Robert Levesque

  • Aborder le sujet de la "Terre Nourricière", c'est parler de l'avenir de l'homme et de son alimentation. Pour résoudre le problème de l'alimentation mondiale, l'homme doit modifier extrêmement rapidement ses modes de consommation et de production en mettant fin au pillage des biens communs de l'humanité : le climat, la terre nourricière, les éléments minéraux non substituables, comme les phosphates et la potasse. Le danger le plus immédiat se nomme dérèglement climatique. Voici une invitation pressante à la vie prudente, honorable et juste, pour préparer "l'écolocène".

  • Un futur meilleur, enviable, nous attend ; celui de la réconciliation de l'Humanité avec sa planète bleue, sa maison, son jardin. Aujourd'hui, nous savons que nous vivons au-dessus de nos moyens écologiques. Abandonnons notre société guerrière d'hyperconsommation. Rassemblons-nous pour ménager notre planète. Développons notre humanité en empruntant la voie de la réconciliation de l'Humanité avec sa Terre. Chemin passionnant sur lequel chacun d'entre nous est convié.

  • Accro de littérature et de théâtre, Robert Lévesque nourrit une passion semblable pour le cinéma du monde entier, et c'est cette passion qu'il nous fait partager ici. Une passion éminemment « lévesquienne », c'est-à-dire absolue, dévorante, inséparable de sa vie même et de ce que cette vie a fait de lui. Une passion active, avide, nourrissant une curiosité insatiable, un besoin constant de découvrir et d'admirer, et d'en savoir toujours plus sur ce que l'on découvre et admire.

    Dans le style inimitable qui est le sien, il nous ouvre ici les portes de son « cinoche » à lui, qu'il s'est construit peu à peu avec les années, « au privilège du hasard », comme il dit, c'est-à-dire avec les matériaux que la vie lui a apportés, séances de fin d'après-midi, films attrapés à la télé, bouquins, rencontres, anecdotes, souvenirs de jeunesse, etc. Ce n'est pas une théorie qu'il propose, ni même de l'analyse critique proprement dite, mais plutôt une suite d'instants, de coups de foudre, parfois de divagations - de « décadrages » - qui, tous, parlent évidemment de cinéma, mais en même temps de lui-même et du monde qui nous entoure.

    L'ouvrage contient une soixantaine de textes brefs. Ils évoquent tantôt l'oeuvre de grands cinéastes du dernier siècle (de Jean Renoir à Truffaut, de Ozu à Bresson, de Buster Keaton à John Huston, d'Agnès Varda à Maurice Pialat), tantôt certains films inoubliables (« Nosferatu », « Un chien andalou », « L'Année dernière à Marienbad », « Le Dernier Tango à Paris »), tantôt encore, cela va de soi, le visage légendaire des stars qui ont fasciné les cinéphiles dans toutes les salles de la planète (Bette Davis, Peter O'Toole, Gérard Depardieu, Ava Gardner, Michel Simon). Il est aussi question de cinéma québécois, des rapports du septième art avec la littérature (Kleist ou Proust, par exemple), des films non tournés, perdus ou détruits.

  • Connaissez-vous l'auteur québécois François Moreau ? Saviez-vous que le sublime Bernard-Marie Koltès avait visité le Québec à l'âge de dix-neuf ans, que le Bartleby de Melville avait un frère russe du nom d'Oblomov, qu'une partie des archives de Kafka a traîné pendant des années dans un appartement poussiéreux de Tel-Aviv ? Avez-vous déjà lu Jean-Pierre Issenhuth, Bernard Frank ou Jean-René Huguenin ? Et les lettres de jeunesse de Jean Genet à son amie Andrée Plainemaison, surnommée Ibis ? Ou les Cahiers de prison de Louis-Ferdinand Céline ? À toutes ces questions de la plus haute importance, Robert Lévesque peut répondre oui, lui le « lecteur impuni », l'insatiable fouineur, jamais las d'engloutir des pages et des pages de ses auteurs de prédilection et de tout savoir à leur sujet, le moindre détail, le plus petit événement, l'origine et le sort du manuscrit le plus obscur.

