Robert Aird

  • Au Québec, la caricature est née en même temps que le journalisme, avec l'arrivée de l'imprimerie au début du régime anglais, et ces deux pratiques sont restées, depuis, indissociables. Le XIX e siècle a vu le foisonnement d'une infinité de journaux satiriques qui devaient une bonne part de leur succès aux caricatures qu'ils contenaient. Et quand la grande presse est apparue, elle a su, elle aussi, profiter de l'engouement du public pour ces dessins. La caricature a ainsi accompagné toutes les idéologies, tous les débats politiques, qui ont agité la société québécoise : on la retrouve aussi bien dans les feuilles fascistes de l'entre-deux-guerres que dans les publications syndicales militantes. Ce livre, qui contient plus de 200 illustrations, est le premier à présenter l'histoire de cet art populaire de ses débuts jusqu'à aujourd'hui. Faire l'histoire de la caricature, c'est refaire l'histoire du Québec d'une façon qui replonge immédiatement le lecteur dans la vie sociale et politique du temps passé. Et ce parcours amusant offre aussi l'occasion de revisiter les oeuvres d'artistes considérables : Jean-Baptiste Côté et Hector Berthelot, Henri Julien et Albéric Bourgeois, Robert LaPalme et Normand Hudon, Girerd et Berthio, Serge Chapleau et André-Philippe Côté.

  • Histoire du comique

    Robert Aird

    Le goût des Québécois pour la rigolade passe depuis longtemps pour un de leurs traits nationaux. Robert Aird fait ici l'histoire du rire au Québec sous l'angle politique, en dégageant ce que le comique révèle des rapports du peuple avec les pouvoirs de l'État, de l'Église ou des élites. Il illustre son propos par des exemples qui font encore rire aujourd'hui - du moins dans la plupart des cas. Il montre la persistance, dans les fêtes populaires, de la tradition carnavalesque, héritée du Moyen Âge, notamment avec cette étonnante coutume du charivari, par lequel les anciens Canadiens exprimaient leur désapprobation de certains comportements sociaux. Il rend compte de la vigueur de la tradition orale et du conte, d'où dérive l'art des monologuistes, encore bien vivant de nos jours. Il évoque la multitude de journaux satiriques qui ont fleuri au xix e siècle. Il présente ces amuseurs publics, comme Napoléon Aubin, Hector Berthelot ou Jules Fournier, qui ont eu des ennuis avec la justice pour s'être payé la tête des puissants. Il rappelle le souvenir de la Bolduc et de Jean Narrache dans les années de crise, du personnage de Fridolin durant la guerre, des comiques de l'âge d'or des cabarets sous Duplessis et des chansonniers du temps de la Révolution tranquille. Il en arrive enfin à l'époque actuelle, caractérisée par l'industrialisation du rire et la société humoristique. Ce faisant, Robert Aird donne une version populaire, amusante et insolite de l'histoire du Québec.

  • Le fort sentiment d'identification des Québécois envers l'humour et l'enracinement culturel des comédies québécoises expliquent sans doute plusieurs succès de salle. Du burlesque à la satire, du cinéma d'auteur au cinéma populaire, de Claude Jutra à Ricardo Trogi, ce portrait analytique et exhaustif permet de découvrir un pan important de l'histoire contemporaine du Québec dans un immense éclat de rire. Robert Aird et Marc-André Robert recensent et analysent plus de 150 longs métrages et révèlent les façons dont le rire au cinéma a contribué à définir le peuple québécois et son histoire. On y découvre les sujets et les objets de dérision ainsi que de nombreuses situations et répliques comiques selon les époques et les contextes. C'est une version bien particulière de notre histoire, de notre société et de nous-mêmes que raconte l'humour au cinéma québécois. Robert Aird est diplômé en histoire à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Historien de l'humour au Québec, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont L'histoire de l'humour au Québec, de 1945 à nos jours (VLB éditeur, 2004). Il a publié nombre d'articles sur l'humour et a donné maintes conférences. Il enseigne l'histoire de l'humour à l'École nationale de l'humour. En 2013, il a fait paraître chez Triptyque Les Cyniques, le rire de la Révolution tranquille, en codirection avec Lucie Joubert. Marc-André Robert est professeur en documentation au collège de Maisonneuve. Spécialiste de l'histoire du cinéma gouvernemental au Québec et des rapports entre le cinéma et la politique en Occident, il s'intéresse également au cinéma marginal, de même qu'aux films de famille. La thèse qu'il prépare porte sur l'Office du film du Québec et sur l'utilisation politique du cinéma par l'État québécois entre 1961 et 1983. Il est l'auteur de Dans la caméra de l'abbé Proulx. La société agricole et rurale de Duplessis (Septentrion, 2013).

  • Dans ce petit ouvrage décapant,les auteurs parodient les dialogues socratiques pour plonger dans les débats qui ont marqué la vie politique des dernières années. Pour ce faire, ils transportent sur l'agora d'Athènes des discours que le lecteur avisé saura attribuer sans difficulté à nos rhéteurs contemporains. On retrouve ainsi un Socrate malicieux mais toujours soucieux du bien public en pleine conversation avec Ministrempos,Alargentos, Xenophobite ou Ploutocratos à propos de la grève étudiante, des gaz de schistes, de la laïcité ou de la collusion dans les travaux publics. Qu'en dis-tu Socrate ? est le livre de deux amoureux de la politique et de la philosophie dont l'humour jubilatoire ne les empêche pas de poser certaines des questions les plus importantes de l'heure.

  • L'Inconvénient consacre le dossier thématique de son numéro d'automne à l'autodérision. « Celui qui pratique l'autodérision consent à ce que les autres rient de lui ; en revanche, l'autodérision le laisse maître du jeu, puisque c'est lui-même qui décide de quoi l'on rit. Tandis que les autres rient, c'est lui qui parle. Faire rire les autres sera-t-il une façon de les faire taire ? » (extrait de l'éditorial) Lisez Gilles Archambault sur les ruses de l'autodérision, Laurence Côté-Fournier sur la question de l'authenticité, Robert Aird sur l'autodérision à la québécoise, Frédéric Saenen sur la belge et David Homel sur l'identité. Ce numéro comprend aussi la deuxième partie de Jazz et Java copains de Stanley Péan, un essai comparatif sur le rapport à la vérité dans les séries Feabag et Chernobyl, un portrait de l'artiste multidisciplinaire Isabelle Guimond et une fiction sur l'endettement d'Antonin Mireault-Plante, entre autres.

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