Simon Boulerice

  • Ce n'est pas précisément un recueil de nouvelles. Appelons plutôt ça un recueil de monologues dynamiques, conçus pour la scène, mais lisibles dans le confort reposant de son foyer. Danser a capella, c'est sept personnages délicatement marginaux qui se livrent en vrac, ne lésinant pas sur leur désarroi ordinaire et ludique. On côtoie entre autres un caissier de Jean-Coutu costumé en chauve-souris qui tente de séduire un vampire, un v.-p. de boîte d'assurance pris de compassion pour une danseuse vedette peinturée dans un coin en pleine entrevue télévisuelle, une femme en peine d'amour qui fuit en Russie et participe à un marathon sur talon aiguille, sans oublier cet homme, ce Simon, alter ego de l'auteur, qui révèle comment il a perdu la foi, en muant live en plein coeur de son solo chanté à l'église paroissiale, devant les fidèles consternés. Sept monologues, donc, qui donnent viscéralement envie de danser et de courir jusqu'à l'épuisement, mais surtout de vivre son unicité jusqu'au bout. Qu'il y ait musique ou pas.

  • C'est Jocelyn qui a téléchargé Tinder sur mon iPhone alors que j'étais à l'agonie dans un lit d'hôpital pour me changer les idées et l'état matrimonial merci c'est Maxime et Tania qui m'ont installé Grindr à ma demande suppliante alors que j'étais jaloux de l'histoire d'amour d'Émile et de Ian qui s'y sont trouvés merci c'est temporaire depuis trois ans mon moment n'est simplement pas venu faut croire Géolocaliser l'amour est un roman par poèmes racontant le désarroi d'un jeune homme qui s'en remet à des applications de rencontre pour dénicher l'âme soeur et qui se perd et s'écartèle aux quatre coins de la ville, y laissant chaque fois un peu de sa dignité.

  • L'enfant mascara est une histoire d'amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu'elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d'Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l'un des meurtres homophobes, voire transphobes, les plus violents à s'être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un être rempli de désir, d'éclat et d'arrogance, dont la vie n'aura été que fulgurance.

  • Même s'il vit tout près de l'école, Simon prend l'autobus scolaire tous les jours et est déposé le dernier. Le trajet lui permet lui permet d'observer France, la conductrice, et Diane, la brigadière, et d'être le témoin discret des liens qui se tissent entre elles. Mais surtout, le chemin cahoteux est l'occasion de rêvasser à l'envie d'être follement aimé, comme dans les films.

    Veiller sur les brigadiers scolaires nous invite à voir plus loin que le quotidien, par le grand pare-brise de la vie, de l'imagination et de l'amour.

  • Avec Simon Boulerice, un test de course de vingt mètres devient un exercice poétique bouleversant.


    je suis poreuxla transpiration me calfeutre de détressemon corps est à boutde cette course à vide


    Le «test du bip», largement répandu dans les écoles secondaires depuis 1980, évalue le cardio des élèves. Mais qu'est-ce qui se joue réellement lors de ce test? Entre épater la galerie et survivre à l'humiliation, il y a un univers irréconciliable. Pour le narrateur, surnommé Bouboule, l'échec est l'occasion d'accepter ses limites.


    Les garçons courent plus vite est une ode aux perdants, aux derniers, aux survivants, aux gagnants de prix de consolation.
    Une superbe réédition de ce titre fort apprécié à la courte échelle!

  • - Une maison, c'est l'amour. Pis là, y a pus de maison. Faque y a pus d'amour.
    - Pis nous autres? On est des cotons?

    Murielle reçoit ses deux filles et sa belle-soeur pour un ultime repas clandestin dans la maison familiale qu'elles doivent abandonner. Entre la musique de John Cage, les ustensiles échappés au sol, le fantôme du père de famille et la crème glacée qui fond sur la pantry, elles plongent dans un doux délire collectif en évoquant les moments précieux passés dans cette demeure ancestrale.

  • En tombant de son vélo, Samuel s'est fracturé le poignet. Sa blessure a un effet inattendu : à l'école, le garçon devient soudain le centre d'attention et tous ses camarades veulent décorer son plâtre. Son amie Anna y dessine même un coeur dans lequel elle inscrit une série de chiffres. Une fois guéri, Samuel refuse de se séparer de son précieux plâtre tant qu'il n'aura pas réussi à découvrir la signifi cation de ce mystérieux code.

  • Le jour de son onzième anniversaire Pierre-Henri apprend qu'il ne lui reste qu'une année à vivre. Junior, son meilleur ami, l'a lu dans les lignes de sa main. Le jeune garçon, dont le père est décédé un an plus tôt, se passionne pour l'astronomie. Il s'efforce de vivre ses 365 derniers jours entre sa mère dépressive, les conseils plus ou moins judicieux de Junior et son attirance envers Lyra, une jeune fille sourde et muette qui s'exprime par le langage des signes.

  • Les jeremiades

    Simon Boulerice

    Un roman damour atypique entre un gamin de 9 ans et un adolescent roux. Les Jérémiades, cest lautopsie dune passion dévorante qui habite un enfant éperdu damour et dabsolu.

  • La vie de Martine Racra est floue. À quinze ans, entre sa piscine hors terre et un père absent, elle s'ennuie. Puis, Gilbert Marcel, son voisin optométriste, lui prescrit sa première paire de lunettes. Martine tombe folle amoureuse. Pour revoir Gilbert, elle se ruine les yeux. Avec ses nouveaux verres déformants, Martine voit des fantômes. Des fantômes d'amour. Quand elle apprendra que Gilbert part en vacances avec sa famille à Old Orchard, elle fera tout pour le rejoindre...

  • Privés d'électricité suite à une forte pluie verglaçante, les Bonneville se retrouvent à faire du camping autour du poêle à bois, au sous-sol de leur maison, jusqu'à ce qu'un arbre s'écroule au milieu du balcon. ­Commence alors un périple qui débute chez les voisins et se termine enfin au gymnase de l'école primaire, où ils sont ­accueillis par l'armée et la Croix-Rouge.

  • Quatre auteurs. Quatre saisons. Un village transformé par une glissade d'eau. 118 blessés. Beaucoup de cris, de larmes et de dents qui grincent.

    Tous les enfants de Saint-Sauvignac s'excitent le poil des jambes - celui qu'ils n'ont pas encore - à l'annonce de la construction d'un parc aquatique de l'autre côté de la track. Mais quand ils se précipitent, à la queue leu leu, dans la glissade d'eau la plus à pic en Amérique du Nord, ils en ressortent écorchés, lacérés par la pointe d'un clou transperçant le plastique turquoise.

    D'un coup, les cicatrices apparaissent, comme si ce clou n'avait été posé là que pour révéler au grand jour les blessures de l'enfance.

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