Grasset

  • Tout commence par une femme et tout s'achève par elle : Arianne Backer. Ce n'est pas tant sa beauté qui la rend différente mais sa maladresse de toxicomane amoureuse, les hommes qu'elle collectionne et qu'elle n'aime pas, celui qu'elle aime en vain et qui n'est pas tout à fait son genre. Le temps d'un été qui n'en finit pas de mourir, sur une plage de la Côte d'Azur éternellement frelâtée, festival de Cannes et bronzages mazoutés, estivants et parasols, le cercle des prétendants va se refermer autour d'Arianne : le narrateur, Frank Bastide, garçon de restaurant volontiers neurasthénique, n'a rien d'autre à faire de son existence que penser au bonheur d'Arianne. Il partage cette occupation avec un major fort en gueule, un médecin à la chemise bariolée, un emploi-jeune de la SNCF reconverti en plagiste. Mais seul Frank ira jusqu'à commettre un meurtre : sacrifice qui sera sa rédemption.
    Nicolas Rey, passé maître dans l'art de la mélancolie masculine, décrit la consommation des corps et la consumation des âmes. Son héroïne déploie dans ce roman qu'on lira tout l'été la séduction à la fois vénéneuse et innocente d'une fille qui refuse l'ordinaire. C'est la tragi-comédie de la passion autant qu'une chronique riche en excès de la peur de vieillir.

  • La prodigieuse histoire d'une vieille femme qui, au seuil de la mort, veut s'inventer le passé qu'elle n'a pas eu et proposé à un jeune homme d'écrire sa fausse biographie, qu'elle tentera de faire passer pour vraie. Arrogante, méprisante, avare, sordide, intéressée et machiavélique, cette vieille femme, surnommée la "Connétable" par son entourage, achève sa vieillesse dans le Paris d'aujourd'hui. Dévoreuse de maris qu'elle dépouille, ce personnage inouï est l'incarnation du mal. En accumulant le récit de ses aventures, de ses exploits scandaleux et en multipliant les détails les plus scabreux, Henri-François Rey réussit une peinture du mal qui en fait un grand romancier du tragique et de la dérision. Autour de la "Connétable" s'agite tout un monde de serviteurs, de valets et de jeunes gens, qui constitue un contrepoint de fraîcheur dans ce livre poignant et dur. Le plus grand roman d'Henri-François Rey depuis les fameux {Pianos mécaniques}, prix Interallié 1962.

  • Le mystère Dali n'a pas fini d'intriguer. Génie ou imposteur ? Pour la première fois, se tenant à égale distance du dithyrambe et du dénigrement, un livre tente de faire le point en toute objectivité, à partir d'éléments raisonnés.D'abord, la race : nul ne peut comprendre Dali sans connaître la force de son enracinement dans la terre espagnole, plus précisément dans la Catalogne, foyer de démesure, de morosité, de génie et de mauvais go-t. Ensuite la famille, petite-bourgeoise, qui inculque à l'enfant les notions sacrées d'argent et d'ordre. Puis le triple apprentissage social : le stage universitaire à Madrid, entre Lorca, qui incarne la trouble ardeur méditerranéenne, et Bunuel, l'ange noir ; la rencontre avec les surréalistes, tremplin d'où l'artiste prend son vol ; la fréquentation de la Hight Society, qui permet au peintre de vivre de son art et de vérifier sur ses clients l'efficacité de sa provocation.Le caractère de Dali étant historiquement et psychologiquement expliqué, tous les problèmes s'éclairent : celui de la " folie " du personnage, celui de l'onirisme de son oeuvre. Henri-François Rey s'appuie sur la connaissance intime qu'il a du peintre et sur sa propre intuition de romancier pour dégager la véritable originalité de Dali, et montrer en quoi son art est un effort pour libérer l'homme et le restituer dans sa totalité délirante.

  • Julius, musicien de jazz, et Lana, étudiante américaine, se rencontrent sur une petite île italienne. Sans s'être jamais vus, ils s'attendaient. Deux moitiés du "même" dont ils rêvent depuis toujours. De leur île, ils gagneront Rome, puis Paris. Mais leur vrai voyage est celui de leur amour initiatique, mystique, marqué de signes obscurs, où soudain s'insinue l'imparable lézarde : la folie de Lana. Amour fou, amour à la folie. Folie où Julius acceptera de suivre celle qui est lui. Pour deux êtres, l'amour porté au plus haut ne peut que les confondre en un seul. Comme les jumeaux que la nature a fait semblables, tout en les séparant, et qui aspirent à devenir un.

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