limitée, celle d'une longue nouvelle, et une intrigue très simple, Billy Budd est rapidement devenu l'un des textes les plus étudiés et les plus commentés de la littérature mondiale, suscitant des débats aussi passionnés que contradictoires. La violence de la lutte entre critiques ne doit pas surprendre : Melville a tout fait pour livrer à une modernité demi-habile, pensant que tout problème a sa solution, une de ces situations sur lesquelles elle ne peut que se casser les dents. Qu'est-ce que le mal? Par quelles voies se répand-il? Comment limiter son empire? Quel sens donner à la beauté d'un être? Comment accueillir la grâce échue à un autre? Autant de questions que la pensée instrumentale nous a désappris à poser et qui, lorsqu'elle les rencontre, la rendent comme folle. Autant de questions qui n'en demeurent pas moins essentielles et dont la littérature est peut-être la mieux à même, par ses ambiguïtés, de traiter sans fausseté.
    C'est dans cet esprit que le présent ouvrage se met à l'école de Billy Budd. Il saisit l'occasion qui nous est donnée, en explorant l'oeuvre ultime de Melville, de renouer avec des interrogations dont nous ne pouvons nous passer.

  • Vingt-huit reproductions de peintures et dessins, précédées d'une Étude critique, de plusieurs lettres inédites de Degas, de notices biographiques et documentaires et d'un portrait inédit de l'artiste dessiné par elle-même et gravé sur bois par G. Aubert. Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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