Littérature générale

  • Henri a l'impression d'être invisible. Tout le monde n'en a que pour son petit frère, Edgar. Edgar se costume tous les jours, même si ce n'est pas l'Halloween. Edgar parle en poèmes. Même la fée des dents accorde des droits spéciaux à Edgar! Il est grand

  • « Je participe aux concours d'art oratoire. Ma diction est floue, mais je pallie avec mon élan. Je n'ai que ça, de l'élan. Je suis un ressort de trampoline vibrant pour le reste des temps. »

    Extrait 2
    « Ma joie a toujours eu quelque chose de rétractable. Elle se replie sur elle-même avec la vélocité du ruban à mesurer ayant accompli sa tâche, avec la fulgurance du rideau de scène à effet kabuki à l'ouverture du second spectacle de Céline Dion à Las Vegas, lors du premier refrain d'Open Arms. Ce tulle aspiré en un tournemain, c'est ma joie qui s'avale par le drain de ma bouche.»

    Extrait 3
    « Être vu sans être reconnu, c'est le lot des mascottes, de ceux et celles qui y sont plongés. Le décalage me fascine. Cette grande solitude muette entourée de cris, de joies, de regards.
    Être vu sans être reconnu, c'est aussi les débuts de l'écrivain qui parcourt les salons du livre.»

    Extrait 4
    «Le problème est là : quand je parle, il y a une telle générosité encombrante que ça se bouscule au portillon, ça déferle en furie, les mots affluent, poussent les uns sur les autres, se piétinent, s'escamotent, s'amochent. Ma parole est une ouverture de Wal-Mart un jour de Black Friday, ou de Costco, à la suite d'une annonce de pandémie. »

  • Les jeremiades

    Simon Boulerice

    Un roman damour atypique entre un gamin de 9 ans et un adolescent roux. Les Jérémiades, cest lautopsie dune passion dévorante qui habite un enfant éperdu damour et dabsolu.

  • Ce n'est pas précisément un recueil de nouvelles. Appelons plutôt ça un recueil de monologues dynamiques, conçus pour la scène, mais lisibles dans le confort reposant de son foyer. Danser a capella, c'est sept personnages délicatement marginaux qui se livrent en vrac, ne lésinant pas sur leur désarroi ordinaire et ludique. On côtoie entre autres un caissier de Jean-Coutu costumé en chauve-souris qui tente de séduire un vampire, un v.-p. de boîte d'assurance pris de compassion pour une danseuse vedette peinturée dans un coin en pleine entrevue télévisuelle, une femme en peine d'amour qui fuit en Russie et participe à un marathon sur talon aiguille, sans oublier cet homme, ce Simon, alter ego de l'auteur, qui révèle comment il a perdu la foi, en muant live en plein coeur de son solo chanté à l'église paroissiale, devant les fidèles consternés. Sept monologues, donc, qui donnent viscéralement envie de danser et de courir jusqu'à l'épuisement, mais surtout de vivre son unicité jusqu'au bout. Qu'il y ait musique ou pas.

  • La vie de Martine Racra est floue. À quinze ans, entre sa piscine hors terre et un père absent, elle s'ennuie. Puis, Gilbert Marcel, son voisin optométriste, lui prescrit sa première paire de lunettes. Martine tombe folle amoureuse. Pour revoir Gilbert, elle se ruine les yeux. Avec ses nouveaux verres déformants, Martine voit des fantômes. Des fantômes d'amour. Quand elle apprendra que Gilbert part en vacances avec sa famille à Old Orchard, elle fera tout pour le rejoindre...

  • C'est Jocelyn qui a téléchargé Tinder sur mon iPhone alors que j'étais à l'agonie dans un lit d'hôpital pour me changer les idées et l'état matrimonial merci c'est Maxime et Tania qui m'ont installé Grindr à ma demande suppliante alors que j'étais jaloux de l'histoire d'amour d'Émile et de Ian qui s'y sont trouvés merci c'est temporaire depuis trois ans mon moment n'est simplement pas venu faut croire Géolocaliser l'amour est un roman par poèmes racontant le désarroi d'un jeune homme qui s'en remet à des applications de rencontre pour dénicher l'âme soeur et qui se perd et s'écartèle aux quatre coins de la ville, y laissant chaque fois un peu de sa dignité.

  • Quatre auteurs. Quatre saisons. Un village transformé par une glissade d'eau. 118 blessés. Beaucoup de cris, de larmes et de dents qui grincent.

    Tous les enfants de Saint-Sauvignac s'excitent le poil des jambes - celui qu'ils n'ont pas encore - à l'annonce de la construction d'un parc aquatique de l'autre côté de la track. Mais quand ils se précipitent, à la queue leu leu, dans la glissade d'eau la plus à pic en Amérique du Nord, ils en ressortent écorchés, lacérés par la pointe d'un clou transperçant le plastique turquoise.

    D'un coup, les cicatrices apparaissent, comme si ce clou n'avait été posé là que pour révéler au grand jour les blessures de l'enfance.

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