Sebastien Mussi

  • Dans la classe

    Sebastien Mussi

    «Je ne suis pas un expert en pédagogie. Mes questions et mes inquiétudes ne sont pas celles d'un intellectuel et encore moins celles d'un théoricien expert, mais celles d'un prof qui, tous les jours, se retrouve devant une quarantaine d'étudiants à qui il a quelque chose à raconter, responsabilité périlleuse. Je ne revendique ici aucune démonstration. Je voudrais simplement énoncer ces inquiétudes et m'interroger sur elles. J'essaie de réfléchir sur ma propre pratique. La prise de parole institutionnelle en quoi consiste le métier de professeur soulève ce problème du rôle que nous jouons, nous, enseignants, pédagogues praticiens, au sein de l'institution. Et ce problème se pose de manière particulièrement aiguë lorsque nous vivons une mutation du rôle et de la structure de cette institution, comme c'est le cas actuellement, où nous ne sommes plus ni "professeurs" ni "personnel enseignant", mais "ressource humaine dédiée à la formation".

    Cet essai affronte une question toute simple : qu'est-ce qu'enseigner? En quoi consiste cette parole? Peut-elle être autre chose que la reproduction des objectifs socioéconomiques dont l'institution est porteuse, et de leurs conséquences humaines? Peut-elle, et à quelles conditions, être aussi authentiquement critique, au-delà des intentions et des convictions de chacun?» S. M.

  • Le numéro d'été de la revue L'Inconvénient étudie le pays incertain. « Depuis le référendum de 1995, qui s'est soldé par une quasi-victoire ou une quasi-défaite, selon le point de vue où on se place, la question de l'indépendance s'est curieusement échappée du discours public, comme si elle avait été elle-même aspirée dans les limbes du pays non advenu. Aussi irréel soit-il, celui-ci produit néanmoins ses effets, sculpte les traits d'une psyché collective où s'affrontent les forces souterraines du souvenir et de l'oubli, de l'espoir et de l'abstention, de la résistance et du consentement. L'individu postnational se croit sans doute immunisé contre les ferments de l'histoire, mais l'est-il vraiment ? Qu'elle soit acceptée ou combattue, l'expérience du sursis et de l'incertitude peut-elle ne pas laisser de traces ? Que nous réserve cet étrange désir d'inexister ? » (Source : L'Inconvénient) Aussi au sommaire : Benny Goodman dans la chronique jazz, des artistes en confinement dans la rubrique peinture, des critiques littéraires et plus.

  • Il y a 50 ans paraissait le premier numéro de la revue Parti pris. Bien que de courte durée (1963-1968), le phénomène partipriste a profondément marqué l'histoire intellectuelle du Québec, en accélérant notamment son entrée dans la modernité. Spirale a voulu témoigner de cet héritage en réunissant dans un dossier spécial des entretiens avec les membres fondateurs de la revue (André Brochu, Paul Chamberland, Pierre Maheu, André Major, Jean-Marc Piotte) et des comptes-rendus d'ouvrages consacrés au phénomène, dont l'anthologie de Jacques Pelletier parue tout récemment chez Lux Éditeur. Ailleurs dans ce numéro, le portfolio de Vida Simon, Guillaume Asselin analyse Le cerveau en feu de M. Descartes de Michëal Lachance et Gilbert David revient sur quatre oeuvres jouées lors du dernier FTA.

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