Roland Bourneuf

  • Vieillir n'est plus synonyme de déclin et de fin prochaine. À la faveur d'une bonne santé, plusieurs aînés abordent le troisième âge dans toute la force de leur maturité, aspirant à y trouver un surcroît de vie. Mais des questions se posent pour y arriver : que reste-t-il d'essentiel après avoir élevé une famille, satisfait à des engagements sociaux, oeuvré et créé professionnellement ? Dans quelles valeurs ancrer le présent ? Et sur quoi miser pour continuer à grandir intérieurement malgré les diminutions physiques ?

    Ces pages d'un aîné, qui tiennent à la fois du témoignage, de la réflexion et du regard sur le monde, accompagnent le cheminement de notre société vieillissante. Les harmoniques du passé, du présent et de l'avenir s'y fondent en une musique des mots qui nous conduit dans les profondeurs de la vie, là où tout reprend sens.

    La beauté de l'écriture et la finesse des observations
    Un questionnement qui refuse les réponses trop rapides mais qui ouvre des brèches de sens

    Natif de France, Roland Bourneuf s'est établi au Québec dans les années 60 après avoir enseigné à Paris. Il a été professeur de littérature à l'Université Laval et a publié une vingtaine d'ouvrages (fiction, essais, études sur la peinture). Il a reçu plusieurs prix littéraires.

  • Partout, défiant l'inventaire, qu'ils soient fabriqués ou qu'ils existent par eux-mêmes, les objets nous sollicitent et nous envahissent. Je réponds à leur présence par l'indifférence de l'habitué ou du somnambule. Ou bien je m'arrête devant ceux que je distingue - ou ceux qui me choisissent - observe, saisis, palpe, hume, écoute. Je fais silence, je contemple.

  • Dans cet essai à saveur de chroniques, Roland Bourneuf observe avec acuité le monde qui nous entoure en tissant des liens à la fois justes et émouvants entre le petit et l'universel. Ainsi, en nous entraînant avec lui dans ses voyages autour du monde, il ouvre la porte à une multitude de réflexions nuancées, chaque ville ou chaque lieu devenant le point de départ d'une pensée plus vaste. Loin d'être didactique ou pédagogique, le livre suggère plutôt un ensemble de points de vue émanant d'un homme d'une très grande humanité. Avec beaucoup de pudeur, de délicatesse, mais sans perdre son regard critique, Roland Bourneuf lie le passé au présent, l'Autre à Soi, et remet en perspective les événements récents.

  • « Substituer l'imaginaire exaltant au réel morne ou intolérable », l'expérience est connue des lecteurs quand ils cèdent à leur plaisir familier. Or la lecture, avance Roland Bourneuf, nous réconcilie tout autant avec la « vie palpable », accomplissant ce prodige, par l'aventure d'un autre, de rapprocher l'être de lui-même ou, plus précisément, de ce qui l'attend en lui-même.
    À la succession de commentaires sur les auteurs et les livres qu'il a aimés, de son enfance à aujourd'hui, l'auteur a préféré un parcours en chassé-croisé, tel livre appelant tel épisode de sa vie, la lecture se présentant comme exercice d'intimité : de même qu'on apprend à lire, avec ou sans théories, on doit apprendre à être soi, on le devient. Ainsi referme-t-on Pierres de touche avec le sentiment d'avoir eu une bibliothèque comme demeure. Une immense bibliothèque.

  • Nombreux sont les aventuriers dans l'oeuvre de Roland Bourneuf, grand voyageur aussi passionné de paysages que de constructions humaines. Il invente, ou réinvente, l'odyssée d'hommes qui n'ont jamais peur de se mesurer à l'immensité de la terre, moine, poète, peintre ou pèlerin en quête du paradis, d'amour, de liberté ou d'absolu. Si ces rêveurs solitaires se nourrissent d'horizon ou s'égarent dans leurs labyrinthes, les femmes s'enracinent et cultivent leur jardin. Gardiennes des lieux et de la mémoire, elles sont loyales, séduisantes, pudiques, volontaires ou furtivement dévouées, telle cette bénévole oeuvrant auprès des rescapés des camps nazis.
    Équilibrant maturité des personnages et subtile beauté de la prose, l'auteur interroge sans répit le mystère du monde visible et crée des panoramas qui rendent tangibles des parcours de vie. La lecture de L'étranger dans la montagne nous propose une fascinante traversée dans le regard de l'écrivain-marcheur.

