Littérature générale

  • Ce livre tente de s'interroger sur ce que signifie la lecture de Kafka aujourd'hui, en prenant notamment pour point de départ cette espèce de laboratoire de l'oeuvre que constitue le Journal. De cette oeuvre on peut dire qu'elle est avant tout une écriture fragmentaire, une pratique qui déplace constamment les frontières du romanesque et de l'« autobiographie ». C'est pourquoi il est apparu nécessaire, dans cette perspective, de reprendre la question du nom propre (sa position entre plusieurs langues, son caractère emblématique, sa dynamique). Car c'est, sans doute, pour Franz Kafka, une des voies d'accès essentielle à l'écriture, une des manières de prendre en compte le poids de la langue allemande. Comment un corps se découvre-t-il délimité et circonscrit dans et par l'ordre humain, c'est-à-dire dans et par les contraintes d'une langue reçue, héritée ? Kafka, dans les histoires qu'il construit, est un écrivain qui cherche sans cesse à énoncer ce qui l'incite et le pousse à écrire. Il ouvre, de cette façon, à nouveau, pour notre siècle, la question même de la littérature, dans son aspect le plus élémentaire, c'est-à-dire le travail d'un sujet incapable d'habiter entièrement la langue dans laquelle il est contraint d'écrire. D'où l'importance qui est accordée, dans ce livre, au petit texte de F. Kafka intitulé Discours sur ta langue yiddish.

  • La marge d'erreur Nouv.

    « Savoir finir en beaute? ? C'est tout un art. »

    Entre de?sinvolture et gra?ce de?chue, de?bandade et e?rotisme de?bride?, autofiction et fantaisie romanesque, La Marge d'erreur fait le portrait hilarant d'un de?pressif chronique plein de rage de vivre, pour les dernie?res semaines qu'il lui reste.

  • Dos au mur

    Nicolas Rey

    « On va arrêter d'éviter le sujet principal de ce livre. On va mettre les mains dans le cambouis une fois pour toutes. Le crime commence par une bonne nouvelle. Les éditions de la Férinière me proposent la rédaction d'un recueil de nouvelles. Le seul problème, c'est que je suis un écrivain qui n'arrive plus à écrire. Plus une seule ligne. Rien. Le vide intersidéral. » Plagiaire, menteur, infidèle, Nicolas Rey, dos au mur, avoue tout.

  • En tant qu'il commande un respect absolu, le sacré se trouvait anciennement placé au dessus de la vie. C'est pourquoi il pouvait, le cas échéant, réclamer le sacrifice de celle-ci. Comment la vie nue en est-elle venue à prendre elle-même la place du sacré ?
    Au point que sa conservation, comme l'a montré la crise engendrée en 2020 par l'épidémie de coronavirus, semble bien être devenue le fondement ultime de la légitimité de nos gouvernements. Que cela apprend-il du rapport des populations à la politique, au pouvoir ? À quelles servitudes nous disposons-nous, si nous accordons à la « vie » la position suprême ?

  • Une saison chez Lacan
    À trente ans à peine, Pierre Rey a toutes les apparences d'un jeune homme heureux, il fait partie de ceux qui ont " réussi ". Chroniqueur dans un quotidien, joueur invétéré vivant très au-dessus de ses moyens, il mène une vie mondaine et frivole dont le plaisir est l'unique objet. Pourtant, ses angoisses se multiplient, sa peur d'affronter le vide grandit.
    Alors, il décide de faire table rase du présent, quitte travail et amis, et gravit les marches de pierre usées du 5 rue de Lille qui conduisent chez Lacan. Et c'est là, pendant dix ans, qu'il effectuera sur le divan du célèbre analyste le plus long de ses voyages.
    Pierre Rey (1930-2006)
    Journaliste (prix de la Chronique parisienne), longtemps directeur de Marie Claire, il fut l'auteur de plusieurs romans et de deux pièces de théâtre.

  • Du tsar Alexandre Ier, son éternel rival, Napoléon en exil disait : « Il peut aller loin. Si je meurs ici, ce sera mon véritable héritier en Europe. » Napoléon est bien mort à Sainte-Hélène, en 1821 ; mais Alexandre le suivit dans la tombe dès 1825, à l'âge de quarante-huit ans. Et sa disparition brutale, survenue dans des circonstances troublantes, ajouta encore au mystère de celui que ses contemporains appelaient le « sphinx ».
    S'appuyant sur des archives jusque-là négligées et sur des documents inédits, cette biographie éclaire d'une lumière nouvelle le destin complexe d'Alexandre. Elle peint l'enfance du grandduc, couvée et régie par sa grandmère, Catherine II ; elle décrit son accession brutale au trône en 1801, à l'âge de vingt-trois ans ; les débuts brillants de son règne ; et surtout son duel avec Napoléon, qui culmine avec l'invasion de la Russie par la Grande Armée et l'incendie de Moscou en 1812. Sur l'échiquier titanesque qu'est alors l'Europe, le jeune tsar devient une pièce centrale.
    La gloire, pourtant, Alexandre en est las : à mesure que les années passent, son salut le préoccupe toujours plus. Une obsession qui prend d'étranges chemins, puisqu'il envoie à Rome, peu de temps avant de mourir, un émissaire secret au pape Léon XII.
    L'enquête de sa biographe montre que la tentation catholique a bien effleuré le tsar Alexandre... Est-il vraiment mort, d'ailleurs, en 1825 ? Le doute subsiste...

