Romeo Bouchard

  • Malgré son succès d'estime, l'agriculture biologique demeure marginale au Québec. Sa part dans notre panier d'alimentation ne dépasse guère 2 % et ne progresse pas significativement depuis 10 ans. Comment expliquer ce phénomène ? Dans Les champs de bataille, Roméo Bouchard reprend son bâton de pèlerin pour fustiger les politiques agricoles, le monopole syndical et la mainmise de l'industrie sur l'agroalimentaire qui sont selon lui à l'origine de cette stagnation.

    Rendant hommage au travail des pionniers d'une agriculture écologique et de proximité, l'auteur retrace l'évolution de la filière biologique au Québec et expose les défis auxquels doivent faire face les agriculteurs alternatifs d'aujourd'hui. Absence de volonté politique et de moyens financiers adéquats pour soutenir leurs activités, prix inabordable des terres et contraintes rigides de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, imposition de normes sanitaires industrielles et harcèlement des inspecteurs du gouvernement, absence d'organisation corporative pour défendre leurs intérêts, remise en question de l'utilité et de la crédibilité de la certification bio : les agriculteurs artisans, abandonnés à leur sort, ne peuvent décidément compter que sur eux-mêmes.

    Dans la foulée du rapport Pronovost, l'ex-président de l'Union paysanne insiste sur l'urgence de faire un choix politique en faveur du bio, la seule agriculture de l'avenir pour notre environnement et notre santé. Il est temps de redonner au paysan la place qu'il n'aurait jamais dû perdre.

  • Un pays est d'abord un territoire, et il a fallu des siècles pour occuper celui du Québec. Mais la désintégration des régions périphériques et le fossé qui se creuse chaque jour davantage entre elles et la région de Montréal constituent une menace sans précédent pour l'identité, l'intégrité et l'avenir du Québec.

    Depuis la parution de la première édition en 2006, «Y a-t-il un avenir pour les régions?» est devenu un livre de référence pour penser la problématique des régions au Québec. Si plusieurs situations ont évolué, le constat qu'y posait Roméo Bouchard garde toute sa pertinence car depuis, la dévitalisation et la pression sur les ressources forestières, agricoles et surtout minières s'accentuent dans les régions périphériques.

    Cet essai percutant, entièrement réactualisé, dresse un bilan sans complaisance de 40 ans de politiques de développement régional et d'initiatives de développement local et propose une véritable politique d'occupation du territoire. Traçant un portrait précis de chacune des régions administratives du Québec leur histoire, leurs particularités, leurs richesses et leurs défis , il révèle le Québec dans toute son étendue et sa variété. Il inspirera à coup sûr des projets de voyage, de développement rural et d'entraide inter-régionale.

  • L'Union des producteurs agricoles est le plus gros lobby du Québec. Dans ce livre, Roméo Bouchard s'attaque de front à son statut de syndicat agricole unique et obligatoire, source de son influence démesurée sur un secteur d'activité économique vital et sur le quotidien de tous les Québécois. Le problème, outre le déficit démocratique du système, c'est que l'UPA a épousé dans les dernières décennies le modèle d'une agriculture productiviste mondialisée, celle des exploitations géantes, des grands intégrateurs et des multinationales comme Monsanto. Cette orientation a de lourdes conséquences sur l'occupation du territoire, sur l'environnement et sur l'alimentation et la santé de la population. Pour Roméo Bouchard, seule la sensibilisation des citoyens à cette réalité largement occultée - et leur mobilisation - permettront de diversifier notre paysage agricole. La fin du monopole syndical de l'UPA est selon lui une condition essentielle de la transition écologique du secteur, qui doit faire enfin une place à tous ceux et celles qui veulent cultiver la terre et élever des animaux autrement.

  • Notre démocratie est malade. Cynisme et abstention s'accroissent au fil de campagnes électorales toujours plus vides, décidées par les faiseurs d'images et les dollars publicitaires. À l'heure où nous devons faire des choix de société déterminants, nous sommes plus loin que jamais d'un véritable gouvernement par et pour le peuple. Notre voix peut-elle encore compter, alors que l'idée même de bien commun semble devenue archaïque? Oui, nous dit Roméo Bouchard, des solutions existent. Puisant dans sa longue expérience politique et dans de nombreux exemples étrangers, il nous présente des pistes de solution concrètes pour nous permettre de reprendre le contrôle de notre démocratie, avant qu'il ne soit trop tard.

  • « Il serait temps d'user d'un peu plus de prévoyance dans le trafic des richesses naturelles, d'amender la politique de concessions sans recours si nous ne voulons pas être réduits bientôt au rôle de serviteurs dans notre propre maison. »
    (Esdras Minville, 1923)

    Des ressources cédées au plus offrant pour des redevances dérisoires, des régions pillées et négligées pour une politique centralisée à outrance, une dérive démocratique, telle est l'analyse du Québec d'Esdras Minville, dans les années 1920-1940, qui ressemble aujourd'hui à une vision prophétique.

    Fier Gaspésien, il fut le premier directeur canadien-français de l'école des Hautes Études commerciales de Montréal et le premier économiste à prôner la libération économique du Québec et la décentralisation territoriale. La colonie agroforestière de Grande-Vallée, qu'il a créée en 1938, est un modèle d'organisation coopérative et d'exploitation intégrée des ressources, centrée sur la communauté locale.

    En revenant sur l'oeuvre et le travail de terrain d'Esdras Minville, Roméo Bouchard navigue entre étude historique et programme politique pour le Québec de demain ; car ce fervent défenseur d'un Québec autonome et décentralisé démontre à chaque page combien cette pensée, à contre-courant, reste une vivante source d'inspiration. Entre chroniques d'hier et d'aujourd'hui, ce polémiste relance, depuis la Gaspésie, la réflexion sur le territoire et l'avenir du Québec.

  • Cette livrée printanière des Cahiers de lecture de L'Action nationale propose de recensions d'essais regroupés autour du thème de « ce qui se dépose ». Le numéro met d'ailleurs de l'avant l'ouvrage La préhistoire du Québec de Patrick Couture dont vous pourrez aussi lire un entretien. Ce qui se dépose donc, d'abord dans le présent, avec des recensions de Lettre d'un député inquiet à un premier ministre qui devrait l'être, puis Sale temps pour les émotifs. Ce qui se dépose ensuite pour la pensée, avec des recensions entre autres de L'Action nationale. Le long combat pour le Québec, Continuons le combat. Étude anthropologique sur la lutte, L'économie de la nature et L'économie de la foi. Vient ensuite ce qui se dépose dans la culture avec des ouvrages sur Félix Leclerc et Anne Hébert et enfin dans l'histoire avec L'Amérique fantôme. Les aventuriers francophones du Nouveau Monde et une Brève histoire des idées au Québec 1763-1965.

empty