Robert Poujade

  • Au terme d'un demi-siècle de vie publique, Robert Poujade, entré en politique en 1946, évoque les premières années de la Ve République, telles qu'il les a vécues, et ses rencontres avec " l'homme de la grandeur de la France " (le général de Gaulle) et " l'homme du bonheur des Français " (Georges Pompidou), dont il fut également proche.C'est le premier, en 1968, qui pousse ce jeune parlementaire à devenir secrétaire général de l'UDR, avec pour mission de " faire venir à nous une nouvelle génération ". À ce poste, il observe le soulèvement de Mai et s'attire, à l'Assemblée, cet éloge de Mauriac : " Sa parole inspirée naît de la jonction d'une pensée et d'une vertu. " Plus tard, Pompidou lui confiera la charge du premier ministère de l'environnement, avec ces mots : " Vous allez apprendre ce que c'est que l'administration ! "De Gaulle et Pompidou antithétiques ? Complémentaires, répond Robert Poujade : l'un, personnage d'épopée, incarnant son rêve visionnaire ; l'autre, universitaire subtil, est proche de la France profonde.Au fil des souvenirs, le lecteur traverse une galerie de portraits pris sur le vif : de Michel Debré à Jacques Chaban-Delmas, d'Edgar Faure " Ulysse aux mille tours " à Peyrefitte, Guichard, Jacques Chirac, Édouard Balladur... et même le chanoine Kir, maire excentrique de Dijon.

  • Tenir tête aux pollueurs... Protéger les rivages, les rivières, l'air, le sol, le sous-sol de la cupidité des industriels et des constructeurs... Bâtir des villes qui soient belles et habitables... Lutter contre le bruit... Est-ce possible dans notre société libérale, guidée par le souci de la rentabilité et la recherche systématique du profit maximum ? Est-ce supportable par l'économie d'un pays qui a déjà bien du mal à réussir son industrialisation ? C'est possible et c'est même indispensable, répond Robert Poujade. La société libérale est en train de jouer son avenir sur la question de savoir si elle résoudra ou non le problème de l'environnement et de la protection de la nature. Mais ce ne sera pas là tâche facile. Robert Poujade le sait, qui a créé en janvier 1971, à la demande de Georges Pompidou, le ministère de la Protection de la nature et de l'Environnement, devenu ministère de la Qualité de la vie. Pendant un an, il s'est tu. Aujourd'hui, il raconte son expérience, son combat pendant trois ans contre l'esprit de lucre des uns, la négligence, la routine ou l'égoïsme des autres. Son combat contre l'industrie privée bien sûr, mais aussi contre l'inertie de l'administration, jalouse de ses prérogatives et de ses traditions ; contre les entreprises publiques, comme l'E.D.F. qui plante "autoritairement ses pylônes aux plus mauvais endroits". Ce que Robert Poujade raconte dans son livre, c'est l'aventure étonnante et par bien des côtés inquiétante de ce "ministère de l'impossible" qui dérangeait trop de gens pour qu'on lui donne tous les moyens d'agir.

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