    Tous ces livres, non seulement il les a lus, relus, annotés, mais il en a fait en plus la matière même de sa vie, l'unique objet de ses passions, avec ses trois chats et sa chère Béatrix. Et il en parle avec la verve qu'on lui connaît, ce style désinvolte, comme impatient, ce goût des digressions et des anecdotes qui font les meilleurs chroniqueurs, surtout quand ils savent, en parlant des autres, parler en même temps d'eux-mêmes, tantôt nostalgiquement, tantôt ironiquement, comme le fait ici l'auteur quand il se rappelle ses découvertes de jeunesse, ses débuts dans le journalisme, un récital de Wilhelm Kempff au Petit Séminaire de Rimouski... Et tout le reste.

    Issu de chroniques parues dans la revue Liberté, Le Lecteur impuni est le neuvième livre de Robert Lévesque à paraître dans la collection « Papiers collés ».

  • « C'est la nuit, dans mon enfance, entre veille et sommeil, que m'est venu l'attrait des trains », nous confie Robert Lévesque. « Je l'écoutais naître au loin, et mourir au loin, cette grande plainte sifflante qui m'était une invitation au voyage. » Le chemin de fer sert de fil d'Ariane à ces textes qui traitent d'écrivains ou d'artistes, de Franz Kafka à Madame Bolduc, en passant par Jack London, Fats Waller, Arthur Buies, Oscar Wilde ou Matthieu Galey. Avec la culture et l'intelligence qui le caractérisent, Robert Lévesque nous entraîne en leur compagnie dans ses pérégrinations.

  • Par le truchement d'une série de textes relatant ses nombreux voyages, et dont l'ensemble constitue le tableau d'une vie, l'auteur s'efforce d'affirmer qu'il est né pour le bonheur puisqu'il a réussi à le répartir en fragments innombrables de plaisirs et de jouissances variées, au cours d'une existence partagée entre l'extase et la réflexion. Ainsi pourrait-on désigner Robert Levesque du titre qu'il donne lui-même à l'une de ces rêveries : Un Homme de plaisir. Car pour cette âme à la fois fine et vibrante, tout en effet est prétexte à se réjouir du merveilleux don de vivre. Qu'il se trouve à Athènes ou dans l'Estramadure, à Séville ou à Fès, à Budapest ou à Tanger, à Flo. rence ou dans les Grottes d'Altamira ; qu'il traverse une fête foraine à Madère ; qu'il bouquine à Paris le long des quais ; qu'il vive une de ces incomparables « nuits claires » de Saint-Pétersbourg ; qu'il s'éloigne de Marrakech ; descende au Pirée ; évoque ses souvenirs d'enfance en Savoie, son pouvoir d'attention coïncide avec le pouvoir d'être heureux. Un ensemble d'architecture, un regard entrevu, le soleil sur la mer, la couleur des vieilles pierres, une conversation, un geste, tout cela s'est fixé avec grâce et gravité dans la mémoire d'un homme que son avidité d'être, inlassablement, est parvenue à combler. Robert Levesque, né en 1909 à Neuilly-sur-Seine, est professeur de philosophie au Lycée Français de Fès depuis 1949. Il a beaucoup voyagé dans les pays méditerranéens et, ayant été nommé à l'Institut Français d'Athènes en 1941, s'est particulièrement intéressé à la poésie néohellénique.

  • Récits bariolés, c'est-à-dire aussi colorés que variés, débordants de personnages et de scènes inoubliables, tantôt drôles, tantôt émouvants, toujours inattendus, les textes que Robert Lévesque a réunis ici se lisent comme autant de petites conversations amicales, dans lesquelles un lecteur passionné, pour qui l'art et la littérature sont la nourriture et le décor privilégié de sa vie et de sa pensée, rapporte ses découvertes et exprime ses ravissements comme ses déconvenues, ses sympathies comme ses antipathies. Qu'elles proviennent du XVIIe siècle ou du présent le plus proche, d'Europe ou du Québec, ces découvertes donnent lieu chaque fois à un récit vif, enlevé, porté par une prose souple et chatoyante où fusent les bons mots, les formules heureuses, les traits qui font mouche et les idées surprenantes. Du potin à l'analyse, de l'anecdote à la réflexion, de Molière à Michael Moore, de Stendhal à Pierre Bourgault, Robert Lévesque, accompagné de ses chats amis, se promène dans l'histoire artistique et intellectuelle comme dans un jardin familier, qu'il fréquente depuis toujours mais où chaque sortie, chaque lecture lui fait trouver du nouveau, de l'inédit, du merveilleux. Publiées d'abord dans le journal montréalais Ici, cette soixantaine de chroniques, quel qu'en soit le sujet ou le prétexte, portent toujours la même marque, celle d'un esprit auquel sa culture apporte une liberté et une aisance parfaites.