  • Renvoyée à sa plume après une fulgurante et torride liaison, une femme écrit à son amant. " Le coeur tendre, le ventre désoeuvré ", elle effeuille l'album de leurs souvenirs, de leurs folies. Avec les vrais mots de l'impudeur, elle invite le lecteur éberlué à la suivre dans un voyage mouvementé au bout de la sensualité... De son compagnon, nous ne connaîtrons que deux couleurs : le jaune de ses yeux et le vert de son pull... Mais nous découvrirons vite ses caprices et ses fantasmes auxquels elle se soumet, tout en laissant parler son propre corp

  • Elle s'est rapprochée. Elle a reniflé son cou, sa nuque et ses oreilles. Ses lèvres se sont placées à quelques millimètres des siennes. Elle a chuchoté : "Tu savais que la lubricité est l'invention d'un bourgeois très à droite. Les gens de gauche échangent tellement de théories, qu'ils en oublient de baiser." Gabriel, écrivain quadra précaire épuisé par l'amour et la vie,tombe amoureux de Catherine, institutrice de son fils et membre du Parti National...

  • « J'étais devenu un fantôme. Une sorte de mort-vivant. J'ai trouvé un ultime sursaut d'énergie pour avaler une poignée de tranquillisants avec un fond de vodka. Je me suis assis dans mon fauteuil club et j'ai regardé une série sur HBO. Je me suis réveillé en pleine nuit. Non. Le cauchemar était bien réel. Joséphine n'était plus amoureuse de moi. »

    Si l'amour est la plus forte, la plus dangereuse et la plus répandue des addictions, voici le roman de l'impossible désintoxication, le roman du chagrin d'amour.

  • Un garonnet est renvers par une voiture. Par crainte des reprsailles, l'automobiliste s'enfuit. C'est le dbut d'un rcit fascinant sur le surgissement du mal. Rodrigo Rey Rosa le dbusque dans les paroles de l'ami qui trahit l'ami, dans les mensonges de la mre qui n'aime pas son enfant, dans le machisme de l'homme d'affaires sans scrupules, dans les combats quotidiens des dmunis pour tromper leur faim. Faisant alterner les points de vue sur un rythme haletant, dans une langue tantt sche, tantt d'une grande sensibilit, il se rvle l'un des plus solides romanciers de la littrature latino-amricaine actuelle.

  • "Confession d´un enfant du siècle, c´est le plus personnel, le plus intime des livres de Nicolas Rey qui se raconte ici pour la première fois, avec une sincérité qui émeut, sans aucun fard. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers, l´ambiance de ses romans, la vulnérabilité et la lâcheté amoureuse, les textos dans la salle de bain, le foot, Paris, l´amitié fusionnelle...
    Mais surtout, on y retrouve cette petite musique, cette grâce concise qui lui est propre, une manière de rendre universelle une sensation fugace, la vie ordinaire.
    Entre rire et larmes, un très beau texte, son plus beau texte penseront beaucoup, magnifique moment de lecture émaillé de joyaux, d´images et de phrases à lire et relire comme autant de vitamines pour l´âme."

  • Certaines personnes ne se séparent jamais. Ce sont des victimes volontaires de la vie en couple. Héros ou lâches selon l'heure des repas. Dans la salle de bains, une victime volontaire de la vie en couple écoute le dernier message de Bénédicte sans oser répondre pour ne pas faire de bruit.
    En ville, le soir, les mots d'amours s'échangent en fraude dans les salles de bain, avec un téléphone portable. Voilà pourquoi, vues d'avion, les villes scintillent à ce point.

    Après Treize minutes, Mémoire courte (prix de Flore 2000) et Un début prometteur, parus Au diable vauvert, Courir à trente ans est le quatrième livre de Nicolas Rey.

  • Dans une remarquable économie de mots, à petites touches, petites scènes de vie lucide et désenchantée, c'est toute une éducation sentimentale - les pièges de l'amour et du désir et les grands ratages de la vie -, vue à travers trois destins d'homme : le père en fin de course, Martin, le frère aîné déjà usé par une vie mise à l'épreuve des ambitions et des renoncements, et Henry, le narrateur, adolescent à l'aube de sa vie et des amours d'adulte.