  • Qui est cette femme mystérieuse portant le large chapeau en couverture du numéro d'automne de la revue Nuit blanche ? Catherine Colomb, romancière suisse ayant passé inaperçue en dehors de son pays, « est pourtant une des plus grandes écrivaines du XXe siècle ». Découvrez-la dans la rubrique « Écrivain(e)s méconnu(e)s du XXe siècle » qui fête ses 20 ans. Célébrant aussi ses 20 ans, la rubrique du « Livre jamais lu » cède la parole à Valérie Forgues qui raconte le livre (ou plutôt le film) l'ayant naguère fortement marquée. Aussi au sommaire : une lettre de Michel Pleau au poète et professeur Jean-Noël Pontbriand, les « récits naturels » de Jean-Yves Soucy, François Landry et Muriel Wylie Blanchet, Suzanne Jacob et ses oeuvres, une balade avec Heather O'Neill dans les rues montréalaises, et De Gaulle, l'indépendantiste, La tentation québécoise de John F. Kennedy et Qui veut la peau du Parti québécois ? de Jean-François Lisée à travers la plume de François Lavallée. (source : Nuit blanche)

  • Avec ce numéro d'été, Nuit blanche salue la bonne idée qu'ont eue Vincent Lambert et Isabelle Miron de faire paraître le collectif J'écris fleuve, exercice de « géopoétique », recueil de prises de position, de récits de création en hommage au « fleuve qui soutient [notre] identité et nourrit le monde ». Chaque époque en ramène d'autres. Et l'air du temps serait à la contre-culture et aux années 1970. Par David Laporte, entre autres, tour d'horizon d'une période « à la fois bouillonnante et méconnue » qui aura laissé dans son sillage sexualité libre, groupes écologiques, coopératives d'habitation... Puis, retour en juillet 1936 pour la guerre d'Espagne. Prenant comme point de départ le roman Pas pleurer (prix Goncourt 2014) de Lydie Salvayre, Roland Bourneuf signe un texte aussi poignant qu'éclairant sur cette « guerre impitoyable et d'une extrême violence ». Ce numéro nous fait aussi découvrir Simone Chaput, l'une des voix les plus originales de la littérature franco-manitobaine, ainsi que Kebir Mustapha Ammi, écrivain d'origine marocaine, et nous propose un tour d'horizon de l'oeuvre de Yann Martel.

  • On ne se console pas de la disparition d'un écrivain, penseur et humaniste comme Pierre Vadeboncoeur, dont la brusque absence est une présence redoublée. Se joignent ici les voix de Pierre Ouellet, Marie-Andrée Lamontagne, Yvon Rivard et Roland Bourneuf, pour lui rendre hommage. Les écrits honorent également la mémoire d'un autre grand absent, Michel van Schendel, dont on peut lire un bref récit poétique, La nuit humaine. Les pages de ce numéro font aussi place à des textes inédits de grands écrivains de réputation internationale : Marcel Moreau, Richard Millet et Yves di Manno. Enfin, cette édition est traversée par les oeuvres de l'artiste canadien d'origine roumaine Peter Krausz.

  • Un coffret déniché chez un antiquaire, des figurines, il n'en faut pas davantage pour lancer Arnaud Bermane dans le récit de ceux qui forment sa famille. Papa, maman : un propriétaire terrien qui a épousé une jeune fille de belle souche. Un frère rebelle, un grand-père âpre au gain. Des cousins : un exemplaire saint-cyrien et un fantasque explorateur. La table est mise pour que défilent de larges pans de l'histoire de France, la France des petites gens, celle des illusions, mais aussi celle de la guerre - des guerres. Les temps s'apaisent, l'appel de la route devient plus fort que tout, Arnaud s'y engage, dans une solitude à la fois désirée et rebutante, noircissant des carnets dans l'espoir que sa fille, jamais connue, les découvre.

  • Les nouvelles du « Traversier » mettent en scène des hommes dont l'avenir se réduit à une peau de chagrin. Ils ont la désagréable impression que leur vie leur a échappé.
    « Le traversier » est une allégorie du passage vers un nouvel état de conscience dont l'urgence exacerbe l'angoisse des personnages. Car pour ces hommes vieillissants, demain sera peut-être trop tard et leur histoire risque de tourner court avant que d'être vécue.

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