  • Le populisme est un phénomène récurrent de tous les régimes politiques où peut se faire entendre la voix du peuple. Le Québec, pas plus qu'un autre, n'échappe à ce phénomène. Dans cet essai d'histoire politique qui se lit comme un roman, Robert Lévesque montre que le populisme est « une forme vide, remplie par chaque leader », et que cette expérience se révèle parfois féconde, parfois décevante. Proche de ses paroissiens, le curé Labelle galvanise les énergies autour de lui en des cercles de plus en plus larges. Il devient sous-ministre de la Colonisation, développe ses réseaux d'influence jusqu'en France, réussit même à embrigader dans sa croisade l'écrivain libre-penseur Arthur Buies. Et il laisse un héritage dont on peut certes discuter la valeur, mais dont on ne peut contester la réalité. Camillien Houde, « le p'tit gars de Sainte-Marie », séduit le populo par sa gouaille de cabotin. Il met les rieurs de son côté dans les assemblées politiques et sait jouer en maître de ce nouveau média qu'est la radio. Il devient député, chef du Parti conservateur au Québec, chef de l'opposition officielle, maire de Montréal, mais il ne laisse, au bout du compte, que le souvenir d'un personnage pittoresque, dont l'ambition politique n'allait pas plus loin que sa promotion personnelle. Par le récit de ces vies parallèles, Robert Lévesque illustre avec brio les aléas de la tentation populiste, ses brillants succès comme ses dangereuses illusions.

  • Digression : « développement écrit qui s'écarte du sujet » (Robert) ; « développement étranger au sujet » (Larousse) ; bref : hasard et liberté, bifurcations, détours, intuitions subites, comme il arrive à un promeneur qui n'a pas de destination et qui se laisse porter par l'inspiration du moment, les rencontres inopinées et, surtout, le plaisir de la vraie découverte.

    Dans la prose pétillante qu'on lui connaît, Robert Lévesque nous fait entrer ici dans le laboratoire intime de sa pensée et de son écriture. Une pensée qui, à la ligne droite et sévère, préfère les méandres, les allusions, l'imprévu, en un mot : l'aventure. Dans la vingtaine de textes qui composent ce volume, l'auteur évoque ses amours littéraires ou cinématographiques (Louis-Ferdinand Céline, Samuel Beckett, Giorgio Bassani, Gabrielle Roy, Rimbaud, Buñuel, Truffaut), ses rencontres parfois anciennes (avec Geneviève Bujold, avec le village d'Angoisse au Périgord, avec un portrait de sa mère avant sa naissance), à l'occasion quelques-unes de ses têtes de turc montréalaises. Mais partout, il le fait sans s'appesantir, comme en passant, avec la sincérité et l'extrême partialité de celui qui n'a rien à prêcher et qui ne parle au nom de personne d'autre que soi-même.

    Qu'est-ce que la littérature, au fond, qu'est-ce en particulier que l'essai, tel que nous l'a enseigné Montaigne, le maître ès « sauts et gambades », sinon l'art de se rendre disponible à toutes les surprises, c'est-à-dire le besoin, le délice de la digression ?

  • L'art vidéo célébrait ses 50 ans cette année. 24 images fait le point sur cet art toujours aussi vivant et en mouvement, demeurant « un geste artistique, poétique et politique exécuté dans un désir de libérer le langage, et de se libérer par le langage, d'un ordre établi » (Marie-Claude Loiselle). Au sommaire, un entretien avec Marc Mercier, directeur artistique des Instants vidéo de Marseille, les années 70 au Québec ainsi qu'une présentation des oeuvres du DVD 24 images qui parcourent l'art vidéo québécois de 1972 à 2013. Hors dossier, un hommage à Aldo Tambellini, un retour sur l'oeuvre de Xavier Dolan à l'aube de la sortie prochaine de Tom à la ferme ainsi qu'un pavé dans la mare jeté par Nicolas Klotz à propos de La vie d'Adèle.

