Les Éditions Québec Amérique

  • Henri a l'impression d'être invisible. Tout le monde n'en a que pour son petit frère, Edgar. Edgar se costume tous les jours, même si ce n'est pas l'Halloween. Edgar parle en poèmes. Même la fée des dents accorde des droits spéciaux à Edgar! Il est grand

  • Henri a l'impression d'être invisible. Tout le monde n'en a que pour son petit frère, Edgar. Edgar se costume tous les jours, même si ce n'est pas l'Halloween. Edgar parle en poèmes. Même la fée des dents accorde des droits spéciaux à Edgar! Il est grand temps pour Henri de montrer qui il est. Mais sait-il lui-même qui il est?Pas facile d'être le grand frère d'un enfant différent!

  • - Une passe familiale, SVP !
    - On fait juste des passes pour les familles.
    - Oui, c'est ce que nous sommes, justement, souligne Édouard, en souriant.
    - Ben non, monsieur: vous êtes accompagnés d'un homme et de deux enfants.
    - Oui, et...? C'est quoi une famille pour vous ?
    Sa voix perd de son enthousiasme. La peroxydée tout croche révèle son préjugé gros comme le bras.
    - Ben... Une vraie famille, là. Genre: un monsieur, une madame et deux enfants...
    Papou et Poupa sont tous les deux sans mots devant la violence de ces mots. Je le suis aussi. Seule Alia crache son désaccord au visage de la guichetière.
    - Pardon ? Ce sont nos deux vrais papas, et on est leurs deux vrais enfants. J'ai peut-être pas encore 13 ans, mais il me semble que ça prend pas la tête à Papineau pour voir qu'on est une vraie de vraie famille, madame la fausse blonde !

  • Monsieur Shimodori a toujours aimé chanter. Il chante sous la douche ou dans son bain, et même quand il va au petit coin. Parfois, il chante aussi de concert avec ses oiseaux dispersés aux quatre coins de son petit salon.
    Cependant, il prend bien soin de ne pas être entendu par les voisins. Monsieur Shimodori est un homme très discret. (...)
    Pour gagner sa vie, monsieur Shimodori oeuvre dans un kiosque de sushis, situé en plein coeur d'un immense supermarché. Il confectionne lui-même les sushis. (...)
    Sa collègue, la rieuse et sympathique Isadora, l'assiste à la cuisine, mais travaille surtout comme crieuse. Elle s'occupe de faire déguster les sushis aux clients du supermarché. (...)
    Mais depuis quelques jours, voilà qu'Isadora est partie en tournée pour un spectacle de danse contemporaine. Madame Toinette étant prise au dépourvu, monsieur Shimodori a assuré qu'il pourrait s'occuper des deux tâches : cuisiner les sushis, puis tenter d'attirer la foule. Mais attirer une foule, il n'a jamais fait cela.

  • « Je participe aux concours d'art oratoire. Ma diction est floue, mais je pallie avec mon élan. Je n'ai que ça, de l'élan. Je suis un ressort de trampoline vibrant pour le reste des temps. »

    Extrait 2
    « Ma joie a toujours eu quelque chose de rétractable. Elle se replie sur elle-même avec la vélocité du ruban à mesurer ayant accompli sa tâche, avec la fulgurance du rideau de scène à effet kabuki à l'ouverture du second spectacle de Céline Dion à Las Vegas, lors du premier refrain d'Open Arms. Ce tulle aspiré en un tournemain, c'est ma joie qui s'avale par le drain de ma bouche.»

    Extrait 3
    « Être vu sans être reconnu, c'est le lot des mascottes, de ceux et celles qui y sont plongés. Le décalage me fascine. Cette grande solitude muette entourée de cris, de joies, de regards.
    Être vu sans être reconnu, c'est aussi les débuts de l'écrivain qui parcourt les salons du livre.»

    Extrait 4
    «Le problème est là : quand je parle, il y a une telle générosité encombrante que ça se bouscule au portillon, ça déferle en furie, les mots affluent, poussent les uns sur les autres, se piétinent, s'escamotent, s'amochent. Ma parole est une ouverture de Wal-Mart un jour de Black Friday, ou de Costco, à la suite d'une annonce de pandémie. »

  • Florence a un problème aux poumons, mais enseigne la natation ; pour elle, c'est toujours comme si elle respirait dans une paille. Léon a un problème aux yeux et est agent d'assurance ; pour lui, c'est toujours comme s'il regardait par le trou d'une paille. Leur rencontre chamboulera leurs vies. Et si les différences pouvaient devenir une force ? Et si l'amour pouvait naître au bout d'une paille ?

  • Nathan a onze ans, une meilleure amie et des monstres sous son lit. Nathan a une maman formidable, mais tout à l´envers depuis la disparition de son papa marin. Il a un nouveau beau-père avec des airs de pirate et plein de trophées qu´il n´a pas vraiment gagnés. Nathan a un gros secret, un secret mouillé qu´il cache sous son lit dans le grenier; un grenier qui craque comme un vieux bateau."

  • Petit, dans la maison de notre enfance, il m'arrivait de me mettre des bouchons dans les oreilles, tellement c'était cacophonique. D'autres fois, je mettais mes écouteurs. Je n'écoutais même pas de musique. Je voulais seulement me couper un peu du bruit ambiant.
    J'ai toujours aimé le silence et j'ai grandi dans une maison bruyante. Quelle malchance.
    Ce n'étaient pas des bruits de fond, mais bien une symphonie d'électroménagers qui marchaient en permanence. Chez les Bonneville, on offrait un concerto de hotte, de sèche-linge, de lave-vaisselle et de climatiseur.
    J'ai toujours été à l'affût de la musique agressante des électroménagers. Le vrombissement du fouet électrique pour faire de la crème fouettée, quand papa recevait des invités. Le chant écorché de la bouilloire, quand maman préparait son thé au jasmin, le soir, pour décompresser.

  • C'est jour de fête au Beau Débarras ! La préparation d'une surprise pour l'anniversaire de La Castafiore occupe tout le monde. Mais voilà que la jeune Borrasca débarque en coup
    de vent ; elle a égaré sa flûte à bec et elle en a besoin pour son examen de musique !
    Menant de front la quête de la flûte et la recherche d'un cadeau significatif, les brocanteurs sauront remplir leurs missions tout en découvrant la musique et la poésie !

  • Junior est rond comme un ballon. Ses parents, un clown et une astronaute, disent qu'il n'a pas de fond. Il pourrait manger jusqu'à exploser. À l'école, on l'appelle "Bouboule". Mais Junior voudrait être léger. Il aimerait faire du ballet comme Flavie et s'envoler dans le ciel. Est-ce réservé aux filles? Comment on fait pour se sentir aussi léger que l'air?

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