    Un court et magnifique roman d'apprentissage.

  • « J'avais mis des digues un peu partout. J'avais même verrouillé chaque parcelle d'inattendu. Et puis, Maud a débarqué. » Après le Léger passage à vide que l'on sait et l'héroïque victoire de notre héros sur les addictions liquides, chimiques et médicamenteuses, l'amour, qui semblait avoir enfin déserté sa vie, a pourtant frappé par surprise en la personne de Maud.
    Mais l'amour n'est-il pas la plus dangereuse des addictions et le plus périlleux des chemins ?
    Du feuilleton diffusé sur France Inter, Nicolas Rey a donc gardé l'amour.

  • L'amour en marge

    Françoise Rey

    Une femme, auteure de livres érotiques, croise dans la rue deux marginaux à l´aspect inquiétant. Elle ne les repousse pas, ils se révèlent simplement humains. Tous les trois vont dans une chambre d´hôtel pour faire l´amour et se quittent.

    Une autre femme retourne dans la maison familiale aban­donnée pour enterrer sa mère. Un homme s´y cache, fuyant on ne sait quelle police. Il est nerveux et impudique. Elle ne le repousse pas. Ne s´inquiète pas de sa présence. Ils font l´amour et c´est une révélation.

    Mais qui sont ces trois marginaux ? Et quels liens les unissent ?



    Françoise Rey nous entraîne dans de nouvelles variations sur cette thématique très riche de la marginalité. Les récits se trament et l´on voit apparaître une composition originale où le sexe crée du sens et du lien dans des vies détruites.

  • Memoire courte

    Nicolas Rey

    Je suis revenu nickel, enfin libre, aérien. J'ai jeté un oeil autour de la table avec nonchalance. J'ai refusé le trou normand que l'on me proposait. La Normandie commençait à me courir pas mal. Je voulais Paris et mon appartement sur la butte. Un bar sombre et une touriste hollandaise. Je suis ainsi, le genre de type capable, à travers une chemise de nuit, d'un aller simple pour le reste du monde."" ""Je suis ainsi"", disons que je l'étais.
    C'était avant le mariage, avant la vie qu'on rate, avant l'éternité, avant la mémoire courte.
    Ce n'est pas très joyeux.
    Mais n'ayez crainte.
    Ça se lit très facilement.

  • Depuis l'Antiquité, cette entité mystérieuse a suscité interrogations et controverses, sans jamais jouir d'un consensus. Assimilé à l'espace, il a servi de référence pour repérer positions et mouvements. Baptisé éther, il a ensuite joué le rôle de transmetteur de la lumière, de la gravitation ou de l'électromagnétisme...

    Aujourd'hui, la physique quantique le considère comme un nouvel état de la matière, permettant de rendre compte de l'accélération de l'expansion de l'Univers.

    La dialectique du vide est féconde : c'est bien souvent l'analyse des paradoxes qu'il suscite qui contribue aux progrès de la physique. Cela reste-t-il vrai pour la physique contemporaine ?

  • Severina

    Rodrigo Rey Rosa

    Rodrigo Rey Rosa a donné une profondeur littéraire à l'histoire d'un amour fou qui pourrait être banale : une belle et mystérieuse jeune femme vole des livres chez un libraire qu'elle séduit et qui l'attire aussi. Les deux principaux personnages de ce court roman reçoivent, au fil des pages la compagnie d'êtres qui seront complices, témoins ou acteus. Il s'agit, en réalité, d'objets, mais dont la matière est noble et précieuse comme le sont les trente-cinq livres célébrés par l'auteur avec subtilité. Pas de liste circonstanciée, pas d'index pédant , mais bien cette divine compagne que tout bon lecteur recherche et qu'il trouvera dans ces pages.
    En lisant Rodrigo Rey Rosa, on pourra, une fois encore « apprendre à écrire et à recevoir une invitation
    au pur plaisir de se laisser entraîner par des histoires sinistres ou fantastiques » comme l'a dit Roberto Bolaño.

    Un delirio amoroso. Así define su autor esta novela, en la que la monótona existencia de un librero se ve conmocionada por la irrupción de una consumada ladrona de libros. Como en un sueño obsesivo en el que se difuminan las fronteras entre lo racional y lo irracional, el protagonista se va adentrando en las misteriosas circunstancias que rodean a Severina y en la equívoca relación que mantiene con su mentor, a quien presenta como su abuelo, al tiempo que alimenta la esperanza de que la lista de libros sustraídos la ayudará a entender el enigma de su vida. Rodrigo Rey Rosa ha creado una novela perturbadora acerca del poder a la vez alienante y liberador del amor, que confirma su lugar de privilegio en la literatura contemporánea.