  • Face à la rumeur qui annonce des catastrophes aux Québécois, tentés par la souveraineté, René Lévesque, Premier ministre du Québec dénonce les rouages et les injustices du piège fédéraliste. Dix ans après le stupéfiant Vive le Québec libre prononcé par le général de Gaulle sur le balcon de l'Hôtel de Ville de Montréal, les Québécois sont encore surpris par la victoire du parti québécois, le 15 novembre 1976. Ils veulent rester fidèles à leur enracinement en Amérique du Nord, tout en adoptant un projet de société qui s'inspire de la social-démocratie européenne. Ils en décideront par référendum. On va devenir ce que nous sommes. René, comme on l'appelle familièrement au Québec, répond avec franchise, en évoquant sa jeunesse au fin fond de la Gaspésie, sa découverte du nationalisme, sa carrière de journaliste, le saut en politique, la rupture avec le parti libéral sur la question de la souveraineté, la fondation du parti québécois et l'accession au pouvoir. Face au rouleau compresseur de deux cents millions d'anglophones, il témoigne de la ténacité des nègres blancs d'Amérique qui, confiants dans la force de leur différence, sont tout près de réussir à créer un État souverain. Aucun Français ne peut être indifférent.

  • Lire Ducharme sans Ducharme, c'est à cela que le mystérieux écrivain convia son lectorat. Depuis sa mort en 2017, c'est un état de fait d'autant plus vrai. « Lire Ducharme sans Ducharme » pour la revue L'Inconvénient, c'est l'occasion de consacrer un numéro estival à revisiter l'héritage et l'oeuvre de cet auteur à l'écriture « baroque et bigarrée, truffée de références savantes et populaires, de calembours, de virtuosités langagières aussitôt annulées par des maladresses délibérées. » En peinture, découvrez l'oeuvre de Trevor Kiernander. Lisez aussi un extrait du prochain roman de Ying Chen « où Irène Curie croise des Japonais décédés sous le rayonnement des bombes. » Ensuite, Georges Privet discute des échanges créatifs entre cinéma et nouvelles expériences immersives. Sylvain David, lui, offre un tour d'horizon de polars internationaux au petit écran, puis Stanley Péan livre la première partie d'un essai sur le jazz et la condition des Noirs aux États-Unis.

  • À mesure que la ville est accaparée par les intérêts immobiliers et que le territoire est grignoté par un étalement urbain hors de contrôle, le ciel, c'est l'idée toute simple à l'origine de ce dossier, disparaît. La ville se densifie. L'accès à la nature se complexifie. Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre enclavés, privés de la possibilité même de contempler l'horizon, de laisser notre regard se perdre dans l'immensité. La disparition du ciel, c'est aussi l'effritement de notre rapport au mystère, à l'impalpable, voire au sacré. Quelles formes de spiritualité cultive-t-on aujourd'hui ? Notre vie intérieure, notre imaginaire, sont-ils aussi étroits que les espaces que nous habitons ? Nous nous sommes affranchis, et tant mieux, des dogmes imposés par la religion, mais il semble parfois que notre capacité à estimer la valeur de l'immatériel, de ce qui ne peut pas être saisi et quantifié, s'est émoussée.

    Au printemps 2020, lorsque nous nous sommes tous, sans exception mais dans des conditions fort inégalitaires, retrouvés pris entre quatre murs, la disparition du ciel a soudain acquis un sens très concret, pressant, nous incitant à réévaluer nos manières de vivre et de concevoir le monde. La disparition du ciel désigne aussi, et peut-être même avant tout, ce blocage de notre horizon symbolique et politique. Nous avons apprécié la lenteur amenée par le confinement, et durant nos marches quotidiennes nous avons beaucoup regardé le ciel, presque un ciel de campagne tellement il était cristallin. L'air était bon, le silence était clair. Alors que la vie reprend son cours, n'oublions pas de lever les yeux au ciel, et demandons-nous comment y projeter, enfin, des rêves plus justes et plus porteurs.

  • Le droit est partout. Les moindres parcelles de nos existences sont susceptibles d'être happées par les filets de la judiciarisation et les revendications de droits se multiplient. Les pires cauchemars de Kafka habitent de plus en plus notre quotidien et le développement du droit sado-libéral, pour reprendre l'expression de Dany-Robert Dufour, est en train de pervertir les visées d'émancipation et de nous faire oublier jusqu'à l'idée même de justice... Quelle place le droit fait-il aujourd'hui à l'idéal de justice dans notre monde ? Peut-on encore poser la question de rapports justes entre les gens dans une perspective qui échappe au strict respect des formes prescrites par le droit ? Liberté se penche sur ces enjeux dans le dossier de son numéro de septembre, qui porte sur « Le droit sans la justice ».

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