  • Sept vies

    Thierry Rey

    • Stock
    • 31 Octobre 2018

    Du temps de ses exploits sportifs, la presse comparait  Thierry Rey à un chat. Et ce chat a bel et bien eu sept  vies. Minimum.
    L'une de celles-ci, épisode traumatique, l'a décidé à  raconter les autres, pour rassembler les pièces de son  puzzle.
    Du judo - il fut champion d'Europe, champion du monde  et champion olympique - aux plateaux de cinéma. Des  grandes années Canal+ au Lagardère Paris Racing.
    Sa vie sentimentale l'entraînera, sous le septennat  de Jacques Chirac, jusqu'aux portes de l'Élysée. Qu'il  franchira plus tard en devenant conseiller sport du  président Hollande. Après avoir fait campagne pour la  candidature victorieuse de Paris aux JO de 2024, il a  intégré son comité d'organisation.
    Des sphères qu'il réexplore sans nostalgie, mais non sans  humour.
    Sept vies, mais portées par une détermination unique.

  • Voici un ouvrage captivant tant par son projet que par sa forme. Les carnets noircis par le narrateur au fil de ses visites aux archives secrètes de la police du Guatemala nous révèlent des découpages bruts du réel qui interrogent constamment les limites entre crime politique et banditisme, entre idéologie et corruption, entre justice et terrorisme d'État. Au récit des difficultés rencontrées pendant ses recherches vont progressivement se surimposer les souvenirs, les réflexions personnelles, les lectures (Fouché, Voltaire, Borges et son ami Bioy Casares), mais aussi des bribes du quotidien et des questions éthiques. Le résultat est un fin et savant tissage qui nous renvoie à la fois à une certaine idée du journal d'écrivain et aux enquêtes les plus contemporaines sur la mémoire historique.

  • Après la chute

    Olivier Rey

    • Motifs
    • 7 Février 2018

    Alix, jeune doctorante en histoire médiévale, se heurte jour après jour au règne des chiffres, de la performance et de la quantité sur le monde. La jeune femme choisit l'exil volontaire pour donner un sens nouveau à son existence. Une quête de réalité et de salut, peinte avec ironie, qui passe par la nécessité de la littérature et de la poésie.
    Olivier Rey est chargé de recherche au CNRS. Il est notamment l'auteur d'Une question de taille, paru chez Stock en 2014 et de Quand le monde s'est fait nombre, paru en 2016 chez le même éditeur.

  • Lors de la fête pour les 88 ans de don Guido Carrion, un supposé incendie tue Douro II, un étalon cher à Guido. Un avocat et un écrivain qui ont assisté à la découverte du cadavre carbonisé du cheval mènent l'enquête. Celle-ci révèle la face cachée d'une famille et d'un pays rongé par la violence et le mal.

  • Fluctuat nec mergitur... Au lendemain des attentats de Paris, en novembre 2015, la devise de la capitale a fait le tour du monde, reprenant soudain une nouvelle vie. Qui eût imaginé il y a peu encore qu'une locution latine pourrait fédérer si fortement ? Car on les croyait bien morts - le grec ancien et le latin -, oubliant quelle intimité nous avions avec ces langues... Sans la moindre nostalgie, De la nécessité du grec et du latin rappelle de façon légère et vive cette belle complicité, soulignant combien ces deux langues contribuent depuis toujours à nourrir la vitalité du français, modelant jusqu'à notre façon de penser.

    Pourquoi dit-on que le grec et le latin sont des langues « mortes » ? Où est le plaisir à les apprendre ? Est-ce qu'ils sont vraiment importants pour l'orthographe et le sens des mots ? Est-ce que les oublier, c'est oublier nos origines ? Ont-ils un avenir ?

  • « (...) Au Guatemala, Rodrigo Rey Rosa se déplace beaucoup, apparemment insoucieux des dangers que peut entraîner aujourd'hui une telle mobilité. En 1989, il a traversé à pied, pendant plusieurs jours, la forêt tropicale qui couvre le Nord-Est du pays. Une année, il m'envoya des écrits d'un village dont les seuls habitants étaient des Indiens. Il était constamment à l'affût d'endroits où vivre et travailler dans les régions les plus éloignées. (...) »
    Paul Bowles
    (...) Et alors, on ne peut que penser à toute l'horreur qui s'est déversé sur le Guatemala, l'abjection et le sang. Et on pense aussi à Miguel Ángel Asturias, à Augusto Monterroso et maintenant à Rodrigo Rey Rosa, trois immenses écrivains venus d'un pays petit et infortuné. Et dans le miroir, l'image reste terrible et toujours vive. (...) »
    Roberto BOLAÑO

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